Archives de l'hebdo des socialistes
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Portrait : Jeannine Faure – Une citoyenne au service des consommateurs

Un pays où la vie est moins chère. Plus qu’un vain slogan publicitaire, ce pourrait être la devise de Jeannine Faure. À bientôt 74 ans, cette militante infatigable ne compte pas quitter de sitôt la permanence CFDT de Rezé (Loire-Atlantique).Elle y gère les litiges des consommateurs dans le cadre de l’Asseco,l’association de la confédération syndicale dévolue à ces questions.

« Mes collègues croient toujours que je vais m’arrêter dans une semaine et finalement, je suis encore là. Cette année, c’est reparti pour un tour. » Surtout qu’avec l’arrivée de Sarkozy aux commandes,les combats ne manquent pas. Hausse des prix, baisse du pouvoir d’achat, surendettement, cadeaux fiscaux faits aux plus riches… « Ce nouveau gouvernement m’épouvante », lâche-telle. Malgré la litanie de voeux pieux : la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, qui promet de rester vigilante sur le prix du pain et son homologue à l’éducation nationale, Xavier Darcos, qui fait mine de réduire la facture de la rentrée scolaire. « Il annonce cela alors que 60 % des achats ont déjà été faits ! »

Avec plus de quarante années de syndicalisme à son actif, Jeannine ne se laisse pas berner par de tels discours. « Je ne suis ni une révoltée, ni une révolutionnaire, assure-t-elle. Mais je suis éprisede justice. » C’est cette quête de justice qui conduit son action depuis toujours. Rentrée à 21 ans comme secrétaire de direction dans un grand magasin de Nantes, elle se syndique très vite. « C’était l’époque des trente glorieuses, raconte-t-elle de son débit mitraillette. Les premières grandes surfaces voyaient le jour. On se battait contre le travail tardif, les ouvertures de magasins les jours fériés… » Alors, quand elle entend Sarkozy faire l’éloge du travail dominical, Jeannine Faure se dit qu’elle a encore beaucoup à faire. Tant comme syndicaliste que comme militante au PS. Sympathisante depuis longtemps, elle a pris sa carte, il y a quatre ans. Le sens de l’engagement, encore.

« Ce qui me motive, c’est d’aider les gens. Dans le cadre des permanences, j’entends des personnes qui se trouvent dans des situations intenables, souvent étouffées par les crédits. » Toujours mue par ce même principe de solidarité, elle n’envisage qu’une solution à toutes ces injustices : « Une meilleure répartition des richesses. Ce n’est pas en supprimant l’ISF ou en instaurant la TVA sociale que l’on augmentera le pouvoir d’achat des Français. » Mais c’est sans doute avec plus de gens comme Jeannine que les choses bougeront.

Élisabeth Philippe

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