Archives de l'hebdo des socialistes
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Inégalités sociales riment avec inégalités de santé

Notre système de santé basé sur le principe de solidarité censé profiter au plus grand nombre, en particulier aux plus faibles et fragiles – les éloigne en fait de l’accès aux soins et d’une bonne santé, par un système d’effets pervers. Démonstration.La couverture maladie universelle avait fait chuter l’inégalité d’accès aux soins. Celle-ci revient en force avec des dépassements d’honoraires, l’exercice privé de la médecine à l’hôpital public, ou encore le refus de soins opposé aux bénéficiaires de la CMU.

Le hasard fait mal les choses : les plus modestes qui ont du mal à boucler leur fin de mois, renoncent souvent aux soins parce que leur couverture santé est faible. Les conditions de vie d’un ouvrier, plus exposé aux risques d’accidents du travail, sont souvent plus précaires : son espérance de vie est inférieure de 6,5 ans à celle d’un cadre. 19 % des ouvriers souffrent de handicaps moteurs et mentaux contre 9% à 13 % des cadres et l’obésité est dix fois plus fréquente chez les enfants dont les parents sont ouvriers non qualifiés que s’ils sont cadres. Plus encore, la faiblesse des revenus pèse sur les modes d‘alimentation dès la petite enfance.

Et à l’inégalité sociale d’accès aux soins, s’ajoute l’inégalité géographique. L’offre de soins est également beaucoup plus faible en zone rurale et en banlieue.32 % des résidants en zones urbaines sensibles (ZUS) , où se concentrent pauvreté, logement et environnement de moindre qualité, se disent en mauvaise santé, contre 26 % des gens vivant hors ZUS. Aux plus fragiles, il ne reste souvent que les urgences engorgées de l’hôpital.
Or une mauvaise santé conduit très souvent à la case chômage. Les personnes souffrant d’une maladie incapacitante ont 1,5 fois plus de risque d’être inactives au bout de quatre ans (le risque est multiplié par quatre quand la maladie est totalement prise en charge par la sécurité sociale). Le chômage dégrade alors à son tour l’état de santé… L’exclusion sociale renforce l’angoisse, la dépression et le fait de renoncer aux soins.
L’égalité de santé passe par l’égalité d’accès aux soins. Pour que notre système reste basé sur le principe de la solidarité et au service de tous.

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