Archives de l'hebdo des socialistes
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Carnets de campagne

A quelques jours du premier tour des élections municipales et cantonales, lamobilisationmassive des Français est plus que jamais nécessaire. Car l’enjeu est doublement important. Sur le plan local, lamise enoeuvre de politiques utiles enmatière de logement, de transport, d’éducation dépend de ce scrutin. Et au niveau national, ce vote constitue un signal fort à envoyer au gouvernement et au président de la République. Partout en France, les têtes de liste socialistes ressentent ce même désir de sanctionner une politique au mieux floue, au pire, injuste.
C’est ce qui revient notamment chez les candidats qui ont répondu à ces trois questions posées par l’Hebdo :

– Que retenez-vous de cette campagne électorale ?
– Quel moment vous a particulièrement marqué ?
– Quel message souhaiteriez-vous adresser aux électeurs, si vous deviez vous exprimer une dernière fois avant le 9 mars ?

Martine Lignières-Cassou, Pau (Pyrénées-Atlantiques)
La candidate présente une liste de rassemblement de la gauche face à François Bayrou et au maire sortant, Yves Urieta.

« Les électeurs ont besoin de repères »

La fidélité aux engagements et la cohérence dans la démarche sont les éléments forts qui ont marqué ma campagne. Je pense que les électeurs se retrouvent dans cette approche car ils ont besoin de repères.Après lamort d’André Labarrère,la ville a traversé une période plutôt troublée.

Sur le plan national, je crois que les Français commencent à se rendre compte des dégâts occasionnés par la politique de Sarkozy, notamment sur les questions d’éducation, de santé… La première mission d’une ville est justement de protéger ses habitants de ce démantèlement. Globalement, cette campagne a été assez joyeuse. Mais le témoignage le plus fort, je l’ai entendu lors d’un atelier sur la santé et la solidarité. Une femme a pris la parole pour parler de son expérience. Elle était malade du cancer mais avait une pêche formidable. Ce fut une très belle leçon de courage.

Le dernier message que je souhaite adresser aux électeurs est simple : je veux que cette campagne municipale soit un progrès pour la ville et que ce soit Pau qui triomphe.

Alain Rodet, Limoges (Haute-Vienne)
Maire sortant de la ville, il se présente à sa propre succession.

« Des fondations solides »

Dans cette campagne électorale, il me semble que les électeurs et les électrices se détournent des pulsions médiatiques parisiennes pour remettre de l’ordre dans leurs idées. En se rapprochant des élus de proximité, ils se rappellent que la gestion des collectivités territoriales est en elle-même un enjeu national.

En arpentant les quartiers de Limoges avec mes colistiers, des pharmaciens et leur personnel nous ont invités à entrer dans leur officine pour parler longuement du rapport Attali… Ils m’ont fait part des difficultés que rencontre déjà leur profession pour assurer une couverture médicale suffisante sur le territoire national. Ce rapport les inquiète donc énormément, notamment les mesures visant à déréguler ce secteur et à limiter le monopole pharmaceutique, en permettant la vente de nombreux médicaments en dehors des officines. Nous sommes donc amenés à évoquer des sujets qui dépassent largement le cadre local…”

Si je devais dire une dernière chose aux électeurs avant le 9 mars, je leur livrerais cette réflexion : Pour bien construire,il faut d’abord s’assurer que les fondations sont solides.

Zohra Bitan, Thiais (Val-de-Marne)
Elle affronte Richard Dell’agnola, le député-maire UMP sortant.

« Un engagement passionnant »

Durant cette campagne, j’ai ressenti une attente concrète des citoyens pour que l’on s’occupe de leur quotidien et de leur qualité de vie. Je les ai notamment sentis très sensibles aux questions d’éducation, de développement durable…

De façon plus générale, je trouve cet engagement passionnant. C’est un engagement de proximité qui permet de faire énormément de rencontres et dans ce cas précis, je crois que l’ancrage local est indispensable.

