Archives de l'hebdo des socialistes
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Hérault de la nation

doucoure.jpgEnfant déjà, il voulait « participer à quelque chose, être sur le terrain ». Aujourd’hui Diaby Doucouré pilote une maison des jeunes dans un quartier sensible d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). « Avant, on achetait la paix sociale en sortant les gamins des cités une fois tous les 36 du mois, on aurait dit des convoyeurs d’enfants, moi je refuse. » Dans son quartier, Diaby organise certes quelques sorties, mais le but de ce havre de paix, au rez-dechaussée d’une barre d’immeuble, est autre. Avant tout, Diaby Doucouré veut prouver à ceux qui ne sont pas forcément sur la bonne voie qu’ils sont capables de réaliser leur projet. « Je refuse l’appellation de « grand frère », je ne suis pas un exemple, mais un référent. »

Chaque jour, de 17 h à 20 h, Diaby Doucouré anime à la maison des jeunes des ateliers d’écriture, d’informatique, et offre, grâce à cette structure, un espace où tout le monde peut trouver sa place. « On doit notre liberté aux élus de la ville, ils savent défendre nos projets. » Dernier en date, la création d’un festival de courts-métrages, « Génération court », qui a donné l’opportunité à ces gamins des cités de pouvoir sortir de l’ombre en réalisant eux-mêmes leurs propres films, avec la participation d’une école de cinéma du département. Lorsqu’on le rencontre, Diaby Doucouré frappe immédiatement par sa confiance en lui. Il l’assume d’ailleurs parfaitement : « Ma force ? Avoir compris très tôt mon environnement. » Il faut dire qu’en quelques années, il a su s’imposer. La publication de son premier roman, Le bon, la douce et la caillera (éd. L’harmattan), sa « contribution au débat sur la crise des banlieues », lui a permis de se faire connaître. Il ne se représentera pas aux élections de 2008, mais son mandat de conseiller municipal de Pantin aura été un « labeur complexe, mais une très belle aventure ».

Ce jeune trentenaire est aujourd’hui satisfait que le PS réfléchisse au concept de nation. « Être Français, on devrait rappeler que ce n’est pas seulement avoir des papiers », répète-t-il avant d’insister sur le fait « qu’en tant que progressistes, nous devrions valoriser la différence, et faire de ce principe une priorité ». Sa proposition ? Ajouter à la devise de la République « solidarité et diversité ».

Ariane Vincent

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