Archives de l'hebdo des socialistes
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Le fier bilan du président d’Homosexualités et socialisme

Le 23 juin, Alexandre Carelle a quitté ses fonctions de président de HES, Homosexualités et socialisme, une semaine avant que ne défile à Paris la marche des fiertés gaie et lesbienne. Quand on lui demande ce qu’il ressent, il répond : « c’est la fin d’une partie de ma vie dont je suis très fier. » Alexandre va avoir 30 ans et passe la main après cinq ans d’activisme dans une association fondée en 1983 et qui a, en quelque sorte, grandi avec lui.


Nous sommes loin de l’étudiant à Sciences Po Lyon,qui adhéra au PS puis devint président de la fédération des étudiants lyonnais. Aujourd’hui, Alexandre travaille pour le mécénat d’une grande banque française. Il parle de ses combats avec la plus grande maturité : « Je rêve que nous, associations pour la défense de l’égalité des droits, on n’ait plus besoin d’exister. » Il faut dire que les batailles qu’Alexandre a menées tiennent plus d’une nécessaire évolution de la société que de fantasmes irréalisables. En tête de liste, le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe, mais aussi et tout simplement l’égalité stricte des droits.

Lors de son adhésion à l’association, en 2001, rien n’était encore joué au PS. Le gouvernement Jospin, en créant le pacs, avait ouvert la porte à une véritable égalité entre homos et hétéros, mais il restait beaucoup faire. Élu à la tête de HES, Alexandre Carelle s’impose un calendrier : trois ans pour réfléchir, deux ans pour convaincre… Objectif atteint. Pour preuve, l’introduction du mariage et de l’adoption dans le projet socialist puis dans le pacte présidentiel de Ségolène Royal.

La vocation de HES, c’est aussi de conseiller ceux qui ne se sentent pas acceptés ou qui rencontrent des difficultés administratives du fait de leur orientation sexuelle.Pour Alexandre,c’est un rôle majeur que de savoir aider ceux qui vivent des phases difficiles :« Si tu n’es pas serein,tu ne peux pas être à l’écoute. Je sais pour qui et pour quoi je me bats : mes droits se retrouvent dans le combat collectif. » Aujourd’hui, Alexandre tourne la page, pour se consacrer à la défense du financement du spectacle vivant.

À son regard, il est facile de voir qu’il est déjà dans ce nouveau combat.Il insiste pourtant :« Je sais la chance que j’ai eu de pouvoir rencontrer un milieu ouvert à nos propositions, une organisation politique qui soit profondément pour l’égalité des droits. »

Ariane Vincent

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