Archives de l'hebdo des socialistes
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Notre combat

Voilà un an que la nouvelle formule de L’hebdo existe. Chaque semaine, nous avons essayé de vous faire partager un regard socialiste sur l’actualité.

Nous avons aussi cherché à dépasser la dictature de l’événement pour approfondir notre réflexion sur des sujets orphelins. Nous avons donné la parole à des hommes et des femmes qui ne font pas forcément parler d’eux, mais qui savent de quoi ils parlent. Nous avons traité de thèmes qui ne font pas forcément la fortune éditoriale de la presse, mais qui soulèvent des questions devant lesquelles des socialistes ne peuvent s’esquiver. Le dernier numéro de L’hebdo de cette année 2007 a ainsi pour sujet la prison. Drôle d’idée au moment où la France va tenter d’oublier ses désillusions pendant la quinzaine de Noël. Nous assumons. Nous revendiquons même.

Évoquer la prison, les conditions de détention, c’est accepter de regarder la République jusqu’au fond des yeux. Et honnêtement, il n’y a pas de quoi être fiers. Les rapports parlementaires se sont empilés sans effet. La Commission des droits de l’homme de l’ONU a dénoncé l’état de nos centres de rétention et de nos cellules de garde à vue.

Les problèmes sont connus : surpopulation carcérale, inadaptation et exiguïté des locaux, réinsertion limitée des détenus. Le résultat paradoxal, c’est une prison qui n’est pas toujours dissuasive et qui contribue au rapprochement de criminels chevronnés avec de simples délinquants. De ce point de vue, l’instauration de peines automatiques dites « peines plancher » ne fait qu’ajouter à la confusion et aux difficultés.

La dénonciation de cette situation n’équivaut pas à excuser le crime ou à renoncer à l’enfermement. Il s’agit simplement de réfléchir au sens de la peine, aux conditions de son exécution et de ne pas considérer la privation de liberté comme la clé de voûte de la politique pénale. Le vent de l’opinion ne souffle pas forcément dans ce sens. Il y a 26 ans, ce n’était pas le cas non plus quand il s’est agi d’abolir la peine de mort. 26 ans plus tard, c’est Robert Badinter qui est à la une de L’hebdo. Nous sommes toujours aussi fiers de son combat.

Thomas Colognac

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