Archives de l'hebdo des socialistes
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Benjamin Saint-Huile, la mairie n’attend pas le nombre des années

Le maire de Jeumont habite chez ses parents. « Ça fait beaucoup rire les journalistes », s’agace Benjamin Saint-Huile qui, malgré les pressions de ses adversaires pendant la campagne, n’a pas cédé: « Je suis bien ici, avec ma famille, et je ne vais pas partir pour partir, ce serait parfaitement ridicule. » Un caractère bien trempé et un léger goût pour la provocation animent ce jeune homme qui, du haut de ses 24 ans, vient de se faire élire maire. Le plus jeune de France pour une commune de plus de 10 000 habitants.

« Quand j’étais enfant, mes parents ne nous couchaient, mes frères et moi, qu’une fois le journal de 20 heures terminé. » L’une des causes de sa vocation ?

« Les reportages politiques me passionnaient déjà, poursuit-il. J’ai rapidement compris que c’était là que tout se jouait ». Pourtant, lorsque Benjamin Saint-Huile adhère pour la première fois au PS, il y a trois ans, il ne songe à aucun moment devenir maire. Dans sa commune du Nord, près de Maubeuge, la gauche doit créer une nouvelle dynamique pour battre une droite installée là, depuis 1995. Benjamin Saint-Huile porte l’idée du renouvellement pour enclencher cet élan, sans être lui-même candidat. Mais à la demande de la section et des militants, le jeune actif, sorti de la fac seulement six mois plus tôt, accepte de conduire la campagne.

Une réussite qui n’était pas forcément attendue. «Élève capable mais fainéant » était la mention récurrente de ses années collège et lycée, avant qu’il ne « s’y mette » réellement et obtienne sa licence de Droit à Valenciennes puis son master de Sciences politiques à Lille. Entre temps, l’étudiant a décroché un poste de directeur de cabinet du maire d’une petite commune du département.

D’une allure assurée, le nouvel élu arpente les rues de sa ville. « J’ai entendu tout et n’importe quoi sur les liens supposés entre âge et compétence pendant la campagne,mais comme le dit si bien Brassens : quand on naît con, on est con », s’amuse-t-il. Ne croyant pas à sa candidature, ses adversaires ont mené « une campagne molle, « pensant que j’étais juste un bon petit gars », ajoute-t-il. Benjamin Saint-Huile aura sûrement moins de temps pour les traditionnelles randonnées familiales et les soirées entre copains, mais il n’appréhende pas l’ampleur de sa nouvelle fonction : « Je suis bien conscient de la tâche ». Une fois la vague médiatique retombée – « une aubaine pour faire connaître notre ville » – le plus jeune maire de France sait déjà que ses administrés le jugeront sur ses résultats. D’ici là, il fêtera, le 10 mai prochain – ça ne s’invente pas – ses 25 printemps.

Ariane Vincent�

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