Ce qui m’a touchée, c’est que les gens ne retiennent pas forcément qui vous êtes mais ce que vous faites et ce que vous proposez. Ils sont aussi très attachés au fait que je sois une enfant de la ville. J’ai même rencontré quelques-uns de mes anciens professeurs qui m’ont dit qu’ils étaient fiers de moi. L’idée forte que je veux faire passer est que la vie locale est le premier endroit où les gens peuvent trouver de nombreuses réponses à leurs préoccupations. C’est aussi à ce niveau que se tisse le lien social qu’on ne trouve pas forcément ailleurs.

Ramazan François Kaymak, Vesoul (Haute-Saône)
A 26 ans, il se lance dans sa première campagne face à Alain Joyandet, le député maire UMP sortant.

« Des rencontres chaleureuses »

Ce qui m’aura marqué durant cette campagne, c’est l’inquiétude quasi unanime de nos concitoyens face aux gesticulations de la droite, les besoins massifs exprimés en matière de services de proximité et l’exaspération face à l’augmentation du coût de la vie.

Je remarque en cela que Vesoul est un miroir des préoccupations exprimées au niveau national. Les Vésuliens désirent un maire de proximité, un maire pour chacun, un maire pour tous.

Lors du porte-à-porte que je réalise quotidiennement durant la campagne, je crois que le plus touchant c’est de voir à quel point sont souvent isolées les personnes vulnérables (personnes âgées, malades) et ce même au coeur de la ville. Beaucoup de choses restent à faire au niveau des solidarités de proximité par le biais du socialisme municipal. Mais le porte-à-porte est aussi l’occasion de rencontres chaleureuses.Je me souviens d’un retraité qui ne voulait pas nous ouvrir pensant que mes colistiers et moi étions des témoins de Jéhovah ! Moralité : une heure après avoir sonné à sa porte, nous étions encore dans son salon à discuter des projets qu’il voulait voir engagés par la municipalité !

Le dernier message que je voudrais adresser ? Qui m’aime me suive !

Jacqueline Amiel-Donat, 13 Perpignan (Pyrénées-orientales)
La candidate présente une liste d’union de la gauche face au maire UMP sortant, Jean-Paul Alduy.

« L’espoir d’un changement »

Il était temps de réunir la gauche à Perpignan. Il règne dans la ville une sorte de fatalité. Il fallait donc redonner l’espoir d’un changement aux habitants. Sur le terrain, les réactions sont d’ailleurs très positives. Les gens ne veulent plus d’une dynastie en guise de démocratie. D’autant que pour eux, Alduy rime avec Sarkozy. Le rejet de la politique du gouvernement est exacerbé localement par la politique menée par le maire sortant. Les réactions sont très vives.

Lors d’une réunion sur le problème de la gestion de l’eau, une femme a pris la parole. Parce qu’elle n’avait pas pu payer sa facture, l’eau lui a été coupée pendant quatre jours. Elle attendait la nuit pour remplir ses jerricanes à la fontaine publique. Sa fille de 18 ans en pleurait de honte et d’humiliation.

L’idée que je veux faire passer : Ne pas se résigner. Il faut se mobiliser massivement dès le premier tour pour gagner.

Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon (Rhône)
Candidat à sa propre succession.

« Une aventure humaine »

Même si la déception de beaucoup de ceux qui avaient voté Nicolas Sarkozy crée un climat qui met en difficulté les candidats UMP, cette élection est avant tout locale. C’est ainsi que nous l’avons conçue, en rassemblant autour de nous, sans exclusive, tous ceux qui ont lamême conceptionde l’avenir de la ville. L’adhésion à notre bilan, crédibilise notre projet aux yeux des Lyonnais.

Nous montrons qu’une ville et une agglomération peuvent se gérer en associant, et non en opposant, développement économique, cohésion sociale et haute qualité environnementale. Le tout, en mettant en mouvement des gens très divers autour d’un projet concret.

Ce qui m’émeut le plus, c’est l’adhésion des Lyonnais au slogan de notre campagne «Aimer Lyon ».Les gens ressentent qu’il ne s’agit pas là d’un artifice de communication. Il est vrai que s’est nouée une relation affective profonde avec la population, qui vient de loin, et qui me procure une émotion toujours renouvelée. La politique, c’est d’abord une aventure humaine et le mandat de maire, de ce point de vue, est très riche parce qu’il permet cette relation presque charnelle avec sa ville.

