Sarkozy et les médias
Didier Mathus, député de Saône-et-Loire et spécialiste des médias, revient sur la campagne présidentielle et s’inquiète de la connivence du président de la République avec le monde de l’information.
Au-delà de l’égalité formelle des temps de paroles entre les candidats,les médias n’ont-ils pas été exagérément favorables à Nicolas Sarkozy ?
C’est en effet inédit. On a vu s’afficher sans pudeur la connivence qui s’est instaurée entre Nicolas Sarkozy et les médias. Un exemple flagrant : l’analyse du débat présidentiel d’entredeux tours par les commentateurs politiques. Appuyée par des sondages douteux et dotée d’une force de persuasion évidente, la cellule communication de Sarkozy a réussi à imposer
Le nouveau président ne cache pas sa volonté de mise en scène médiatique du pouvoir…
Il y a effectivement un vrai travail pour mettre en scène sa fonction. Cela ne serait pas gênant si les médias ne prenaient pas pour argent comptant cet «habillage». Déjà, durant la campagne, les médias ont accepté de ne réaliser aucune image des évènements organisés par l’UMP. Celles qui tournaient en boucle sur les chaînes de télévision étaient fournies directement par le staff de communication. Jamais une chaîne n’en a fait mention ! Il y a là une faillite du système d’information français. Depuis, Laurent Solly, le directeur adjoint de la campagne de Sarkozy, a été nommé à la direction générale de TF1, les services communication de l’Élysée et de Matignon recrutent des journalistes reconnus (Catherine Pégard du Point,Myriam Lévy du Figaro,Georges-Marc Benamou) et ainsi de suite… Le système est bien en place. C’est une situation à l’italienne, Berlusconi n’aurait pas fait mieux.
Comment imaginer le débatmédiatique dans les cinq prochaines années, avec cette connivence de plus en plus affichée ?
Il va falloir porter haut les valeurs d’indépendance de la presse et des médias,ça sera un des éléments principaux de la reconquête de l’opinion. Que devrons-nous inventer, quels combats devront nous mener pour redonner aux médias le goût de l’indépendance et de la liberté,que François Mitterrand avait garanties lors de son élection en 1981 ? Voilà les questions auxquelles nous devrons trouver réponses dans les mois et années à venir.
Propos recueillis par Damien Ranger
Il me semble que cette situation était perceptible depuis le début de la campagne et vous êtes tous restes sans voix; même lorsque Bayrou fustigait le presse, vous ne le souteniez pas.
Alors j’espère que maintenant vous saurez tirez les enseignements et arrêterez de pleurnicher après les événements comme si au moment où ils se produisent vous souffrez de céssité.
Par ailleurs, apprenez à faire la différence entre l’essentiel et l’accessoire ce qui est également un gros handicape pour le PS
il est quand même regrettable qu’un grand pays comme la F rance ait doté d’un president dictateur qui veut tout confisquer comme au temps jadis des dictateurs africains qui torpillent les MEDIAS sans scrupul.
la France a perdu ses valeurs republicaines , elle n’est plus la vraie France de la fraternité , de l’égalité et enfin de la liberté , surtout lorsqu’on est etranger on a plus confiance en soi .(arrestation arbirtraire , l’integration dont fait du bruit n’est pas prise en compte quelque soit ta durée sur le territoire c’est malheureux…)
de ce point de vue ne laissons pas trop de l’espace à cette droite anti-sociale qui bafoue tous les droits humains , pour cela le 10 et le 17 juin il faut voter pour un contre pouvoir pour créer un equilibre à l’assemblée.
Tout à fait d’accord avec Guy, au lieu de « taper » sur Ségolène,les »éléphants et les autres auraient mieux fait de s’en prendre à Sarkozy; les électeurs ne sont pas prêts à leur pardonner. même aujourd’hui on ne vous entend pas beaucoup sur le sujet pourtant, j’ai l’impression , qu’après avoir asphyxié Bayrou (comme il l’avait annoncé à son entourage, cf Le Canard d’il ya 2 semaines), il cherche à en faire autant pour le PS.
Comme l’a dit l’intervenant Guy, la collusion entre Mr Sarkozy et les médias existait bien avant la présidentielle et nous avons eu tort de ne pas soutenir Mr Bayrou quand il l’a dénoncée.
Ceci étant dit, la berlusconisation des médias ou devrais-je dire la « sarkozysation » ne fait pas que nous sommes face à un dictateur, il faut garder le sens de la mesure, nos libertés publiques ne sont menacées que par la connivence du pouvoir de l’argent et non pas du fait de Sarkozy lui même. Personne n’a forcé les traîtres, ni les « lêcheurs de bottes »à rejoindre Sarkozy.
Dénoncer un « forme de dictature » et se contenter de critiquer un homme est stérile et vain, examinons les raisons de notre échec et cherchons à construire une nouvelle alternative politique.