Sans-papiers : un traitement en plus arbitraire

25 000 reconduites à la frontière en 2006. Plus que jamais, les immigrés sans papiers vivent la peur au ventre. RESF continue de se mobiliser, parents et élus dans son sillage.
Reportage devant l’école maternelle Parmentier, dans le XIe arrondissement de Paris, vendredi 25 mai.

Amer constat : « Un bon dossier ne sert à rien, seule une bonne mobilisation permet de faire avancer les choses. » Cette exclamation de Brigitte Wieser, du Réseau éducation sans frontière de Paris (RESF), témoigne de toute l’inhumanité des procédures du gouvernement en matière d’immigration. « Sur les 23 dossiers de l’école Parmentier, 12familles ont été régularisées,
les autres sont en attente. »

Parmi ces dossiers au devenir incertain, Meï Zhu et Long Pan,un couple arrivé de Chine en 1999. Le 22 mai, ils sont arrêtés dans un atelier de La Courneuve où ils travaillent. Direction le centre de rétention d’Oissel, près de Rouen,avec en prime un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Leurs enfants, Nathalie (7ans), Aristide (4 ans) et Karine (3ans), tous nés en France, sont immédiatement «mis à l’abri » au sein d’une famille d’accueil de l’école qu’ils fréquentent. Car une famille n’est expulsable que si elle est au complet.

Vendredi 25 mai, 8 heures. Devant l’école où les enfants sont scolarisés, au 111, avenue Parmentier, à Paris, une cinquantaine de parents et d’enfants manifestent contre l’arrestation des Pan, banderoles en main. Le résultat ne se fait pas attendre.À 11 heures,au tribunal de grande instance de Rouen, les Pan sont relâchés.

«Dès que la mobilisation est forte, dès que les médias s’en mêlent, il peut se passer quelque chose »,s’insurgent Anne et son ami, parents de June, 4ans et de Tom, 5 mois. Mais pour autant, personne ne s’y retrouve. « Tantôt ce sont des dossiers sans espoir qui sont acceptés. Tantôt ce sont des dossiers qualifiés de sûrs qui ne passent pas », explique Nicolas, père de deux enfants.

Tous redoutent les grandes vacances, période durant laquelle la mobilisation risque de retomber, où les expulsions seront moins visibles, et où Nicolas Sarkozy aura toute latitude pour agir,s’il envisage de durcir encore sa politique de l’immigration.

Olympia Nemet

Une réponse à “Sans-papiers : un traitement en plus arbitraire”

  1. pollet dit :

    Tout responsable politique qui a vocation à gouverner un jour, sait qu’il n’est ni possible ni souhaitable de régulariser tous les clandestins et qu’il faut gérer cela au cas par cas et que par conséquent certains peuvent rester d’autres doivent repartir.
    Il serait judicieux de ne plus contester une réalité comprise par l’immense majorité des français qui aiment en SARKOZY, son parler vrai dans ce domaine précis. Bien sûr, il faut être extrêmement vigileant quant à la manière dont ces gens sont reconduits aux frontières (respect de la dignité humaine) et la politique d’immigration en aval que devrait-être le co-développement, seule solution efficace à moyen et long terme pour stopper une immigration qui devient inquiétante.