Nous ne devons pas nous démobiliser en nous appuyant sur de bons sondages ou sur une atmosphère politique nationale favorable. Nous devons poursuivre une campagne sérieuse et sereine, affirmer notre crédibilité pour construire la ville du XXIe siècle en dialoguant sans relâche, pour convaincre et rassembler.

Seybah Dagoma, Ier arrondissement de Paris
Elle se présente pour la première fois.

« Je veux réveiller cette « belle endormie »

Cette campagne est une aventure politique et humaine passionnante. C’est un moment très fort. Je suis candidate dans le Ier arrondissement où je vis depuis plusieurs années. Cet arrondissement a toujours été à droite, c’est “une belle endormie” que je veux réveiller. Depuis 2001, le maire sortant, adjoint aux finances deMonsieur Tiberi, n’a eu de cesse que de freiner l’action de Bertrand Delanoë. Il est extrêmement conservateur et manque cruellement d’ambition. Les instances démocratiques, notamment les conseils de quartiers, sont entièrement orchestrés par ce dernier Sur le terrain, le combat est rude. Mes colistiers et moi nous battons avec toute notre énergie pour chercher les voix une à une et porter haut et fort nos idéaux de justice sociale, de progrès partagé et d’émancipation de l’individu. Et les socialistes parisiens et de l’agglomération que je rencontre régulièrement sont solidaires et animés par la même volonté de gagner.

J’ai vécu de nombreux moments émouvants et amusants depuis le début de cette campagne. Les rencontres avec les habitants, les associations, les commerçants de l’arrondissement sont toujours riches. Néanmoins, certains sont plus intenses que d’autres. Et parmi ceux-là, les maraudes nocturnes avec l’association Emmaüs m’ont profondément touchée mais surtout révoltée ! Les propositions du gouvernement en la matière ne sont pas à la hauteur des enjeux !

Je voudrais dire aux électeurs que mon projet est ambitieux, solidaire et responsable. Son but est de remettre le Ier arrondissement en mouvement, économiquement et culturellement, de renforcer les liens de solidarité entre ses habitants, notamment le lien intergénérationnel, de mieux tenir compte des exigences environnementales et d’améliorer notre qualité de vie en renouvelant la démocratie locale. Je souhaite inscrire mon arrondissement dans la dynamique parisienne impulsée par Bertrand Delanoë depuis 2001.

Alain Claeys, Poitiers (Vienne)
Il se présente pour succéder au maire PS sortant, Jacques Santrot.

« Que le bien vivre ensemble se poursuive ! »

Cette campagne municipale engage vraiment un lien, plus prégnant que pendant les législatives, avec la population. Les habitants sont très soucieux de thèmes de proximité.Mais à travers ce souci de proximité, on retrouve une inquiétude nationale. Pouvoir d’achat, logement et éducation sont les trois sujets qui reviennent quotidiennement.Ce sont des thèmes transversaux.

Nicolas Sarkozy constitue, quant à lui,un sujet de discussion à part entière. Beaucoup de personnes sont choquées par son attitude. Combien de fois ai-je entendu : « Ce n’est pas le comportement d’un président ! ».

Il y a quelques jours,je suis allé dans un immeuble.Du fait de la paupérisation d’un certain nombre de lieux, on se rend compte que lamixité sociale n’est pas toujours bien acceptée. Certains habitent le quartier depuis longtemps et ne cachent pas leur exaspération. Leurs témoignages soulignent qu’ils n’arrivent pas à vivre aux côtés de personnes qui n’ont pas la même culture, lemêmemode de vie. Ils ont dumal à comprendre. Quelques-uns menacent même de partir. Dans nos villes moyennes, le sujet de la mixité sociale va être extrêmement important dans les années qui viennent.

Mon message : Allez voter pour que le bien vivre ensemble se poursuive ! C’est le message que les habitants m’ont fait passer pendant la campagne.

Hélène Geoffroy, Vaux-en-Velin (Rhône)
Elle affronte le maire sortant Maurice Charrier (app. PC).

