Archives de l'hebdo des socialistes
Archives de l'hebdo des socialistes

Spécial « municipales » Roland Ries à Strasbourg : une campagne européenne et solidaire

Redonner la parole à la population, développer les équipements de proximité tout en donnant à la capitale alsacienne les moyens de son statut européen: le programme du candidat socialiste entend insuffler à Strasbourg un dynamisme au service de tous.

«Strasbourg, en tant que capitale européenne, peut et doit être un exemple, en redonnant ses couleurs à la démocratie locale », lance Nawel Rafik- Elmrini, avocate, deuxième de la liste emmenée par le candidat socialiste à la mairie de Strasbourg, Roland Ries. Il est 21 h. Le meeting de présentation des 65 colistiers socialistes a attiré plus de 400 personnes.Un à un, ils sont appelés à monter sur scène. Pour un tiers, ils viennent de la société civile : professeur, médecin, pâtissier, militant associatif… Et toutes les générations sont représentées. La plus jeune, Pauline Vies, étudiante, a 18 ans. C’est enfin à la tête de liste de se présenter. Le sénateur alsacien est déjà bien connu des Strasbourgeois. Premier adjoint de Catherine Trautmann, de 1989 à 1997, Roland Ries l’a aussi remplacé en tant que maire, de 1997 à 2000, lorsqu’elle était ministre de la Culture et de la Communication dans le gouvernement Jospin. La députée européenne est d’ailleurs en 6e position sur sa liste. «Roland Ries est expérimenté. Il a favorisé la mobilité à Strasbourg en pilotant le projet du tram. C’est le maire du concret, du social. Le maire qui transformera Strasbourg en une ville pour chacun, une ville pour tous », s’enthousiasme, Jonathan,quelques heures plus tôt, dans le local de campagne.

Rétablir la démocratie locale

Dans son discours de lancement de campagne, Roland Ries s’emploie d’abord à dresser un bilan de l’équipe municipale sortante. « Depuis 2001, Strasbourg souffre », déplore-t-il. Sous les mandats de la maire UMP, Fabienne Keller, et du président UMP de la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS), Robert Grossmann, une gouvernance en « tandem», aucune place n’a été laissée au dialogue et à la concertation avec la population. Pour Roland Ries, le premier grand défi à relever sera de rétablir une vraie démocratie locale.

La gestion «autocratique» de la ville, selon le terme employé par Mathieu Cahn, secrétaire fédéral, a empêché la mise en oeuvre de projets pour tous. Comme le soulignait, un peu plus tôt, le candidat socialiste, dans sa permanence :«À force de ne miser que sur la construction de grands équipements, un Zénith par exemple, le tandem a oublié les quartiers. Aujourd’hui, nous manquons d’équipements de proximité, culturels, de crèches… »

Les socialistes s’engagent donc «pour une ville qui dialogue». Il s’agit notamment d’encourager et de respecter le travail réalisé par les associations ou de redonner leur place aux conseils de quartiers. Et c’est avec pédagogie qu’ils ont décidé de mener la campagne. Le programme se décline en six grands points. Démocratie locale, développement durable, équipements de proximité, rayonnement de Strasbourg en Europe, université d’excellence ou encore développement de l’offre culturelle sont autant de thèmes pour exposer les propositions socialistes aux Strasbourgeois.

Favoriser le développement durable

Il faut aussi rassurer. Car la faillite de la droite à Strasbourg est également sociale. Dans le cadre de la loi SRU, le tandem avait annoncé en grande pompe la destruction de logements vieillis. Seulement la reconstruction n’a pas suivi au même rythme. « Aujourd’hui, il y a 16 000 demandes de logements sociaux non satisfaites. Seuls 500 à 600 sont construits chaque année. Il faudrait tripler ce chiffre », s’indigne Roland Ries. Le candidat socialiste se préoccupe du bien-être des Strasbourgeois sur tous les plans. Artisan du tram dans le passé,il compte bien appuyer son action municipale sur une logique de développement durable. Alors que la ville compte des centaines de kilomètres de pistes cyclables, il voudrait aussi favoriser le covoiturage, non par opposition à la voiture, mais « pour donner une alternative à l’usage privatif de l’automobile », précise-t-il. Mardi 15 janvier, sur le marché de la Marne, Roland Ries explique aux consommateurs et aux commerçants combien il lui semble important de privilégier les fruits et légumes de saison. « À quoi bon des fraises en janvier ? On peut attendre le mois de mai et profiter des pommes de saison ! », estime souriant le sénateur.

Valoriser la réinsertion

Autre cheval de bataille : la réinsertion. Pour valoriser ce thème, c’est avec Ségolène Royal, venue le soutenir, qu’il aborde ses projets. La présidente de Poitou-Charentes le rencontre dans un restaurant coopératif qui promeut la réinsertion par l’embauche de chômeurs de longue durée. Le programme de Roland Ries est ambitieux. Mais selon lui, c’est le moins que l’on puisse attendre d’une « capitale européenne ». Toutefois, la présence d’institutions européennes majeures à Strasbourg, notamment le Parlement, est contestée par certains eurodéputés.« Il y a donc urgence à lancer une initiative qui aille au-delà de la zone de coopération transfrontalière, pour exiger la création d’un véritable district européen de part et d’autre du Rhin, avec un statut juridique, voire fiscal, particulier », écrit Roland Ries dans son tract.Pour lui,le dynamisme de Strasbourg ne réside pas dans sa seule capacité à construire des établissements grandioses, encore faut-il qu’ils aient une utilité pour tous.

Fanny Costes et Ariane Vincent

Aucun commentaire