Le gouvernement cherche à étrangler les régions
Jean-Paul Planchou, président du groupe PS et apparentés au conseil régional d’Île-de-France, évoque la deuxième édition des Transrégionales qui se tiendra dans l’enceinte du conseil régional, les 18 et 19 octobre prochains. L’objectif : un débat prospectif, à l’heure où la droite s’apprête à mobiliser ses forces pour reprendre les régions perdues en 2004.
À l’heure où les régions ont vu s’accroître leur rôle et s’affirmer leurs compétences,quel est l’enjeu des Transrégionales, ouvertes aux conseillers régionaux socialistes et apparentés ?
La région est la collectivité publique en émergence. Son rôle stratégique s’affirme au travers des compétences que la loi lui reconnaît désormais, mais aussi de celles qu’elle a dû assumer au fil des demandes pressantes qui lui sont adressées. Ces Transrégionales – les deuxièmes du nom – offriront l’opportunité, à mi-mandat, d’échanger et de faire le point sur les conditions de cette montée en puissance, sur les diverses initiatives politiques souvent originales qui ont été prises et développées ici et là, mais aussi sur les contraintes financières qui pèsent considérablement sur nos épaules. C’est une rencontre d’une très grande actualité dans les circonstances politiques de cet automne 2007.
Les projets fiscaux de Nicolas Sarkozy, sa volonté de s’assurer de la maîtrise de tous les comptes publics, y compris ceux des collectivités locales, ne risquent-ils pas de réduire plus encore la capacité d’agir des régions ?
La loi de décentralisation d’août 2004 a procédé à des transferts de compétence qui, contrairement aux déclarations du gouvernement de l’époque, n’ont pas été compensés financièrement. Le fameux engagement du gouvernement Raffarin d’assurer une compensation « à l’euro près», non seulement se fondait sur des évaluations de coûts établies en 2002 mais, au surplus, ne tenait nullement compte des besoins réels à satisfaire afin que ces politiques soient à la hauteur de l’enjeu. En résumé, ces transferts ont été pour l’État un moyen de procéder à de substantiels transferts de charges aux dépens des régions et des collectivités locales en général. Une réforme ambitieuse et équilibrée de la fiscalité locale s’avère plus que jamais indispensable. Or le pouvoir actuel n’en dit mot. Et, non content d’avoir transféré des charges,on peut craindre qu’il ne cherche àétrangler les régions sur le plan des ressources,d’ici à 2010,dans un but purement politicien.
La région doit-elle, comme parfois on l’y invite, réduire son ambition en se recentrant sur ses fondamentaux, ou poursuivre son combat pour s’affirmer comme une collectivité de plein exercice ?
Je crois sincèrement que la région est irrépressiblement appelée à devenir une collectivité de plein exercice, à tout le moins en termes de politiques stratégiques d’aménagement, d’organisation et de dynamisation du territoire. Mais, dans un contexte de contraintes financières accrues, il paraît nécessaire, en effet, de concentrer nos financements sur les actions qui répondent aux attentes et aux besoins de la population et qui ressortissent aux compétences régionales, reconnues et avérées.
Propos recueillis par Bruno Tranchant