Archives de l'hebdo des socialistes
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Laval, sa ville

Il est bien loin le temps où Guillaume Garot assistait aux enregistrements des clips de campagne à Lionel Jospin, alors candidat à la présidentielle de 1995. En moins d’un an, ce jeune quadra a été élu à la députation puis, dès le premier tour, à la mairie de Laval, une ville pourtant ancrée à droite.
« C’est l’année des émotions fortes », confie-t-il, encore légèrement troublé. Mais sa victoire n’est pas due au hasard. Elle est le fruit de nombreuses années d’engagement acharné.
Lavallois de naissance, Guillaume Garot baigne très tôt dans le combat politique. À travers celui de ses parents. Son père, agriculteur, est élu en 1997 député européen, après avoir milité activement
au sein du Parti socialiste. Le bac en poche, Guillaume Garot quitte la Mayenne pour étudier à Rennes. Les Lettres, puis l’Histoire, avant d’intégrer Sciences-Po à Paris. Suit un premier emploi dans une association de développement économique local, avant de rencontrer, en 1995, Daniel Vaillant. Ce dernier, directeur de campagne de Lionel Jospin, prend Guillaume Garot sous son aile. « Daniel m’a appris le terrain, Jospin la rigueur » avoue-t-il. D’ailleurs, lorsqu’il décrit la soirée électorale du 9 mars, il explique que les sentiments de « bonheur et fierté » ont vite cédé la place à une « forme de gravité ».
Plutôt discret quand il s’agit de parler de lui, Guillaume Garot préfère mettre en valeur le travail d’équipe sur lequel repose son élection à Laval. Depuis 2001, c’est avec une bande de copains qu’il s’est battu pour faire gagner la gauche. Inlassablement, quartier par quartier, appartement par appartement, tous se sont mobilisés pour faire connaître les idées qu’ils défendent.
Loin des joggings bling-bling à la mode présidentielle, Guillaume Garot trouve son équilibre dans les longueurs de natation.
Passionné de littérature du XIXème, de Balzac à Maupassant, il reconnaît ne pas avoir beaucoup de temps pour lui. Alors, quand une sortie se présente, comme la récente inauguration d’un festival de films italiens en Mayenne, le tout nouveau maire ne boude pas son plaisir.
Car s’il n’est plus en campagne, il compte bien rester sur le terrain. Dès le lendemain de son élection, il arpentait les rues lavalloises pour constater les dégâts de la tempête de la nuit et soutenir les agents communaux de la voirie.
Sous ses airs de technocrate, Guillaume Garot a réussi, grâce à son sens du contact, le pari de revenir chez lui à Laval, pour transformer en profondeur les pratiques politiques. Et comme il le dit lui-même, c’est sa « plus grande fierté ».

Ariane Vincent

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