Commission des Finances : « Être constructif sans renier ses convictions »

S’inspirant du pacte présidentiel de Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy a fait attribuer la présidence de la commission des Finances à un député de l’opposition. C’est à Didier Migaud, député socialiste de l’Isère, que revient ce mandat pour la législature.


Pour la première fois, un député de l’opposition présidera la plus prestigieuse des commissions de l’Assemblée nationale. « C’est une responsabilité délicate, parce que c’est une innovation, et parce que je suis président et en même temps dans l’opposition », explique Didier Migaud. Le poids de cette commission est loin d’être négligeable, particulièrement lors du vote du projet de loi de finances et pour le contrôle du bon usage de l’argent public dans les administrations et entreprises publiques.
À la lueur de la tâche qui lui est confiée, Didier Migaud n’entend pas se laisser déstabiliser par la toute puissance de la majorité UMP : « J’affirmerai mes convictions chaque fois que cela sera nécessaire. J’aurai bien sûr à travailler dans un esprit constructif et républicain mais sans renier les convictions qui sont les miennes. » Mais cette situation inédite pour la France n’inquiète pas outre mesure le député de l’Isère : « Dans beaucoup d’autres pays, des membres de l’opposition exercent des responsabilités délibératives et de présidence de commission et cela se passe très bien. »

Le début de sa mandature ne va pas être de tout repos. « Il convient d’installer dès les premiers jours cette fonction de contrôle de la commission, en particulier sur les premiers textes fiscaux qui seront débattus dans les semaines à venir. » Sur ce sujet, Didier Migaud ne transige pas : « Les premières propositions qui nous sont formulées nous préoccupent, les inégalités vont être aggravées. Ces mesures fiscales sont très coûteuses et ne s’adressent qu’à une petite partie de nos concitoyens. Elles vont gravement accentuer la dégradation de nos comptes publics. J’ai, bien entendu, l’intention d’attirer l’attention sur ce sujet. »

Autre chantier imminent, la réforme du vote du projet de loi de finance. « J’aimerais revoir les modalités d’examen du vote du budget. La façon dont le débat s’est déroulé ces dernières années est de plus en plus inadaptée. Il faut faire en sorte que le vote de ce budget se produise dans des conditions de transparence et de débat plus constructives que par le passé. C’est un chantier auquel je vais m’atteler dès maintenant avec le rapporteur général et les autres présidents de commission. »
Damien Ranger