« Ne pas décevoir »

C’est ma première campagne en tant que tête de liste. Il faut fédérer une équipe pour créer un projet collectif. La concertation a été le principe de base de notre campagne, ce qui fait que toute décision a été très longue à prendre : le nom de la liste, les priorités de notre projet etc…Mais aujourd’hui, nous sommes six formations de gauche réunies.

Au niveau national, nous avons vu la mascarade du plan banlieue qui devait initialement être dévoilé à Vaulx-en-Velin. Finalement, Nicolas Sarkozy n’a pas osé venir en banlieue et s’est contenté d’annoncer une série demesures sans financements.

Une campagne électorale est vraiment une expérience humaine exceptionnelle. Il y a toutes ces rencontres avec des habitants qui nous confient leurs souffrances, qui placent de grands espoirs en nous et que nous ne voulons pas décevoir.C’est cette mère de famille qui nous donne un chèque pour soutenir notre campagne. Ses enfants ont participé et cassé leur tirelire. C’est cette dame si démunie nous offrant le café. Ou ces jeunes qui ne croient plus en la politique et qui, après une heure de discussion, distribuent les tracts avec nous. Nous avons également vécu des moments forts avec les personnalités venues nous soutenir : notre député et président de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, ou encore Ségolène Royal.

Je veux dire aux Vaudais et aux Vaudaises que depuis septembre dernier, avecmon équipe, nous avons travaillé au plus près du terrain pour construire un nouveau projet de vlle.

Je crois en la démocratie locale, en la nécessité de lui redonner du sens.

Jean-Noël Guérini, candidat PS à Marseille (Bouches-du-Rhône)
Il affronte Jean-Claude Gaudin, le maire UMP sortant.

« Le temps du changement est arrivé »

Le choix d’unmaire offre toujours l’opportunité d’un débat démocratique capital. 2008 ne déroge pas à cette règle, surtout à Marseille, où pour la première fois depuis lamort de Gaston Defferre,j’ai rassemblé les socialistes, toute la gauche, dans le cadre d’une liste d’ouverture, sans le moindre accord d’appareil. C’est cela que je retiens en premier lieu.

Sans hésiter, le débat avec la jeunesse fut le point d’orgue de ma campagne. Ce fut un moment d’intense émotion ! Je veux que cette jeunesse puisse s’épanouir dans une ville qui doit être une capitale européenne et méditerranéenne, une ville agréable à vivre, une ville où l’on se loge sans s’endetter à vie, une ville où l’on peut étudier et trouver du travail facilement, une ville qui occupe enfin sa juste place, en France, en Europe et dans le bassin méditerranéen.

À Marseille, le temps du changement est arrivé. Il faut rompre avec l’immobilisme qui caractérise la gestion du maire sortant, vice-président de l’UMP. Nous avons la chance de vivre dans une ville unique, passionnante, exigeante. Je veux lui donner le meilleur demoi-même en prenant ses problèmes à bras le corps et en construisant, avec tous ses habitants, un avenir fait de justice et de solidarité.

Pascale Quivy-Rachid, candidate à Sceaux (Hauts-de-Seine)
Elle se présente face au maire sortant UMP, Philippe Laurent.

« Rendre Sceaux accessible à l’ensemble de ses habitants »

La grande motivation est l’émulationde toutel’équipe rassemblée autour de moi. Même si cela n’a été facile pour personne,ce sont desmoments inoubliables qui ont été partagés! Par ailleurs,je vis et jemilite dans un département dans lequel le népotisme et les petits arrangements entre amis règnent en maîtres.Neuilly, Levallois-Perret, Puteaux, Asnières, Colombes, Le Plessis-Robinson… Autant de villes où des proches du pouvoir ont récemment défrayé la chronique. Je souhaite que le résultat de ces élections leur donne une bonne leçon.

Je retiens un souvenir amusant. Notre première réunion publique a failli se faire dans la rue, un soir, en pleinmois de décembre ! L’agentmunicipal qui devait nousouvrirlasalle(unpréaud’école)était nouveau,et ne savait pas où elle était située dans la ville ! Nous l’avons attendu une heure.

