Archives de l'hebdo des socialistes
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Avant-propos : URGENCE

Peut-on vraiment confier la France à un amnésique ? Dans cette campagne, les candidats de droite sont victimes d’un mal dont les symptômes sont connus et aisément détectables. Le premier d’entre eux est la perte de la mémoire à court terme tandis que les souvenirs plus anciens sont relativement préservés. Ainsi, rien dans les discours de Bayrou ou Sarkozy ne les renvoie à leur passé récent. Ils n’ont pas souvenir d’avoir soutenu ou participé aux gouvernements Raffarin et Villepin. En revanche, ils se rappellent fort bien du général de Gaulle ou de Simone Veil… Pas très facile de parler santé avec les malades de cette forme « d’Alzheimer politique ».

Avec eux, oubliée, l’aggravation des inégalités d’accès aux soins. Effacés, les forfaits de 1 euro et de 18 euros qui détournent les plus modestes des soins primaires. Négligés,les refus de soins pour les bénéficiaires de la CMU. Disparue, la désertification médicale dans les villages et les quartiers. Omis, le recul du service public hospitalier lié à l’étouffement financier des établissements. Cachés, les déficits abyssaux malgré les déremboursements. Voilà pourtant le bilan de la droite. Le pire c’est qu’elle s’en félicite et se propose même de prolonger la cure. Nicolas Sarkozy prépare la future ordonnance, celle du recours à une franchise annuelle… Les pauvres nous épargneront ainsi leurs premiers soins tandis que les riches pourront surconsommer. Heureuse vision de l’égal accès à la médecine !

De son côté, Ségolène Royal mise sur la prévention (médecine du travail, médecine scolaire, carte santé jeunes, aide médicale d’État pour les étrangers en situation irrégulière) et la recherche (plans pour les maladies graves). Elle met la priorité sur l’hôpital public et l’accès aux soins dans les zones urbaines comme rurales (dispensaires). La santé est aujourd’hui un discriminant social fort. On ne vit pas égaux devant la maladie. On ne meurt pas dans les mêmes conditions, ni au même âge, selon sa situation. Les risques sont inéquitablement répartis selon les territoires.

Selon le choix qui sera fait en mai, soit la santé deviendra un privilège, soit la protection sociale du plus grand nombre sera maintenue. La vie a un prix. Celui que la société lui donne.

Thomas Colognac

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