Archives de l'hebdo des socialistes
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La vraie nature du projet UMP

Rupture ou fracture ? Dans une note publiée le 21 novembre, Alain Bergounioux et le secteur Études du parti livrent une critique sans concessions du programme électoral concocté par l’UMP. Derrière la formule du « libre choix », transparaît « l’hymne récurrent au mérite individuel, présenté comme la clé de toutes les réussites et la réponse à toutes les frustrations ».

L’exemple vaut, notamment, pour les retraites ou la remise en cause des 35 heures, avec la possibilité pour chacun de travailler plus. « Ainsi, le salarié et le futur retraité échapperaient à toute organisation sociale collective, à tout lien de subordination visà- vis de l’employeur pour devenir des usagers/particuliers, placés devant des choix libres et en apesanteur sociale. »

Ce qui permet aux partisans de Sarkozy de fouler aux pieds le principe d’égalité, via la remise en cause du droit de grève dans les services publics, l’altération des droits de succession… « Nous touchons là l’un des principaux ressorts de la démarche de l’UMP, constate le secrétariat national aux Études. Celle-ci nie la dégradation de la situation sociale de notre société, l’extension de la précarité, le retour à la grande pauvreté, une certaine forme de dislocation de notre société ».

Ces graves remises en cause touchent de plein fouet les salariés, à travers l’instauration d’un contrat unique, plus proche dans son principe du CNE que du CDI. Avec, pour conséquence, l’altération du principe de négociation dans les entreprises et le développement des temps partiels subis, de l’intérim et autres CDD. Dans le viseur : le pauvre En mettant l’accent sur le déclin supposé du pays, l’UMP mord clairement sur l’électorat frontiste, attisant davantage encore les peurs économiques, sociales et sécuritaires des Français pour suggérer la défiance et le repli. Dans le viseur, le pauvre, suspecté de tricher avec les revenus de solidarité et d’assistance, faute de courage et de volonté. « Ce programme ne propose pas de réelle rupture, conclut Alain Bergounioux mais la poursuite, sans équivoque, d’une politique à dominante libérale, qui aurait pour condition de mise en oeuvre une pratique autoritaire. »

Bruno Tranchant

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