Les 9 et 16 mars, vous pouvez changer beaucoup de choses.Nationalement, vous pouvez dire au président de la République combien sa politique et ses dérives vous écoeurent, et localement, vous pouvez faire de Sceaux une ville qui ne soit plus seulement réservée à une élite privilégiée, mais accessible à l’ensemble de ses habitants.

Razzy Hammadi, Orly (Val-de-Marne)
Le secrétaire national à la riposte se présente pour la première fois.

« Des citoyens plus exigeants »

Ce que montre cette élection, c’est que la gauche et les socialistes en particulier ne sont jamais aussi forts que lorsque leur survie même est menacée. Je suis aussi frappé par l’espoir que nous suscitons sur le terrain et qui rend les citoyens encore plus exigeants à notre égard.

Ce que je retiens, c’est qu’à partir du moment où un groupe d’hommes et de femmes, réunis autour d’idées, sont déterminés à se battre pour améliorer la vie des gens, rien ne peut les arrêter. Au plan national, lorsque la gauche apparaît crédible et besogneuse, comme c’est le cas aujourd’hui, et qu’ellene sombre pas dans la joute des ego,alors localement, tout devient possible. Par ailleurs, si nous sortons vainqueurs, il faudra tirer les conclusions de 2008, à l’aune des leçons que nous n’avons pas tirées en 2004.

De toutes les anecdotes qui émaillent une campagne, je garde un souvenir amusé d’enfants du grand ensemble d’Orly m’interpellant pour un autographe sur mes tracts. Mon message aux électeurs : votez en pensant à vos enfants.

Nicole Feidt, Toul (Meurthe-et-Moselle)
Candidate à sa propre succession.

« Une campagne animée »

Deux raisons font que ce n’est pas une campagne ordinaire.

Tout d’abord, c’est un défilé de journalistes qui jaugent les chances de la droite divisée et de la gauche unie,PS – PC -Verts et partenaires locaux.La candidate UMP, bien que porte-parole de son parti, a fait disparaître l’étiquette UMP de son site Internet et communique à grand renfort deministres.

L’annonce par les pneumatiques Michelin de cesser la production du site de Toul lui laisse à penser qu’elle a les atouts pour actionner tous les leviers de l’Etat. C’est une conception bien archaïque de la politique que de se revendiquer d’une majorité gouvernementale pour se faire élire.

Donc la campagne, dans sa deuxième phase, est plutôt animée. La venue de nos supporters ne passe pas inaperçue. En fait, notre bilan, notre équipe renouvelée, notre expérience, notre temps consacré à 100% à la ville, tout cela réuni nous donnera le mot de la fin.

Pierre Cohen, candidat à Toulouse (Haute-Garonne)
Il se présente face à Jean-LucMoudenc, le maire UMP sortant.

« Une dynamique porteuse d’espoir »

L’idée de rassembler la gauche est une demande forte des électeurs de gauche. Rassembler le parti, rassembler les partis de gauche dès le premier tour, a conduit à la création d’une dynamique elle-même porteuse d’espoir. Nous pouvons mesurer à Toulouse, que lorsque le parti semet enmarche dans l’unité et sans états d’âme,c’est une forcemilitante très forte,pleine d’expérience et de dynamisme.Nous impressionnons nos partenaires communistes et verts au premier chef.

Une image reprise par lesmédiasme laisse un souvenir fort : Bertrand Delanoë m’accompagnant dans les rues de Toulouse et dans son style inimitable, me présentant à une jeune vendeuse de chaussures ! C’était une plaisanterie et un moment drôle, certains en ont retenu que je n’étais pas connu à Toulouse ! Mais je retiens aussi cet autre moment : une manifestation avec mes amis des associations d’handicapés, dans le froid, devant la poste centrale de Toulouse qui a été refaite mais n’est toujours pas accessible. Le directeur nous a expliqué que la poste était un monument classé. Je lutte aux côtés de ces militants depuis des années. Ils me connaissent bien !

Ce que je veux dire : Continuons sans nous désunir, la victoire est au bout.

