Archives de l'hebdo des socialistes
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Territoires : Douze propositions pour les banlieues

À la veille d’échéances politiques majeures, l’Association des maires ville et banlieue de France (AMVBF) publie un manifeste dans lequel les élus formulent douze propositions pour lutter contre les inégalités et retrouver le chemin de la confiance dans notre modèle républicain.

«Le problème des banlieues n’est pas celui de nos villes, mais a minima celui de la France. » À quelques semaines de l’élection présidentielle, l’Association des maires ville et banlieue de France (AMVBF) tire la sonnette d’alarme. Véritable coup de pied dans la fourmilière, son manifeste, rendu public le 6 février dernier, est une réponse à ceux qui n’ont pas pris la mesure des effets de l’abandon par l’État de la politique de la ville. Il n’est que temps de « mesurer les inégalités réelles pour nous y attaquer collectivement », martèle son président, Pierre Bourguignon, député-maire (PS) de Sotteville-lès-Rouen (Seine- Maritime). Le manifeste énonce une liste de douze propositions pour rétablir la confiance de nos concitoyens dans le modèle républicain.

Péréquation des moyens

L’AMVBF suggère d’instaurer un système de péréquation permettant aux villes qui concentrent dans leur périmètre les populations les plus pauvres de mettre en oeuvre un service public comparable à la moyenne des municipalités françaises. « La liberté sans les moyens de la liberté n’est qu’injustice », estiment les maires. Ils souhaitent aussi inscrire le renouvellement urbain dans une logique d’aménagement, d’équipement et de transport, en organisant, dès cette année, un CIADT (comité interministériel d’aménagement et du développement du territoire) des villes de banlieue. Les élus désirent faire de celles-ci des références incontournables en matière de développement durable. Ils entendent également redessiner des intercommunalités proches de la réalité des bassins d’emploi et d’habitat pour lisser les disparités au sein des agglomérations et lutter contre les regroupements ségrégatifs propres à l’Ile-de-France.

Dynamisation des territoires

Et de réclamer l’application de l’article 55 de la loi SRU qui prévoit des sanctions financières pour les communes ne respectant pas l’obligation de construction de 20 % de logements sociaux. L’AMVBF propose, sur ce point, d’accorder des avantages fiscaux aux municipalités bâtisseuses.

Pour ambitieuse qu’elle soit, cette politique ne sera effective qu’en rapprochant quartiers difficiles et pôles de richesse économique par des programmes de formation ciblés et des dessertes efficaces, observent les élus.

Objectif : lever les obstacles administratifs et financiers à la création de petites entreprises. Cette logique de dynamisation des territoires est indissociable d’une exigence participative et du renforcement du tissu associatif, fragilisé par des « coupes budgétaires, des retraits de subventions, ou des exigences administratives absurdes ».

D’autres pistes sont avancées. L’AMVBF entend notamment faire de la lutte contre l’échec scolaire une « cause nationale », via la création de collèges et lycées d’excellence, dans les banlieues, et d’internats, dans les agglomérations. L’association est favorable au rétablissement de la police de proximité – que le Parti socialiste appelle aussi de ses voeux –, pour retisser des liens de confiance avec la population. Elle prône également le développement de systèmes alternatifs à l’incarcération et des sanctions éducatives qui s’ajoutent à l’indispensable rénovation des prisons.

Bruno Tranchant

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