Archives de l'hebdo des socialistes
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Portrait GULSEN YILDIRIM

La solidarité avant tout

J’ai très vite compris que l’école pouvait être un moyen d’émancipation et de reconnaissance. »
À 35 ans, Gulsen Yildirim est une femme épanouie, fière de ses origines turques et Française à part entière. Arrivée à l’âge de deux ans en Corrèze, elle estime qu’elle doit tout à l’école de la République. « L’école est encore un facteur d’ascension sociale. À partir du moment où on lui donne les moyens, elle continue de jouer son rôle.

Elle transmet des valeurs et nous forge pour demain », souligne-t-elle. Après de brillantes études, Gulsen Yildirim devient maître de conférences à la faculté de droit et des sciences économiques de Limoges. Se considérant comme une « éternelle étudiante », elle vit l’enseignement et la recherche juridique comme une passion.

D’ailleurs Gulsen a fait de sa vie une militance permanente. Enfant, dans sa cité HLM des Chapélies, à Brive-la-Gaillarde, elle a appris deux langues,deux cultures et surtout à jongler entre les deux. Une richesse aujourd’hui, mais ça n’a pas toujours été le cas. « J’ai vécu mes origines comme un fardeau jusqu’à 25-26 ans, parce que ce n’est pas facile d’être acceptée quand on a un nom difficile à prononcer. Ça a été un parcours militant pour trouver ma place dans cette société », affirme Gulsen.

Elle a continué ce combat au profit des autres. Avec des amis, elle a créé une association pour favoriser l’intégration des personnes issues de l’immigration turque. C’est ensuite, après s’être stabilisée professionnellement, qu’elle a adhéré au PS. Gulsen s’est intéressée très tôt à la politique. « Je remercie mon père. Ne parlant pas français, il voulait comprendre les débats politiques à la télé. Je passais donc des heures avec lui à traduire ce que disaient les uns et les autres. J’ai notamment beaucoup traduit les discours de François Mitterrand », raconte-t-elle.

En 2005, elle est nommée secrétaire fédérale à la citoyenneté et aux questions de société. Des sujets qui la concernent personnellement, mais qui sont aussi essentiels à ses yeux. «On constate
une montée de l’individualisme et une certaine dilution de la notion de solidarité. Les gens se regroupent entre eux, à travers des valeurs plus ou moins floues qui ne sont pas celles de la République. Le danger est de laisser s’installer ces communautarismes, et de constater que l’État a échoué. »
Un échec que Gulsen ne veut pas pour l’avenir, elle qui enseigne chaque jour le droit applicable dans les relations entre individus : « La responsabilité vis-à-vis des autres, et la solidarité que l’on peut attendre de la société. »

Fanny Costes

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