De l’avenir de notre démocratie
Nous arrivons au terme de la campagne du 1er tour des élections législatives. Je veux saluer l’ensemble des 577 candidats du Parti socialiste, ou soutenus par lui, qui sont
allés à la rencontre des Français pour les convaincre de l’enjeu et les appeler à voter.
Car, le premier défi, c’est celui de la participation électorale. Depuis le 6 mai, tout est fait à droite pour décourager le vote et déstabiliser la gauche. Et pourtant, avec les élections législatives, il s’agit de décider de la politique de la France pour les cinq prochaines années.
Il s’agit aussi de sanctionner une majorité sortante qui a échoué : croissance la plus faible, chômage qui ne baisse que dans les statistiques, pouvoir d’achat en berne, comptes sociaux dégradés, dette publique record, montée de l’insécurité. Nous sommes devant un choix de société : la majorité UMP propose un État minimal dont la seule ambition est de laisser chacun face à son destin. Ainsi doivent se lire le recours aux heures supplémentaires pour travailler plus,la fin de la carte scolaire, l’instauration des franchises santé, la privatisation des services publics, la suppression de l’impôt sur les successions. À chacun selon sa fortune !
Face à ce projet, nous opposons une conception de la société où chacun peut avoir la chance de réussir sa vie, mais pas au détriment de celle de son voisin, où la prospérité se fait avec le travail de tous, où la solidarité n’est pas une charge,mais un investissement,où l’éducation est plus qu’un droit individuel, un devoir collectif.
La présidentialisation du régime qu’engage Nicolas Sarkozy nous place devant un autre défi qu’il nous faut relever : l’équilibre des institutions, le pluralisme et la juste représentation des sensibilités politiques au sein de l’Assemblée nationale. La droite veut tout décider, tout contrôler, tout dominer. Nicolas Sarkozy veut, pendant cinq ans, avoir les mains libres pour poursuivre et aggraver la politique menée depuis 2002.La gauche doit être la plus forte possible,non pour elle-même, mais pour protéger les Français et défendre une conception de la République fondée sur l’impartialité de l’État la laïcité et l’équilibre des pouvoirs.
Le vote du 10 juin décidera de l’avenir même de notre démocratie.
François Hollande
Premier Secrétaire du PS