Claudine Ledoux, Charleville-Mézières (Ardennes)
Candidate à sa propre succession.

« Chaque voix compte »

Ce qui a, à mes yeux, a marqué cette campagne, ce sont tout d’abord les errements de Nicolas Sarkozy et de l’UMP. Dans un premier temps, Sarkozy veut faire de ce scrutin un test national, puis se rétracte, pour être enfin traité en pestiféré par ses amis de l’UMP ! Autant d’atermoiements qui offrent un raccourci saisissant de laméthode Sarkozy et de la situation nationale. A Charleville-Mézières, l’UMP s’est volatilisée !

Le second point essentiel de ces municipales est la souffrance des Français : emploi, salaires, retraites, hausse des prix… Ces questions sont au centre de leurs préoccupations. Elles dépassent le simple cadre local auquel la droite voudrait réduire ces élections municipales et cantonales.

Un fait m’a particulièrement amusée : un sondage de la presse locale annonce des prévisions très défavorables pour la candidate sarkozyste. Sa réaction : elle fustige le « thermomètre » (le sondage !) et accuse la presse et les médias de faire le jeu de ma liste ! Cocasse !

Mon dernier message : Allez voter ! Chaque voix compte pour notre ville, chaque voix compte aussi pour arrêter la casse sociale !

Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes (Loire-Atlantique)
candidat à sa propre succession.

« Un nouveau contrat pour les Nantais »

Je suis très motivé et peut être plus encore cette année au vu du contexte politico-social ambiant.Pour unmaire, les municipalessont unmoment important de rencontre avec les habitants, unmoment de bilan particulièrement propice pour dresser les grandes lignes des années à venir pour la ville et la métropole. C’est un nouveau contrat que je propose aux Nantais.

Dernièrement, j’ai rencontré une personne soucieuse de partager avec moi une coupe de champagne, le jour de ses 100 ans : cet échange m’a beaucoup touché, dans la mesure où, malgré son âge, elle restait concernée par la vie publique, l’évolution des technologies et ses amis. Ce qui m’a marqué le plus, c’est sa propension à s’intéresser aux autres. C’est une leçon de vie et d’optimisme.

Je dirais aux électeurs qu’il faut d’abord croire aux valeurs de justice, de solidarité, de fraternité. Et que notre responsabilité c’est de concevoir le développement durable, en continuant à faire vivre ces valeurs qui sont la base du « vivre ensemble ». Que la ville de Nantes, transformée, doit continuer à évoluer.Que j’ai besoin d’eux pour franchir cette étape. Mobilisez vous, cette élection a un enjeu : l’avenir de Nantes. Il ne pourra pas se faire sans vous, sans votre participation.

Valérie Fourneyron, Rouen (Seine-Maritime)
Elle se présente face au maire sortant, Pierre Albertini, centriste indépendant.

« Une passion partagée pour la ville »

Je retiens avant tout une réelle participation de tous nos concitoyens au débat.Tout au long de cette campagne, en dehors du traditionnel porte-à-porte, j’ai organisé une vingtaine de réunions publiques avec, pour chacune d’elles, la participation d’une centaine de Rouennaises et de Rouennais dans tous les quartiers de la ville,même les plus populaires.

Ceux-ci venaient pour écouter, nous rencontrer mais aussi pour nous interroger sur nos projets, notre ambition pour Rouen. Dans ce type de scrutin local, certains ont souvent la tentation de schématiser les préoccupations des habitants,de croire que seules les questions concernant tel ou tel bout de trottoir les intéressent… Eh bien non ! Pendant ces mois de rencontres, les gensm’ont interpellée sur l’avenir de leurs enfants,leur pouvoir d’achat,les franchisesmédicales, les pensions de retraite, la qualité de notre cadre de vie… Leur quotidien tout simplement

Tout ceci nous pousse à davantage d’humilité, nous comprenons à leur contact que nous ne sommes pas propriétaires d’un mandat ou d’une collectivité, nous sommes là pour représenter des habitants, des personnes qui ont autant de droit sur la ville que nous. Une campagne est une aventure oùse croisent toutes nos passions.Il y a Ali qui,tous les jeudis sur lemarché m’offre une rose et un fruit pour doperma campagne. Il y a cette dame de 92 ans qui vient assister à sa première réunion politique…Ou cet enfant de dix ans qui prend la parole et demande des jeux en bas de son immeuble.C’est fort et émouvant d’être soutenue par des gens qui vous confient tous leurs espoirs. C’est une grande responsabilité tant les attentes sont nombreuses.

