Un plan de rigueur contre le pouvoir d’achat

Au cours de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a tout promis et à tout le monde : hausse des salaires,baisse des cotisations et des prélèvements, stabilité des prix, revalorisation des pensions… le tout fondé sur une croissance en hausse, des déficits en baisse et un commerce extérieur restauré.

100 jours plus tard,où en est-on ? La croissance française est inférieure de moitié à celle annoncée (1,8 % contre 2,5 %), du fait de la détérioration du commerce extérieur (15 milliards d’euros en six mois), de la faiblesse de l’investissement et des créations d’emplois (nuls au second trimestre). En conséquence, les comptes publics se dégradent (+34milliards d’euros de dettes) et le pouvoir d’achat patine. Alors que les prix du transport, du logement et des produits de première nécessité dérapent (baguette,produits laitiers…) Nicolas Sarkozy a choisi de discourir au lieu d’agir.

Alors que les salaires des fonctionnaires devaient êtres revalorisés, la ministre de l’Économie annonce un plan de rigueur. Alors que les salaires du privé devaient être accrus grâce à la négociation, le gouvernement se limite aux incantations. Le recul du pouvoir d’achat n’est pas une fatalité. Il est la résultante d’une inaction coupable, celle de Nicolas Sarkozy et de sa majorité, qui ont préféré voter des lois inutiles et dépenser 15 milliards d’euros pour abaisser massivementl’imposition de quelques ménages fortunés et favoriser la rente, au détriment de l’activité et de la justice fiscale. Cette irresponsabilité fautive aura un coût, et le gouvernement dessine déjà les contours des de la facture qu’il va présenter :franchises médicales, TVA, CRDS, pseudo-financement du plan alzheimer,« impôt minimum ».

Mais nous devons aller au-delà de la dénonciation et devons dire ce que nous proposons :agir sur la formation des prix et des loyers, modifier le rapport entre producteurs et distributeurs, voter un bouclier logement,  augmenter l’allocation de rentrée scolaire, soutenir l’investissement des PME, réduire les déficits et préparer l’avenir en donnant la priorité à la formation, la recherche, l’environnement et le logement.

Michel Sapin,
secrétaire national du PS à l’économie et à la fiscalité.

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