Le mai 68 de Nicolas Sarkozy
Par Henri Weber
La caricature que Nicolas Sarkozy fait de Mai 68 n’est pas seulement grotesque. Elle est d’abord et avant tout inquiétante pour ce qu’elle révèle du personnage. Le candidat de droite à l’Elysée présente Mai 68 comme un mouvement purement nihiliste, destructeur de toutes les valeurs et institutions. Il lui impute la responsabilité de tous les maux qui assaillent notre société, jusqu’à la pratique des stock-options, des parachutes en or et des retraites-chapeau importée, il y a dix ans, d’Outre-Atlantique. Il faut une bonne dose de cynisme et de mépris de son auditoire pour imputer à Mai 68 la responsabilité des abus les plus scandaleux du capitalisme financier d’aujourd’hui.
Mai 68 c’est loin. Convoquer des évènements vieux de 40 ans pour expliquer nos difficultés d’aujourd’hui, c’est comme si l’on attribuait à l’affaire Dreyfus la responsabilité de notre défaite devant l’Allemagne en 1940 !
Quelques faits majeurs sont survenus, après 1968, qui ont produit leurs propres effets. La fin des Trente Glorieuses, par exemple en 1975; la montée du chômage et du travail précaire; la massification des lycées et des Universités avec la seconde révolution scolaire (1990); l’apparition des ghettos et des “quartiers sensibles”…
Ces tendances lourdes éclairent les évolutions survenues au cours des quarante dernières années, bien davantage que ne le fait la Révolution de Mai.
Mai 68 n’a rien à voir avec la caricature haineuse qu’en fait Sarkozy. Ce fut un grand mouvement dirigé contre toutes les formes autoritaires d’exercice du pouvoir: dans la famille, le couple, à l’université, dans l’entreprise, dans la cité. Non pas pour détruire toute autorité, toute règle, toute hiérarchie, comme le prétend, sans rire, Nicolas Sarkozy, mais pour promouvoir un pouvoir fondé sur le consentement, la concertation, la compétence reconnue.
Ce fut aussi un grand mouvement égalitaire, contestant toutes les formes injustes de discrimination : entre les classes, les races, les genres, les préférences sexuelles…. Non pour nier toute inégalité entre individus mais pour ne reconnaître comme légitimes que les inégalités liées au talent, au travail, au mérite.
Ce fut un mouvement hédoniste, mobilisé pour la libéralisation des mœurs, contre le puritanisme répressif d’une société encore profondément marquée par la morale traditionnelle. Non pour abolir toutes règles, toute norme, tout interdit comme l’affirme encore Sarkozy : l’agression et le viol n’étaient pas tolérés en 1968 ! Mais pour substituer à l’ordre moral en vigueur la liberté des rapports entre adultes consentants.
Mai 68 fut un mouvement idéaliste et romantique. Il récusait l’idéal de la société de consommation en plein essor -produire toujours plus et toujours plus vite des marchandises de moins en moins utiles. Il rejetait l’existence terne dont cet idéal était porteur : “métro-boulot-télé-dodo”. Au sommet de sa hiérarchie des valeurs, il plaçait l’accomplissement de soi, dans le faire et non pas dans l’avoir.
Mai 68 fut aussi individualiste, dans le sens où il voulait émanciper l’individu de la tradition et des grandes machines de pouvoir existantes. Mais son individualisme n’était pas égoïste, il était indissociable d’une nouvelle organisation de la société. Les enfants de Mai 68 voulaient substituer un ordre meilleur à l’ordre injuste des choses, ils ne se repliaient pas sous leurs tentes.
Comme tout authentique mouvement de masse, le mouvement de Mai 68 fut hétérogène, bigarré et, dans certaines de ses composantes, passablement délirant. Il s’est exprimé dans un langage marxiste, courant à l’époque, qui lui donne aujourd’hui une touche d’étrangeté. On peut chercher à le stigmatiser en le réduisant à ses composantes les plus farfelues. Mais son courant principal ne fait pas de doute : Mai 68 est un grand courant de démocratisation, de libéralisation et de modernisation de la société. C’est pourquoi, malgré les campagnes de discrédit récurrentes de la droite, son rayonnement reste si fort.
Après sa défaite politique en juin 1968, ce mouvement va produire encore longtemps ses effets, dans le champ social, culturel et sociétal. Ses militants vont donner naissance à tout un ensemble d’associations activistes -Mouvement de libération des femmes (MLF), Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (FHAR), Comité d’Action pour les Prisonniers (CAP), mouvement écologistes, régionalistes, comités de locataires, de soldats, de consommateurs, d’usagers des transports en commun, etc.- qui transformèrent en profondeur la société française.
Le bilan de Mai 68, c’est d’abord une série de conquêtes politiques et juridiques émancipatrices : liberté de la contraception et de l’avortement, autorité parentale conjointe sur les enfants, possibilité pour les femmes d’ouvrir un compte en banque sans autorisation préalable du mari, droit à l’égalité professionnelle entre homme et femme, reconnaissance des droits des homosexuels, prise en compte des cultures régionales. C’est ensuite tout un ensemble de conquêtes sociales, obtenues par la plus grande grève générale de l’Histoire de France : mensualisation des salaires, reconnaissance de la section syndicale d’entreprise, augmentation de 35% des plus bas salaires, création du SMIC, formation permanente, indemnisation totale du chômage…
Au débit de Mai 68, on peut mettre sa valorisation du recours à la violence comme méthode d’action, la réactivation d’une idéologie de “lutte des classes” qui avait amorcé une régression à la faveur des Trente Glorieuses. Ce regain de notre culture d’affrontement a considérablement renforcé les rigidités de la société française à un moment où le ralentissement de la croissance, la révolution technologique, la mondialisation de l’économie, le renouvellement et la différenciation de la demande, imposaient un énorme effort de redéploiement et de modernisation. Modernisation du système productif, accompli pour l’essentiel, au cours des années 80. Modernisation de l’Etat -protecteur, régulateur, redistribuer- qui reste largement à accomplir.
