Archives de l'hebdo des socialistes
Archives de l'hebdo des socialistes

Les élus socialistes défendent l’emploi industriel

À Gandrange, les élus socialistes semobilisent aux côtés de l’ensemble des salariés de l’usine Mittal. Ils défendent le contreprojet des syndicats, élèvent leurs voix au niveau national. Et face à la visite spectacle de Nicolas Sarkozy, ils réclament un État plus interventionniste sur la formation aux métiers industriels.

Samedi 9 février. Mobilisation des sidérurgistes de l’usine Arcelor-Mittal de Gandrange. À leurs côtés, les salariés d’entreprises voisines, les syndicats, et les élus, socialistes notamment, de Lorraine. Pour moi la ville doit absolument prendre sa place dans le combat mené actuellement, en soutenant l’intersyndicale et les différentes mobilisations. C’est la pierre angulaire des débats des prochaines municipales : un soutien inconditionnel à l’outil industriel », lance Henri Octave, adjoint au maire de Gandrange et candidat socialiste aux municipales. Il sait plus que tout autre combien la fermeture de deux sites de l’usine pourrait peser sur son territoire.

À Gandrange, sur 2500 habitants, 100 d’entre eux pourraient être touchés directement par le plan de restructuration Mittal. Et ce, sans compter les pertes d’emplois indirectes chez les sous-traitants. « Dans ce combat, il faut insister sur le côté humain. Mais il est vrai que ces fermetures engendreraient une grosse perte financière pour la ville. À Gandrange, la taxe professionnelle est issue à 75%de l’entreprise Mittal. On perçoit autour de 2,5 millions d’euros de ressources. Là-dessus, ce serait près d’1,9 million en moins!», ajoute Henri Octave.

Devant le danger d’une telle fermeture, les élus socialistes ne comprennent pas la stratégie du chef de l’État. « Nicolas Sarkozy a fait comme d’habitude, de la communication. Il baissait dans les sondages alors il a voulu se racheter une virginité sur le dos des ouvriers de Gandrange.Ce n’est pas à l’État ou au contribuable de payer pour Mittal, qui a réalisé 8 milliards d’euros de bénéfices l’année dernière ! », s’insurge Aurélie Filippetti, député PS deMoselle.

Porte-parole des derniers sidérurgistes

Aux côtés de Michel Liebgott, autre député PS de Moselle, la jeune élue se bat à l’Assemblée pour faire entendre la voix de salariés qualifiés, derniers représentants de la sidérurgie lorraine. Sur son blog, elle écrit : « Depuis le début du conflit, nous nous battons aux côtés des salariés rencontrant tour à tour les syndicats et la direction dans le but d’obtenir le gel de la décision de fermeture et de soutenir le projet alternatif des syndicats.

Et ce afin de préserver les emplois dans une Lorraine qui n’a déjà que trop souffert de l’aveuglement et du manque de politique industrielle novatrice. »

Car entre un président qui propose de passer entre les mailles du filet européen et sa ministre de l’Economie, Christine Lagarde, qui parle, elle, de reclassement, le gouvernement a une triste façon de gérer cette crise.

Pour les socialistes, l’intervention de l’État est nécessaire, mais pas au coup par coup. Il faut une vraie politique industrielle. « Ce que répond Largarde aujourd’hui, c’est d’anticiper sur les fermetures et de proposer des maisons de l’emploi ! C’est fou ! Dans d’autres pays européens, les pouvoirs politiques sont interventionnistes. On ne parle pas de nationalisation, mais d’accompagnement, de lien entre entreprises et territoires.

Il n’y a pas de politique industrielle actuellement. Et quand on voit le déficit de la balance commerciale, ça fait peur », estime, amer, Michel Liebgott. Les craintes sont d’ailleurs justifiées quand on sait que la Lorraine concentre à elle seule 11% des pertes d’emplois industriels, alors qu’elle rassemble 3,5% de la population française.

Le combat des élus socialistes n’est pas seulement un appui aux propositions des syndicats, mais aussi une volonté d’avancer à leurs côtés, sur la formation par exemple. « La région et son président Jean-Pierre Masseret ont déjà annoncé qu’ils pouvaient jouer un rôle dans la formation des nouveaux embauchés Mittal et des emplois industriels en général », insiste Michel Liebgott.

Fanny Costes

Aucun commentaire