Archives de l'hebdo des socialistes
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Portrait : Mamadou Mané

Du haut de son 1m86, Mamadou Mané en impose. Le président du football-club de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), un club qui compte plus de 450 adhérents, est un chef d’équipe dans l’âme. Né au Sénégal, il rejoint, avec sa mère et ses frères et soeurs, son père infirmier qui a élu domicile dans le 10e arrondissement de Paris. Nous sommes en 1974, Mamadou Mané a 5 ans.

Une maîtrise de droit privé mention droit social en poche, après une première expérience professionnelle, Mamadou Mané devient assistant juridique des négociations collectives chez FO: « Une période passionnante, en pleine mise en place des 35 heures. » Mais Mamadou Mané tient à sa liberté. Il monte alors sa « boîte », une SARL de communication visuelle. Entre-temps, il déménage dans le 93, à Livry-Gargan, une ville coquette, toute proche des quartiers chauds du département, mais qui fut épargnée par les émeutes de 2005. Quelques mois plus tard, Mamadou Mané, qui ne peut se résoudre à cette « crise des banlieues », s’engage au PS. C’est un « militant à 20 euros » qui veut voir la gauche gagner les présidentielles. Il fait campagne à sa manière, conciliant son rôle d’associatif et son engagement politique : « Au club de foot, je ne faisais pas de prosélytisme, j’engageais simplement le dialogue sur l’importance de s’inscrire sur les listes électorales.»

Le capitaine avoue que le 6 mai dernier, il s’est pris « une claque » : « Je voulais qu’on se donne les moyens de tourner la page,cette rupture promise se muait déjà en écran de fumée. » L’attitude de la secrétaire d’État à la ville, Fadela Amara, le heurte : « Son style est très simpliste, les gamins décryptent et savent lire entre les lignes. » Son plan est loin des attentes des habitants des cités : ce qu’il faut, c’est du « concret ». Mamadou Mané sait de quoi il parle. Avec son club, il parcourt, tous les week-ends, les routes de son département. Il perçoit que les enfants et les ados qu’il entraîne sont en manque de repères. « Le foot, c’est d’abord des règles et la nécessité de créer une dynamique collective pour jouer sur le terrain. Ça permet de faire sortir de la logique du chacun pour soi, c’est cela qui m’importe.»

Alors que Mamadou Mané est en train de créer une nouvelle société de partenariat entre la France et le Sénégal, la campagne municipale le rend optimiste. « Donnez la priorité au terrain, c’est le principal. Nous continuerons à nous battre pour que solidarité et justice sociale veuillent encore dire quelque chose dans nos villes.»

Ariane Vincent�

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