Archives de l'hebdo des socialistes
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Mireille Le Corre, candidate au renouveau

Mireille Le Corre est courageuse. Et du courage, il en faut pour avoir mené campagne à Auxerre (Yonne),lors de ces dernières élections législatives,quand on se présente face à un candidat qui était déjà le député de la circonscription avant qu’elle soit née.

Mireille a donc misé sur le renouvellement, pas forcément des générations, mais des pratiques politiques : « Être élu, ce n’est pas un métier ni une marque de notabilité. » L’expérience du terrain lui a plu, confirmant ainsi son aptitude pour le sens du contact.

Cette jeune femme de 31 ans est la preuve vivante que l’ascenseur social existe – ou tout du moins qu’il a existé. Dernière d’une famille de six enfants qui ont grandi dans la banlieue de Nantes, une mère institutrice, un père technicien… le contexte ne la prédisposait pas à devenir haut fonctionnaire, à sa sortie de l’ENA. Cette « techno » milite d’abord dans l’associatif avant de s’intéresser aux combats politiques, et de devenir, pendant une année, l’assistante parlementaire du jeune député parisien Patrick Bloche. Puis elle intègre le ministère du Travail, où elle est chargée de suivre l’application des 35 heures ; une expérience pour « comprendre, au plus près, les problématiques d’emplois ».

Mireille Le Corre rejoint ensuite le FASILD (Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations), un poste formateur qui lui permet aujourd’hui d’insister sur le fait « qu’en politique, être une femme, ou une personne issue de l’immigration, n’est pas une compétence en soi, ni un handicap ». Une évidence pour certains, pas forcément pour tous… Mireille est rapporteure, avec Najat Belkacem, d’une des trois commissions des forums de la rénovation, celui consacré aux « socialistes et l’individu ». Comment voit-elle la rénovation du PS ? C’est avant tout « la possibilité de redonner confiance à ceux pour qui on se bat ».

Coureuse de fond, Mireille va de l’avant, enchaîne les réunions militantes auxerroises et se présente aux prochaines élections cantonales. Si on lui demande pourquoi, elle répond : « Un mandat local, c’est une force, un outil pour se battre contre les inégalités qui règnent au sein de mon département. » Et elle poursuit : « Je voudrais contribuer à redonner une certaine crédibilité à la fonction d’élu. » Et si la politique, en fait, c’était ça !

Ariane Vincent

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