Archives de l'hebdo des socialistes
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Portrait de Dominique Cristofaro : Un médecin en campagne

Ça tient du militantisme. À Saint-Pierreville, village ardéchois de 300 habitants, Dominique Cristofaro, 45 ans, unique médecin dans un rayon de 20 km, multiplie les casquettes et les responsabilités. Généraliste en cabinet, mais aussi pharmacien, médecin pour les pompiers et pour deux maisons de retraite, il ne compte ni ses heures ni ses déplacements.

« Je fais beaucoup de visites à domicile car la population est âgée et peu mobile, faute de transports en commun. Je leur apporte en même temps leurs médicaments. »

Sillonnant les petites routes de montagne, assez dangereuses, gelées l’hiver, le praticien aligne facilement 60 à 80 km par jour. La nuit, il doit être disponible en cas d’appel d’urgence des pompiers, du samu ou d’un patient. Sans compter les astreintes certains week-end. Comme dans beaucoup de zones rurales où les jeunes rechignent à s’installer, les départs en retraite ne sont pas remplacés et les médecins se font rares. « Il faudrait davantage de politiques d’incitation de la part de l’État, suggère Dominique Cristofaro. Car c’est un combat quotidien d’exercer ici, il faut être solide. On est quand même très seul pour prendre des décisions. » Pas de téléphone portable jusqu’en 2005, la zone n’étant pas couverte, et pour obtenir l’envoi d’un hélicoptère en cas d’urgence grave, c’est la croix et la bannière.
Pourtant, cette vie-là, Dominique Cristofaro l’a choisie, en 2001. Après dix ans d’exercice en ville il a voulu aller là où les gens avaient vraiment besoin de lui : « En ville, il y avait trop de confrères et on faisait de la médecine de confort alors qu’ici on est vraiment utile. » Malgré les contraintes, ce fils d’ouvrier, qui a grandi à la campagne, ne regrette pas son choix car il y a gagné dans la qualité des rapports humains : « On connaît tout le monde, on soigne des villages entiers et le contact avec les gens est exceptionnel, ce sont beaucoup d’agriculteurs, d’ouvriers, et ils nous font confiance, ils nous respectent. »
Cette reconnaissance et ce sentiment d’utilité, c’est ce qui le fait tenir : « Un infarctus diagnostiqué à temps, une intervention rapide sur un accident, les gens s’en sortent et ça fait plaisir. »

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