Je remercie les habitants pour tous ces échanges, toutes ces discussions enflammées, leur confiance aussi en notre équipe et cette passion partagée pour notre ville. Pendant ces mois, toujours trop courts, de campagne, nous n’avons cessé de nous rencontrer, de discuter et j’en suis fière. Fière d’avoir vu devant moi des gens responsables, portés par l’espoir de temps meilleurs.

Olivier Pinel, Canton de Vabre (Tarn)
A 19 ans, il est le plus jeune candidat aux élections cantonales.

« Des contacts simples et humains »

Le canton de Vabre, entre vallées et plateaux, a une diversité de paysages qui fait son attrait.Aller à la rencontre des habitants sur ces terres tarnaises est un véritable plaisir. Je retiens de cette campagne électorale toutes les inquiétudes quant au devenir des territoires ruraux. Il est nécessaire que les élus de moyenne montagne se consacrent à valoriser les savoir-faire et les ressources du territoire. Une campagne électorale permet le débat d’idées. Il n’y a rien, àmes yeux,de plus beau que le partage des richesses collectives.

Beaucoup d’habitants sont inquiets de l’instabilité dont fait preuve le président de la République. Nous avons la responsabilité d’instaurer un rapport de confiance entre les électeurs et les élus.Loinduspectacle médiatique, je préfère les contacts simples et humains. Ma suppléante, Jacqueline Alquier, sénatrice du Tarn,a aidé un jeune à reprendre une entreprise de maçonnerie sur le canton. C’est très important de voir que des jeunes souhaitent rester vivre à la campagne pour le devenir de nos communes. D’autre part, le moment le plus amusant a sans doute été d’accueillir un secrétaire national du MJS au milieu des poules et des moutons, dans ma ferme familiale. Je dois dire que le contexte de campagne dans le Tarn n’est pas le même qu’à Paris.

C’est dans la continuité de l’histoire de notre canton et dans le respect des espaces naturels que je situerai mon action, entre héritage et modernité au sein de la majorité départementale.

Hélène Mandroux, Montpellier (Hérault)
Elle se présente à sa propre succession.

« L’envie d’unité »

Il s’agit toujours d’un moment privilégié de contacts directs avec les citoyens qui n’a pourtant de valeur que lorsqu’il prolonge un dialogue institué de longue date. Les Montpelliérains aiment la politique et apprécient que le débat soit engagé et constructif. Le rejet de la démagogie est manifeste ! L’envie d’unité et de construction est éclatante ! Cette élection va exprimer la clairvoyance de l’électorat face au numéro de prestidigitateur de la majorité présidentielle.Les citoyens sont en demande d’un projet politique national qui s’inspire de notre action municipalemais qui dépasse les territoires pour offrir un nouvel espoir. Notre responsabilité est immense.

Il faut que le vote soit massif pour que le message soit clair ! Je souhaite une mobilisation comparable à celle des présidentielles car rien n’est plus important que la participation pour asseoir la légitimité d’une équipe.

Roland Ries, Strasbourg (Bas-Rhin)
Le candidat socialiste se présente face à la maire UMP sortante, Fabienne Keller.

« Pour une vraie démocratie locale »

Ce que je retiens de cette campagne c’est d’abord un accueil extrêmement chaleureux et favorable de la population strasbourgeoise. J’ai constaté un réel désir de changement dans la ville. Les habitants sont déçus par le mode de gouvernance établi par l’équipe municipale actuelle, pour qui l’élection au suffrage universel donne le pouvoir total.

La campagne s’est beaucoup tendue par ailleurs. Car un certain nombre d’enquêtes d’opinions indiquent que les sortants sont en difficulté. Personnellement, je n’accorde qu’une importance très relative à ces enquêtes, mais de leur côté,mes adversaires commencent visiblement à paniquer. Du coup, ils m’attaquent directement, violemment et personnellement. Ça ne me dérange pas,car c’est le signe d’un certain désarroi !

