Archives de l'hebdo des socialistes
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Portrait : Guillaume Robert – « Décodeur de budget »

Guillaume RobertDans son nouveau bureau de l’Assemblée, il est encore dans les cartons. Et sa table déjà recouverte de dossiers. « Pour travailler sur le budget 2008, c’était un peu un exercice d’équilibriste », reconnaît Guillaume Robert, le collaborateur du groupe socialiste chargé des finances publiques. Car, depuis le 1er octobre, il a quitté l’étage du groupe pour rejoindre, comme conseiller, les bureaux de Didier Migaud, le président PS de la commission des Finances.

Double casquette – provisoire – pour ce trentenaire en cette période automnale chargée, entre projet de loi de finances pour 2008 (PLF), loi rectificative sur le budget en cours et commission d’enquête sur EADS. Son rôle ? Armer les députés socialistes face à la droite sur les questions budgétaires.

À sa sortie de Sciences Po Paris, ce militant du MJS et de l’Unef rejoint l’équipe des collaborateurs socialistes. À 26 ans tout juste : « Dans tes études, personne ne t’apprend à lire vraiment un budget. J’avais de bonnes connaissances en finances publiques mais savoir lire un tableau entre les lignes, repérer ce qui n’est pas dit clairement, exprès, par Bercy, c’est autre chose. »

Car la tâche de Guillaume Robert revient à un passage au peigne fin du PLF. De cette expertise bâtie avec l’aide de son supérieur, Olivier Malaret, sortent des argumentaires politiques pour contrer la droite, « avec les mots les plus simples possibles », des notes techniques destinées aux députés qui discutent en séance, pied à pied, chaque article et enfin des propositions d’amendements.

Un vrai travail de fourmi, dont Guillaume ne se lasse pas. « Les chiffres, les tableaux, la fiscalité… bizarrement, j’aime ça ! Je connais plus engageant, certes, mais je suis persuadé que c’est le coeur de la machine. » Il conçoit que « le débat budgétaire fascine peu de gens. Pourtant, cela a un sens politique énorme. C’est notre travail de faire ressortir les enjeux aux yeux des députés ». Aussitôt, il précise : « Mais les choix sont faits in fine par les parlementaires. En tant que collaborateur, je suis vraiment à leur service. »

Un plaisir qu’il ne boude pas : assister aux séances publiques. « Il faut être réactif. Tu peux faire passer des notes pour aider ton député à répondre. C’est le moyen d’exprimer ce que tu crois. Batailler ainsi contre la droite, c’est quand même génial ! » Et ce qu’il goûte le plus : le K.-O. « Quand tu aides un député à soulever une question qui laisse la droite sans réponse, là, tu as gagné ! »

Mona Buckmaster

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