Archives de l'hebdo des socialistes
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Quand l’Etat se défausse des politiques sociales

Dans les domaines de la solidarité, de l’hébergement, de l’insertion, les départements doivent compenser localement un désengagement gouvernemental qui met en péril l’action des associations.
Exemples sur Paris et Sevran.

L’état doit 82 millions d’euros au département de Paris depuis le transfert du RMI aux conseils généraux en 2004, déplore Gisèle Stievenard, adjointe au maire de Paris chargée de la solidarité et des affaires sociales. Si la collectivité n’avait pas compensé ce montant, 10 000 allocataires du RMI – Paris en compte 56 900 – auraient été privés de ce minimum vital.» D’autant que,parallèlement au transfert du RMI, le nombre de bénéficiaires a fortement augmenté entre 2003 et 2005: «Les mesures engagées sous le gouvernement Raffarin, qui ont réduit les durées d’indemnisation du chômage, ont fait basculer beaucoup de chômeurs et d’artistes dans le RMI», pointe Gisèle Stievenard qui dénonce « un affaiblissement de la solidarité nationale»

interlocuteurs responsables. Ils ne font pas payer, ni à nous ni aux usagers de nos services, le désengagement de l’État quand il y a transfert de compétences. Les départements compensent pour verser à tous les allocations », reconnaît Éric Pliez, membre du bureau de la Fédération nationale des associations d’accueil ert de réinsertion sociale (FNARS) et directeur de l’association Aurore. Lui ne parlerait pas de désengagement de l’État sur tous les champs du social : «Pour l’hébergement, les aides, au niveau national, ont augmenté. Mais parallèlement, on assiste à une massification des personnes à la rue et du nombre d’exclus à prendre en charge. Le budget global augmente, mais localement les budgets se resserent.» Le responsable associatif relève que l’hébergement, qui ressortit normalement de la solidarité nationale, a été de fait transféré en partie aux départements qui tentent de compenser les manques de l’État :« J’ai en tête le cas d’un département francilien où le budget pour reloger dans des hôtels des personnes à la rue est passé de 5 à 15 millions d’euros.» Mais pour Éric Pliez,le secteur où le désengagement de l’État est le plus important reste celui de l’insertion par l’activité économique pour les chômeurs de longue durée. Il craint «de nombreux plantages » dans la réinsertion des plus démunis.Même si Paris a relancé depuis 2001 une politique d’insertion des allocataires du RMI :« Les dépenses d’insertion, hors allocations, atteignent 54 millions d’euros, indique Gisèle Stievenard. C’est deux fois plus que les crédits prévus par le gouvernement au niveau national pour expérimenter le revenu de solidarité active.»

Mona Buckmaster�

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