Une société mondiale durable ?
La situation au Moyen-Orient a été au coeur des débats du conseil de l’Internationale socialiste, qui s’est tenu à Genève, les 29 et 30 juin 2007, en présence de nombreux représentants de cette zone de conflits.
Le conseil de l’Internationale socialiste se réunit environ deux fois par an,et est l’instance entre les congrès. La présente réunion, sous le thème général «oeuvrer pour la paix et la stabilité mondiale dans un monde de conflits sans frontières», s’est déroulée dans un contexte de graves tensions partout dans le monde, en particulier au Moyen-Orient.
Si l’on peut regretter l’absence des principaux leaders européens, le Sud était présent au plus haut niveau.La situation au Moyen-Orient a été au coeur des débats.Les interventions du président irakien Jalal Talabani et du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont été chaleureusement saluées. Colette Avital, membre de la Knesset, représentait le Parti travailliste israélien. Alors que la menace d’une intervention de l’armée turque dans le nord de l’Irak inquiète,Massoud Barzani, le président du Kurdistan irakien, et plusieurs leaders des partis irakiens, étaient présents au conseil.
Les principaux orateurs et leaders de la région, Jalal Talabani, Mahmoud Abbas, Colette Avital, Walid Joumblatt (PSP, Liban), Deniz Baykal (CHP, Turquie) ont abondé dans la dénonciation du terrorisme, sans être cependant d’accord sur sa définition, sa nature et les moyens de lutter contre ce fléau. Le conseil a par ailleurs lancé une « commission pour une société mondiale durable ». Ricardo Lagos, ancien président du Chili et chargé par le secrétaire général de l’ONU d’une mission sur le changement climatique, et Göran Persson, ancien Premier ministre suédois, en sont les responsables, avec le concours de Kemal Dervis, administrateur du programme des Nations unies pour le développement (PNUD). En marg du conseil, une réunion a été organisée sous l’égide du Parti socialiste européen (PSE) avec les partis du Maghreb et les PS français et belge. Il s’agit de relancer le dialogue euroméditerranéen entre forces socialistes et progressistes. Le Pasok grec et le PS français ont aussi suscité une rencontre avec les divers partis irakiens présents pour avancer communément sur l’analyse de la situation et esquisser une sortie de crise.
Enfin, le comité d’éthique de l’IS, présidé par Pierre Moscovici, chargé de faire respecter les valeurs de l’IS par les partis membres, a décidé la suspension de deux partis sud-américains et l’envoi d’une délégation dans trois pays méditerranéens.
Karim Pakzad