Archives de l'hebdo des socialistes
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Quand l’État rackette l’hôpital public…

Des millions d’heures supplémentaires non réglées, des millions de RTT stockées dans des comptes épargne temps. Telle est l’absurdité à l’origine de l’actuelle crise de l’hôpital public. Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, croit pouvoir y mettre fin grâce à une cagnotte magique et en saignant encore un peu plus l’hôpital.

Ce n’est plus une surprise. Le gouvernement a décidé de s’attaquer à toutes les composantes du service public. L’hôpital n’échappe pas à la règle.Parent pauvre des politiques des différents gouvernements de droite qui se sont succédé depuis 2002, les hôpitaux sont aujourd’hui dans une situation critique: avec plus de 23 millions d’heures supplémentaires impayées et 3,5 millions de jours de congés accumulés dans des Comptes Épargne Temps, la colère monte chez les personnels hospitaliers et ce n’est pas la cagnotte miracle débusquée par la ministre de la Santé qui réglera l’addition. Bien au contraire…

Pour Roselyne Bachelot, rien de grave, les marges de manoeuvre seront au rendez-vous pour solutionner la crise. Aux antipodes du « Travailler plus pour gagner plus » sarkozyste, ce mouvement social risquerait de marquer les Français dans leur quête de pouvoir d’achat. « Pourtant il n’y a pas de solution miracle ou de cagnotte cachée, les fonds que promet la ministre de la Santé pour désamorcer la crise ne sont pas du tout prévus à cet effet », explique Frédéric Pain, délégué national du PS aux Hôpitaux.

Il est vrai que sur les 700 millions d’euros promis, 324 millions proviennent du fonds pour l’emploi hospitalier, une sorte de caisse de sécurité à laquelle cotisent les hôpitaux pour s’assurer contre les aléas budgétaires. Les 375 millions d’euros restants seront dégagés grâce à des économies réalisées par les hôpitaux euxmêmes, annonce pince-sansrire Roselyne Bachelot. «Quand on sait que les hôpitaux français se sont endettés d’environ un milliard d’euros l’année dernière, on ne voit pas par quel miracle ils réussiraient à dégager subitement de telles sommes. C’est un véritable racket ! Le gouvernement se sert dans les caisses et demande en plus aux hôpitaux de s’endetter », dénonce Frédéric Pain.

La crise est loin d’être terminée car rien n’est prévu par la ministre pour l’aménagement du temps de travail du personnel hospitalier. « Aux mêmes causes nous aurons les mêmes effets. Et contrairement à ce que dénonce Nicolas Sarkozy, les 35h n’ont pas donné le coup de grâce à l’hôpital public. Par contre la mauvaise gestion constatée depuis 2002 n’est pas étrangère à ces problèmes. Lorsque Martine Aubry était aux responsabilités, nous avions réussi à équilibrer les budgets. Aujourd’hui, on est loin du compte… »

Damien Ranger�

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