Statu quo en Espagne après les élections locales
Les élections municipales du 27 mai se sont soldées par une avance de 0,7 % pour la droite. Ce résultat,loin de marquer une défiance de la population pour les réformes entreprises par la gauche,permet à celle-ci de rester optimiste et mobilisée dans la perspective des élections législatives de mars 2008.
Le Parti populaire (PP,droite), et son leader Mariano Rajoy, ont immédiatement crié victoire à l’annonce des résultats des élections municipales et régionales du 27 mai. Pourtant avec 35,67% des voix, contre 34,95% pour les socialistes du PSOE, et une avance de 160 000 suffrages sur 22 millions de votants, le PP ne devance son grand rival de gauche que de 0,7 points. Et les socialistes n’ont perdu que deux capitales de province contre une dizaine pour le PP. L’opposition frontale et virulente de la droite depuis plusieurs semaines, notamment sur la question basque, n’aura donc pas eu raison du gouvernement du Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero.
Tout juste s’agit-il d’un léger rééquilibrage, après la lourde défaite de la droite aux élections législatives de 2004, qui avait permis l’arrivée au pouvoir de Zapatero.
Une réserve de voix importante
L’abstention de plus de 36% des électeurs n’a pas joué en faveur du PSOE. Toutefois, dans la perspective des élections législatives de mars 2008, il dispose d’une réserve de voix importante. Les socialistes peuvent notamment compter sur la coalition d’extrême gauche Izquierda Unida (Gauche unie) qui recueille plus de 5 % des voix. Le PSOE peut également se prévaloir du soutien de plusieurs partis régionaux, tandis que le Parti populaire reste très isolé.D’ailleurs,au terme de ces élections, les socialistes conservent les cinq régions autonomes qu’ils détenaient, devraient conquérir les Canaries et mettre en difficulté le PP en Navarre, qui y a perdu sa majorité absolue.
Avec une campagne très agressive, on peut estimer que la droite a fait le plein de ses voix. Les élections législatives de l’année
prochaine devraient cependant donner lieu à un scrutin très serré. Mais les actions du Premier ministre espagnol en faveur de la modernisation du pays restent appréciées. Il a entrepris des réformes sociétales majeures: parité, lutte contre les violences faites aux femmes, mariage homosexuel… Dans le domaine de l’immigration, alors que son prédécesseur, José Maria Aznar, avait laissé entrer deux millions de clandestins, sans aucun contrôle, Zapatero a engagé une régularisation importante qui a permis à 800000 immigrés d’avoir une existence légale sur le marché du travail.Les libéraux utilisaient les filières clandestines pourfaire baisser les salaires.
À ce dumping, Zapatero a opposé le droit social. Autant d’avancées que la droite espagnole a du mal à contrer.Elle privilégie donc une opposition systématique sans réussir pour autant à remettre en cause le bon bilan économique, social et international de la
gauche espagnole.
Fanny Costes