Archives de l'hebdo des socialistes
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Note aux membres du Bureau national sur la situation sociale

L’INED en lien avec les études de l’INSEE vient de révéler que les disparités d’espérance de vie selon les catégories socioprofessionnelles s’étaient encore accrues. Il y a désormais, un écart de 10 ans entre un ouvrier et un cadre supérieur, en moyenne.

Ce constat confirme la profonde inégalité sociale devant l’accès aux soins et à la santé . Il indique l’ampleur de l’effort à accomplir, face à la dégradation des conditions de travail, et plus encore face à l’extension du nombre des maladies professionnelles et des salariés victimes de celles-ci.
Le problème des maladies professionnelles pour les années à venir est essentiel. Les rapports de l’Assemblée Nationale et du Sénat sur l’amiante sont révélateurs. La directive européenne REACH recense 30 000 produits dangereux, par exemple, l’éther de glycol, pesticide, fibres courtes etc… L’Etat condamné en 2004 par le Conseil d’Etat ne finance que 3,4% du coût de la pré retraite amiante. Aujourd’hui les moyens de la prévention des études sur les produits de substitution, ne sont pas à la hauteur des enjeux. La négociation est au point mort.

Le résultat de cette étude souligne aussi les insuffisances de la médecine du travail et, de manière plus générale, les carences en termes de prévention.

Il montre surtout qu’il est impossible d’aborder le dossier des retraites sans poser le problème de la pénibilité de certains métiers exercés. L’inégalité d’espérance de vie, au terme d’une vie professionnelle selon les catégories socioprofessionnelles et les métiers, est bien au cœur du sujet.

Présenter l’harmonisation des durées de cotisations et d’âge d’accès à la retraite, comme un objectif en soi n’est pas la bonne méthode. Cet affichage simpliste et erroné contribue même à aggraver les injustices, au risque d’instaurer une forme de double peine à l’encontre des salariés exposés aux conditions de travail et de vie les plus pénibles.

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Nous attendons avec beaucoup de vigilance le rendez-vous du 6 février prochain, à l’occasion duquel, Nicolas Sarkozy entend traiter de l’ensemble de la protection sociale avec les partenaires sociaux, et préciser un agenda.

Quand Xavier Bertrand précise qu’il s’agit de traiter, sans tabou, en particulier pour ce qui relève de l’assurance maladie, la place respective de la prévoyance et de la responsabilité individuelle, il confirme l’impasse sur un sujet majeur : l’inégalité sociale et territoriale devant la santé . Il avance l’idée que la couverture sociale pourrait désormais s’exercer davantage, selon les moyens que selon les besoins de chacun.

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Le problème du pouvoir d’achat des retraités est vécu avec toujours plus d’acuité. Le PLFSS 2008 – dont tous les paramètres sociaux et macro-économiques sont d’ores et déjà caducs – fixait l’augmentation des pensions du régime général   à 1,1%. Les perspectives d’inflation pour 2008, en particulier sur les produits et services de grande nécessité, rendent cette revalorisation très largement insuffisante, pour les millions de retraités concernés. Toutes les fédérations syndicales demandent une hausse supplémentaire immédiate.

Cette perte de pouvoir d’achat programmée pour l’heure contredit gravement l’engagement de l’UMP et du Président de la République , selon lequel il convenait d’augmenter les petites pensions ainsi que les pensions de réversion, de 25%. Nicolas Sarkozy avait même trouvé une solution, pour y parvenir au plus vite : mettre en œuvre la réforme des régimes spéciaux de certaines catégories de salariés, comme si les masses financières respectives en jeu avaient un rapport quelconque, et alors que l’on sait que cette réforme, toujours inachevée, va finalement s’effectuer globalement à somme nulle pour les finances de l’Etat.

Il est vrai que sur ce dossier, le pouvoir préfère parler d’augmentation de durée de cotisation ou de suppression de limite d’âge d’accès à la retraite, pour certaines activités professionnelles, en particulier dans la fonction publique ; tout en manifestant une inertie coupable face au développement des plans sociaux vis-à-vis des salariés âgés de plus de 55 ans.

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L’ANPE constate qu’en 2007, le CDI ne représente qu’un tiers des offres d’emplois . Dans ce tiers, on relève une forte proportion de temps partiels subis, notamment à l’encontre des femmes et des jeunes.

Le CDI à temps plein, à l’embauche, tend à se marginaliser. Cette tendance génère plusieurs conséquences :

  • La pression à la baisse sur les salaires et par conséquent le pouvoir d’achat ; c’est le problème majeur aujourd’hui. Les indicateurs de surendettement des ménages et notamment des salariés le confirment. Le rythme de progression annuelle inquiète.
  • La dégradation des conditions de travail et de la qualité de l’emploi ;
  • L’accentuation et l’affaiblissement du taux de syndicalisation ;

Ainsi, le slogan électoral « travailler plus pour gagner plus » devient à la fois indécent et illusoire vis-à-vis de millions de salariés qui ne peuvent, ni travailler plus, ni gagner plus. Ce bilan chiffré illustre la méthode utilisée depuis plus de 5 ans, pour réduire le temps de travail, mais à moindre coût pour les employeurs, de façon subie et donc non négociée , pour les salariés, et à travers une précarité toujours plus forte.

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