Malik Salemkour : « Pour un mieux-vivre ensemble »
Auditionné par le groupe de travail sur le socialisme et la nation, Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des droits de l’homme, restitue les grandes lignes de son intervention.
« Au moment où l’on s’interroge sur la diversité, sur les discriminations, sur l’avenir du vivre ensemble, il me semble bon que le Parti socialiste réfléchisse à la question de la nation.
Le discours politique ne semble pas être aujourd’hui en capacité de créer une dynamique ; il crée des réponses catégorielles ou, par les orientations du gouvernement, le sentiment que seuls les plus méritants pourront réussir. Je crois que la gauche aura à gagner en comprenant comment reconstruire une dynamique de groupe.
La diversité au Parti socialiste est riche. Je remarque aussi que les femmes sont très nombreuses à participer à cette réflexion, au sein même du processus de rénovation. Je voudrais espérer que le prochain congrès, et ensuite les élus qui porteront ses valeurs, seront capables de faire prospérer une voix collective, une voix unique, portant un sens commun. Pour l’instant, je constate qu’il y a une volonté d’aboutir collectivement, je voudrais être sûr qu’elle sera portée dans la même dynamique collective à la fin.
Si je n’avais qu’une et unique proposition à émettre aujourd’hui devant le Parti socialiste, ce serait d’arrêter le tout sécuritaire et d’essayer de reprendre la question à la source du problème. Aujourd’hui, les gens ont besoin d’être entendus. La demande de sécurité n’existe qu’à cause d’un sentiment d’abandon. Dès lors que l’on remettra en place des processus de médiation, dès lors que l’on recréera un lien,un contact, dès lors que l’on laissera plus de place aux politiques qui cherchent à apporter des réponses dans la paix sociale, on gagnera véritablement un mieux-vivre ensemble. »
Propos recueillis par Ariane Vincent