Tourner la page de Mai 68, sans doute. Mais ni plus ni moins que celle de 1936 ou de 1945 : en en conservant l’inspiration et la ferveur.

Jusqu’à François Mitterrand (http://francoismitterrand2007.hautetfort.com), même s’il reconnaît les qualités exceptionnelles de Ségolène Royal, une partie de la France doute en ce moment. Les éternels indécis ou se proclamant tels et une fraction de ceux qui soutiennent Ségolène Royal du bout des lèvres. Quel manque de foi en l’avenir. Non, cette élection n’est pas pliée, les sondages ne valent rien qui devraient être interdis comme naguère une semaine avant les résultats, le matraquage médiatique nauséabond à la Brejnev, qui consiste à répéter inlassablement que le gagnant a gagné ne nous ferons pas plier. Dieu qu’ils nous pompent ces supporters de l’Ump à la noix.
Bien sûr on vous soutiendra jusqu’au bout. Bien sûr le PS est en partie responsable de son manque de sens de la famille face à l’adversité. Ceux-là, vos ennemis au sein de votre propre famille ne nous représentent pas, ils ne savent pas humer l’air du temps. Vous allez voir, nous n’avons pas dit notre dernier mot, nous sommes des millions à ruminer la victoire en silence. Faites entendre votre voix haut et fort, encore plus haut et encore plus fort, ne leur laissez pas vous voler la parole, notre parole. Nous oeuvrons modestement dans notre coin, nous croyons en la victoire. Hauts les coeurs l’équipe Royal, hauts les coeurs ! L’imaginaire a tout pouvoir dans cette affaire, ne vous laissez pas abattre. Madame Royal a gagné, nous la porterons jusqu’au bout jusqu’à la victoire.
j’ai hate d’être à Dimanche afin que le changement commence, nous ne voulons au comme président le jumeau de Lepen, si ce n’est pire, car au moins l’autre on le connait, sarko c’est une anguille.
En tout même si vous n’êtes pas élue, je vous dis un grand BRAVO Me Royale, votre famille peut être fière de vous, vous êtes une combattante sincère sans faux fuyant.
courage à Dimanche, rien n’est perdu
C’est vrai que nous doutons mais il faut continuer à y croire et à porter nos idées. Moi je soutiens Ségolène, je suis convaincue qu’elle symbolise les valeurs auxquelles je crois et je vais continuer à le dire haut et fort pour que dimanche soir nous puissions nous réjouir et espérer un renouveau, surtout que nous soyons libérés de cette angoisse de l’avenir que représente Sarkosy.
Tout ce qu’il touche est sali, tout ce qu’il dit ne représente que mépris pour la démocratie, tout ce qu’il promet n’est que mensonge et perfidie. Il veut le pouvoir pour le pouvoir.
Je pense que Mme Royal a largement dominé le débat ce mardi, montrant sa supériorité intellectuelle, sa maitrise, sa sincérité, son engagement. Merci.
C’est vrai que nous doutons mais il faut continuer à y croire et à porter nos idées. Moi je soutiens Ségolène, je suis convaincue qu’elle symbolise les valeurs auxquelles je crois et je vais continuer à le dire haut et fort pour que dimanche soir nous puissions nous réjouir et espérer un renouveau, surtout que nous soyons libérés de cette angoisse de l’avenir que représente Sarkosy.
Tout ce qu’il touche est sali, tout ce qu’il dit ne représente que mépris pour la démocratie, tout ce qu’il promet n’est que mensonge et perfidie. Il veut le pouvoir pour le pouvoir.
Je pense que Mme Royal a largement dominé le débat ce mercredi, montrant sa supériorité intellectuelle, sa maitrise, sa sincérité, son engagement. Merci.
Alors que la France se lève, vote partout et en pensant à ce que sarkozy dit, pense, et surtout à ceux qu’il rassemble (”de notre côté”), traîtres et opportunistes…
Nous allons peut-être perdre, mais nous perdrons debouts et lucides, que les français voulant se venger de la frustration de 2002 laissent un néo fascite se faire élire est déroutant…
L’imposture n’est pas loin, espérons une migraine (lol).
Mais à ce rythme la France risque d’imploser, trop d’intolérence…
Pour vous même accepteriez-vous de voir vos enfants fichés par la police dès trois ans?
Pour vous même accepteriez-vous de vous faire traiter de fraudeur ou de voleur parce que vous emmettez une opinion?
Pour vous même accepteriez-vous de vous faire contrôler 2 à 3 fois par jour vos papiers parce que vous êtes blanc?
ras le bol de subir, ras le bol de ce menteur, ras le bol du négationniste sarkozy…
quand je pense que j’ai été élevé à coup de “plus jamais ça”…
Ségolène je crois en toi et que la France vote comme nous (à la Réunion)