Archives de l'hebdo des socialistes
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Pour une égalité des soins sur tout le territoire

Lors d’un colloque organisé par le Parti socialiste et la FNESR, le 1er décembre à Paris, les élus socialistes ont dressé un véritable réquisitoire contre la politique gouvernementale en matière de santé. Dans le collimateur des intervenants : les restrictions budgétaires pour les hôpitaux publics et les fermetures d’établissements de proximité.

Franchises médicales, trou de la Sécu… Sur le front de la santé, le malaise règne. Les participants du colloque « Santé et territoires », organisé par le Parti socialiste et la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR), le 1er décembre, à Paris, ne s’y sont pas trompés, fustigeant, par les voix de Pascal Terrasse, secrétaire national du PS à la santé, et de Claude Pigement, responsable national en charge de ces questions, une politique marquée par un nouveau déficit de notre système de soins.

Désert médical

Tous ont déploré l’étranglement financier de l’hôpital public, confronté à une crise sans précédent, à la tarification à l’activité au profit du seul secteur privé,et à la crise des vocations et des conditions de travail, dont la chirurgie publique est devenue le symbole.
Claude Évin, ancien ministre des Affaires sociales, Élisabeth Auerbacher, responsable nationale en charge des personnes handicapées, Jean-Marie Le Guen, député de Paris, et Bernard Cazeau, sénateur de la Dordogne, ont réclamé une plus grande égalité des soins.Ils ont pointé la « balkanisation » d’un système qui oppose ville et hôpital, médecine générale et médecine spécialisée, sanitaire et social.
Autre sujet de préoccupation : la disparition injustifiée de centres de soins. Ce qui a valu au député de la Nièvre, Christian Paul, de mener la fronde à l’Assemblée en rédigeant un Manifeste contre le désert médical qui réclame un « moratoire de dix-huit mois sur les fermetures de services hospitaliers » et « une médecine de premier recours accessible à tous ». Avant de se prononcer pour « une coopération hospitalière garantie par les agences régionales d’hospitalisation ARH) » et une « modernisation négociée de l’hôpital de proximité ».

Démocratie sanitaire

C’est là l’expression d’un sentiment d’inquiétude partagé,qui a conduit une cinquantaine de maires de l’Aveyron et une vingtaine de médecins à se mettre en grève, le 29 novembre, pour protester contre le projet de fermeture partielle de l’hôpital de Saint-Affrique. « Cette décision n’est pas
conforme aux garanties que nous avions obtenu du ministère et de l’ARH », accuse Alain Fauconnier, maire de Saint-Affrique et président d’honneur de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. L’élu appelle à l’instauration d’une « véritable démocratie sanitaire » en concertation avec les usagers, les syndicats et les médecins libéraux et hospitaliers. « C’est économiquement raisonnable et médicalement pertinent, précise-t-il. Les actes chirurgicaux les plus élémentaires doivent rester de la compétence des hôpitaux de proximité ».
Des divergences d’appréciation peuvent toutefois apparaître entre élus. Ces hôpitaux « se révèlent coûteux et peu efficaces d’un point de vue thérapeutique », rétorque Jean Motroni, président du groupe socialiste du conseil général de Haute- Corse. « Leurs frais de fonctionnement pèsent sur le budget de la santé, privant ainsi les centres les mieux équipés de moyens techniques adaptés à leurs besoins. » « Ce qui m’importe, c’est l’accès de tous à la santé, conclut Françoise Tenenbaum, adjointe au maire de Dijon déléguée à la solidarité, aux affaires sociales et à la santé, et vice-présidente du conseil régional de Bourgogne. « La fermeture des hôpitaux n’a de sens qu’à partir du moment où des réseaux ont été constitués et qu’une relation durable s’est instaurée avec les CHU et autres professionnels de santé, par le biais de la télémédecine. » Son voeu le plus cher : que les élus siégent au sein des conseils des caisses de Sécurité sociale (caisses primaires,MSA, CNAM, UNCAM). Seul moyen, assure-telle, de peser sur les décisions.

Bruno Tranchant

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