Récemment, nous avons sorti notre projet complet pour Strasbourg. Ce jour-là, avec tousmes colistiers, nous nous sommes réunis sous un kiosque situé dans le parc des Contades. J’ai été ému par une petite fille de 8-9 ans qui lisait très attentivement notre document. Elle avait l’air très impliquée. Du coup je me suis interrogé : d’abord pour me demander ce que pouvait comprendre une petite de cet âge à mon programme ; ensuite pourme dire qu’après tout, si elle prenait le temps de le lire attentivement,c’est qu’au moins, dans la présentation, le programme était attractif.

Je tiens à dire aux électeurs que pourmoi,la priorité du prochain mandat est de restaurer une vraie démocratie locale. Elle peut se résumer à l’organisation d’une véritable concertation avec les citoyens, préalable aux décisions que prendront les élus. Aujourd’hui les concitoyens n’acceptent plus que les décisions soient prises en amont et expliquées en aval.

Michel Destot, Grenoble (Isère)
Maire PS sortant, il est candidat à sa réélection.

« Vivre la ville de demain »

Je retiens principalement de cette séquence électorale le renforcement de l’attachement à la fonction de maire. Faute de réponses sociales, éducatives ou culturelles apportées aux problèmes concrets du quotidien par le gouvernement, nos concitoyens attendent davantage du maire. Ne l’oublions pas demain au plan national : alors que 80% de nos concitoyens vivent en ville, il faut mieux prendre en compte le fait urbain en s’appuyant sur nos réussites locales pour construire l’opposition, et donc l’alternance, dont notre pays a besoin.

J’ai été ému de la reconnaissance, par les habitants d’un quartier en renouvellement urbain (quartier Teisseire),du bien-fondé de notre projet,alors qu’ils y étaient initialement opposés. Autre bon souvenir : quand j’ai assisté au premier match de foot dans un nouveau stade plein à craquer, après un chantier qui fut l’objet de toutes les attaques. Mais il y eut aussi des moments amusants, comme les échanges de campagne avec mes concitoyens grenoblois lors de mon jogging matinal et ce sans journalistes ! J’aimerais dire à mes électeurs qu’ils ont la chance de vivre dans une ville multiculturelle, cosmopolite ; la ville de demain où s’élaborent les politiques économiques, sociales et environnementales de notre planète.

Adeline Hazan, Reims (Marne)
Elle présente une liste commune avec les Verts face à une droite divisée.

« Une politique municipale solidaire »

Ce scrutin est marqué par la volonté des citoyens de ne pas se laisser enfermer dans des débats nationaux mais bien de se saisir des enjeux locaux. Pour autant, les candidats de lamajorité doivent localement assumer les choix de Nicolas Sarkozy.

Ma campagne, elle, s’est distinguée par la chaleur de l’accueil et par un formidable élan populaire. A Reims, je me réjouis également car ma liste “Le Nouveau Reims avec Adeline Hazan” est celle d’une gauche rassemblée, qui présente aux électeurs un projet et des orientations politiques clairs. La gauche montre de nouveau qu’elle peut porter un discours d’opposition crédible et être une force de proposition constructive. Je retiens particulièrement le soutien de Yohann Diniz, vice-champion du monde du 50 km marche. Je le savais en pleine préparation pour les Jeux olympiques et j’ai apprécié qu’il accepte de présider mon comité de soutien et de donner un peu de son temps à la campagne.

A Reims,le choix est simple :d’un côté,il y a deux candidats d’unemêmemajorité,portés par leurs propres ambitions personnelles et qui soutiennent la politique injuste deNicolas Sarkozy,de l’autre une liste de progrès que je conduis et qui défend une politique municipale solidaire, seule capable de les protéger face à la politique gouvernementale.

Propos recueillis par Ariane Vincent, Fanny Costes, Elisabeth Philippe, Ariane Gil, Damier Ranger et Bruno Tranchant.

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