Archives de l'hebdo des socialistes
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Ségolène Royal à Limoges : « C’est à vous de construire cette France présidente »

Dans le Zenith flambant neuf de Limoges devant plus de 7000 personnes , Ségolène Royal, François Hollande et les élus socialistes du Limousin battaient ce jeudi 29 mars la campagne en terres de gauche, devant un public entonnant dès l’ouverture du meeting le chant des partisans.

Mordant, le Premier secrétaire du parti socialiste a raillé les candidats de la droite pour mieux porter la candidate du changement : « il faut que le visage de la France soit celui de Ségolène Royal le 6 mai ».

Rappelant d’abord l’histoire du Limousin résistant à l’occupant nazi, fier de sa mémoire ouvrière et de son ancrage à gauche, partageant « le sentiment profond qu’il n’y a jamais eu autant de liens entre l’histoire de cette région et ce qui va se jouer dans quelques semaines », la candidate a appelé à retrouver l’esprit de la Résistance pour se tourner vers l’avenir.

Dans un discours axé sur la valeur travail, Ségolène Royal a réaffirmé que « la valeur travail, c’est d’abord donner du travail à tous, revaloriser les bas salaires, sécurisés par des contrats de travail durables. C’est de faire en sorte que le travail soit moins taxé que le capital, que toute personne qui retrouve un emploi ne perde pas de revenu ».
Contre une société de l’assistanat, la candidate a défendu la société du « donnant-donnant » inscrite au coeur de son pacte présidentiel. « Nous voulons une France des solidarités, une France où la puissance publique intervient, où elle crée des droits nouveaux, mais où, en contrepartie, elle demande à chacun et à chacune d’entre vous de donner le meilleur de lui-même. »

« La France neuve que j’appelle, c’est une France qui résiste et qui imagine ». Ségolène Royal a appelé « partout les citoyens à se lever contre la privatisation des services publics » mais aussi à imaginer leur réforme. Aussi elle a annoncé vouloir confier aux régions la gestion du service public de l’emploi.

« Ce n’est pas par la précarité comme le pense la droite que nous relancerons la machine économique » a-t-elle dit avant d’énonçer deux piliers de son programme, la démocratie sociale dans l’entreprise et l’investissement dans la recherche et l’innovation.

Attaquée sur le coût de son pacte présidentiel, la candidate a répliqué que ce qui coûte cher ce sont les inquiétudes des Français devant l’avenir, « ces inquiétudes qui donnent à chacun le sentiment d’être irrésistiblement tiré vers le bas. »

Rappelant que la France présidera l’Union européenne le deuxième semestre 2008, Ségolène Royal a élargi son propos à l’Europe, insistant sur la nécessaire mise en place d’un volet social efficace, « en particulier pour que les pays européens adoptent l’idée d’un salaire minimum, l’idée d’une protection sociale commune, l’idée de l’égalité salariale entre les hommes et les femmes. Et là aussi on en est loin. L’idée d’un système de retraite digne pour tous. »

« C’est à vous de construire cette France présidente (…), il est temps, pour toutes les femmes et les hommes de progrès de se réapproprier les symboles fondamentaux » a lancé Ségolène Royal avant d’inviter la salle à chanter la Marseillaise.

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