Hausses des revenus : Des propositions du PS contre les annonces de Sarkozy
Dans le cadre d’une grande campagne nationale en faveur de l’augmentation du pouvoir d’achat, les socialistes lancent une série de propositions pour répondre à la baisse des revenus. Pour ce qui relève du Parlement, elles ont pris la forme d’une proposition de loi du groupe PS débattue le 29 novembre et rejetée par la droite.
POUVOIR D’ACHAT : LES MAUVAISES IDEES DE NICOLAS SARKOZY
Dès son retour de l’empire du Milieu, le président de la République a énoncé, le 29 novembre, ses solutions pour « redonner du carburant à la croissance» et rendre aux Français la vie moins chère. Des propositions en profonde contradiction avec nos acquis sociaux. Visiblement, la Chine n’est pas le meilleur endroit pour réfléchir aux conditions de travail et à la hausse de notre pouvoir d’achat !
Fin de la durée légale du temps de travail
Nicolas Sarkozy : « S’exonérer des 35 heures en échange d’augmentations de salaires. »
Pour appliquer cette proposition, deux scénarii sont possibles :
Soit le Président mise sur l’effet d’annonce d’une mesure qui existe déjà depuis plus de deux ans (la législation actuelle sur les heures supplémentaires) et dont l’inefficacité sur le pouvoir d’achat des Français est probante : les salariés ont rarement la possibilité de choisir leurs heures sup, et cette mesure mise uniquement sur la bonne santé économique des entreprises.
Second scénario, plus envisageable : tout simplement la fin de la durée légale du travail, ou pourquoi s’encombrer des acquis sociaux ! Le vrai slogan de cette mesure pourrait être « travailler plus pour gagner moins », le principe des heures supplémentaires passant dès lors aux oubliettes puisque celles-ci seraient rémunérées de la même manière que celles accomplies pendant la durée légale du travail. Heureusement, l’Union européenne fixe une durée légale à… 48 heures par semaine !
Monétisation des RTT
Nicolas Sarkozy : « Tous les salariés qui se mettent d’accord avec le chef d’entreprise pourront transformer les jours de RTT en argent. »
Cette proposition se voulait novatrice, elle n’est qu’un leurre. Et pour cause : deux lois, depuis 2002, permettent une monétisation du compte épargne temps (CET). La dernière étape de la mise en place de cet aménagement a eu lieu, il y a 22 mois, sous le gouvernement Raffarin. L’annonce de Nicolas Sarkozy est non seulement une redite d’une loi existante, mais elle connaît ses limites puisque très peu de salariés ont jusqu’à présent monétisé leur CET.
Travail dominical
Nicolas Sarkozy : « Que ceux qui veulent travailler le dimanche puissent le faire sur la base d’un accord de volontariat. »
Nouvel épisode de la fiction du libre choix du salarié : « offrir » la possibilité de travailler le dimanche. L’accord employeur/salarié ressemble plus au combat de David contre Goliath, mais sans la victoire de David… De plus, à l’heure où le Président s’insurge contre les « orphelins de 16 heures », cette proposition semble sérieusement compromettre la qualité de vie, déjà assez ébranlée, des familles et des autres. Enfin, cette mesure, qui fait la part belle aux grandes surfaces, pourrait mettre à mal le petit commerce, qui n’a pas les ressources nécessaires pour garantir le roulement de ses salariés.
FACE A LA BAISSE DES REVENUS, LES PROPOSITIONS DES SOCIALISTES
Dans le cadre d’une grande campagne nationale en faveur de l’augmentation du pouvoir d’achat, les socialistes lancent une série de propositions pour répondre à la baisse des revenus. Pour ce qui relève du Parlement, elles ont pris la forme d’une proposition de loi du groupe PS débattue le 29 novembre et rejetée par la droite.
Augmenter les salaires
Outre la nécessaire revalorisation du Smic, c’est l’ensemble des salaires qui doit augmenter. La droite a supprimé l’obligation d’embaucher ou d’augmenter les salaires pour bénéficier de baisses de cotisations. Le Parti socialiste souhaite son rétablissement et la tenue d’une conférence entre l’État et les partenaires sociaux sur les salaires pour en fixer les modalités. L’incitation permettrait de relancer une dynamique contractuelle favorable aux salaires.
Lancer un plan de rattrapage des traitements dans la fonction publique
Longtemps, le secteur privé et la fonction publique ont eu des évolutions salariales assez voisines. Pourtant, selon l’Insee, le pouvoir d’achat des fonctionnaires a baissé depuis 2002. La rémunération nette des agents de l’État a même diminué en termes réels de – 0,1 % en moyenne annuelle entre 2000 et 2005. C’est pourquoi le PS propose un plan de rattrapage des salaires dans la fonction publique.
Revaloriser immédiatement les petites retraites
Aujourd’hui, plus d’un million de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté. La situation risque même de s’aggraver, puisque les réformes de 1993 et 2003 ont pour conséquence une perte de pouvoir d’achat des retraites de 30 % pour les salariés du privé. C’est pourquoi le PS propose une augmentation immédiate de 5 % des petites retraites.
Majorer la prime pour l’emploi (PPE) de 50 % dès 2007
Ce complément de revenu est perçu par neuf millions de salariés modestes. Cette majoration, reconduite l’année prochaine, représenterait l’équivalent d’un treizième mois. Le barème de la PPE serait indexé sur l’inflation. Le coût budgétaire, six fois inférieur au paquet fiscal, serait financé par son abrogation.
Instaurer un malus sur les entreprises qui abusent du travail à temps partiel et des emplois précaires
Le temps partiel imposé et les contrats précaires sont, pour une très large part, responsables de la pauvreté au travail. Cette disposition vise à majorer de 10 % les cotisations des entreprises de plus de vingt salariés qui abusent du temps partiel subi ou des emplois précaires.