Archives de l'hebdo des socialistes
Archives de l'hebdo des socialistes

Halte aux deserts sanitaires!

En 2006, 68 % des établissements hospitaliers étaient en déficit. La tendance n’est pas nouvelle. Depuis cinq ans, ce secteur est étranglé par un sous-financement délibéré. Au-delà de la tarification à l’activité qui engendre les effets pervers que l’on pouvait craindre, ce désengagement de l’État se solde par la disparition de nombreux hôpitaux publics sur l’ensemble du territoire.
Tous en résistance ! Unis sous une même bannière, les membres de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux de proximité refusent de céder aux lois impitoyables du marché. En s’évertuant à vouloir regrouper les activités en pôles, au nom d’une logique purement boursière, le gouvernement a clairement remis en cause la notion de service public.

Au point que deux hôpitaux sur trois se retrouvent aujourd’hui dans le rouge. «Leur présence est pourtant un gage de sécurité pour se soigner et conserver des médecins sur l’ensemble du territoire, argumente Alain Fauconnier, maire de Saint-Affrique, dans l’Aveyron, et président de la coordination. En privilégiant une approche marchande de la santé, la T2A (tarification à l’activité) a eu un effet dévastateur sur les instances de proximité. Tant et si bien qu’il nous faudra bientôt faire face à une dégradation de l’offre des soins et à une sélection des patients. » Du coup, on ne compte plus le nombre de maternités et d’unités de soins contraintes, depuis 2002,de fermer leurs portes ou de se regrouper, faute de moyens. « L’hôpital n’est pas qu’un lieu réservé aux malades, c’est aussi un espace de cohésion sociale et de prévention, chargé d’assumer une mission d’aménagement du territoire, souligne Alain Fauconnier. Ce ne sont pas les cliniques qui s’occupent des personnes en difficulté ou des bénéficiaires de la CMU!»
Pression financière
Le démantèlement, savamment orchestré par la droite, ne cesse de produire des ravages. Soumis à des contraintes budgétaires lourdes,l’hôpital public de Belley,dans l’Ain,est entraîné dans un dangereux processus de dégradation,marqué par des fermetures et des transferts de services intempestifs. Malgré une forte mobilisation des personnels et une grande manifestation de la population,dans les rues de la ville, le 13 mai 2006, rien n’est venu apaiser les inquiétudes des salariés, qui se sont constitués en collectif afin de « défendre l’hôpital de proximité, au service du public et pour le maintien de lieux de vie équilibrés ».

Ils dénoncent l’obsession d’un gouvernement qui sacrifie la santé sur l’autel de la rentabilité. « En Bourgogne, le déficit cumulé des établissements hospitaliers s’élève à 90 millions d’euros,constate le président du conseil général de Saône-et- Loire, Christophe Sirugue. Pour la seule ville de Chalon-sur- Saône, il atteint 5,5 millions euros.Les marges de manoeuvre dont disposent les établissements publics diminuent comme peau de chagrin. »
Sans parler de la pression exercée par les agences régionales d’hospitalisation (ARH) sur les élus pour supprimer lits et services, en dépit de besoins grandissants. En abandonnant aux mains du privé les services jugés peu rentables, l’État se déleste de nombreuses unités de soins qui se voient contraintes de fermer leurs portes.En réformant la permanence des soins, il oblige également une multitude de patients à s’orienter vers les urgences, réduisant à néant les efforts consentis par les départements, au seul profit d’impératifs financiers qui font peu de cas du service à la personne.

BT

Commentaire