Archives de l'hebdo des socialistes
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Portrait : Ramazan François Kaymak

Ramazan François Kaymak n’a pas froid aux yeux. À 26 ans, il se présente en tête de liste de la ville de Vesoul, et se démarque déjà en étant le plus jeune candidat socialiste des municipales. Mais ne lui parlez pas trop de sa jeunesse, car il n’a pas non plus la langue dans sa poche :« Je suis jeune, issu de l’immigration, fonctionnaire : l’homme à abattre selon le système Sarkozy ! Je ne colle pas à leurs clichés. »
Car, poursuit-il «dire que les jeunes sont des inactifs en puissance, montrer les jeunes issus de l’immigration comme des brûleurs de voitures, les fonctionnaires comme des feignants… C’est imposer des clichés et il faut lutter contre ça.» Cet inspecteur du Trésor, d’origine turque, n’est pas nouveau dans le département de Haute- Saône. Il y est né, y a grandi, étudié et y travaille. Autant dire que son engagement pourVesoul n’a rien de curieux.Toutefois il est audacieux.Et c’est d’ailleurs ce que réclame Ramazan pour Vesoul : de l’audace! «Lemaire actuel a une relationmalsaine et clientéliste avec le tissu associatif. Les associations sont des relais privilégiés avec la population, et une vraie force de proposition. Il faut absolument que la mairie canalise cette énergie pour lamettre au profit de l’ensemble de la population locale», estime Ramazan.

Sa devise est simple : arrêter de faire pour les uns et pas pour les autres. La catégorisation chère àNicolas Sarkozy n’a rien à faire à Vesoul. À droite depuis quatorze ans, la ville a perdu 3000 habitants, fermé 23 classes et laissé partir des services publics,comme le tribunal ou le centre de tri postal. «Le maire UMP a transformé la ville en sarcophage. Il y a installé des équipements tape-à-l’oeil. Il met de l’argent là où ça se voit, et pas forcément là où c’est efficace. Il faut renforcer les solidarités, notamment à destination des jeunes couples avec enfants, des crèches, des personnes âgées. C’est la dimension humaine qui manque à Vesoul», lance, calmement, cet amateur de pêche.

Les ambitions de Ramazan pour la ville sont nombreuses, mais l’espoir et l’envie de changement le caractérisent depuis toujours.Né en juin 1981, ses parents lui ont donné pour deuxième prénom celui de François, en hommage à la victoire de Mitterrand. « À l’époque mes parents étaient encore de nationalité turque. Avec ce président socialiste, ils ont eu l’espoir d’intégrer vraiment la société française. Aujourd’hui il faut prouver, par le socialisme municipal notamment, que les valeurs humaines c’est nous ! »

Fanny Costes

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