Ségolène Royal : « une véritable révolution éducative »
Le 15 février, à Dunkerque (Nord), devant 10 000 personnes, Ségolène Royal a développé ses priorités sur l’éducation, un thème majeur du Pacte présidentiel. Parmi les propositions phares : la gratuité totale de l’école de la République, un soutien individualisé et gratuit aux élèves, un plan pluriannuel de recrutement de personnels… Extraits de son discours.
« La droite, en cinq ans, a détruit 125 000 emplois de professeurs, d’aides éducateurs, de médecins scolaires et de surveillants. Maintenant, elle leur promet les salaires, la progression de carrières, les retraites revalorisées et le reste. C’est la foire aux promesses, c’est le tourbillon de la démagogie.
Si je suis élue présidente de la République, j’ai un devoir imprescriptible envers vous, et ce devoir sera de garantir les moyens de votre mission car vous recevez aujourd’hui de plein fouet les effets de la crise sociale.
Je m’engage à organiser les États généraux de la réussite scolaire dès le mois de mai 2007, car j’ai décidé de rétablir pour la rentrée les moyens qui ont été retirés à l’école. Et je veux, dans le cadre de ces états généraux, avec vous, enseignants, chefs d’établissement, personnels non enseignants, parents d’élèves, décider de la façon la plus efficace de répartir ces moyens pour améliorer les conditions de travail, d’un côté, et la réussite des élèves, de l’autre.
Le pacte de la réussite éducative que je vous propose reposera également sur la stabilité, dans la durée, des moyens financiers et humains investis à l’école, dans le primaire et le secondaire, parce qu’il faut une continuité dans l’effort, et je souhaite en particulier que soit renforcée la formation des enseignants parce que le creuset de la République ne peut pas voir son destin dépendre des caprices de la conjoncture économique ; parce que faire du parcours éducatif une variable d’ajustement budgétaire est un scandale quand des dizaines de milliers d’enfants sortent encore chaque année du système sans la moindre qualification et que tant d’établissements souffrent du besoin de professeurs, de surveillants, de personnels médicaux, de psychologues, de conseillers d’orientation, de conseillers principaux d’éducation, de personnels ouvriers et de services.
C’est pourquoi je veux que la reconnaissance de la nation à ses enseignants ne soit pas que symbolique, je veux qu’elle se traduise dans leur pouvoir d’achat, dans leur évolution de carrière et dans leur formation. Cette révolution nécessaire s’accompagnera d’une rénovation des pratiques et du métier d’enseignant.
Et c’est pour assurer cette sécurité au long cours que je m’engage à édicter un plan pluriannuel de prérecrutement, de recrutement et de création d’emplois. Nous ferons voter au Parlement une loi de programmation et nous stabiliserons sur les cinq années de la législature les moyens pour sécuriser, apaiser, harmoniser les relations entre l’école et la nation, car en voilà assez des angoisses, des fermetures de classe, des redéploiements qui frappent le système scolaire à chaque rentrée scolaire.
Mais je veux aussi parler un langage de vérité à la communauté éducative. Des établissements ont davantage besoin de soutien que d’autres, et l’éducation nationale doit avoir l’audace de rompre avec les approches uniformes et, je le répète, elle doit pouvoir favoriser des pédagogies sur mesure,du soutien individualisé en favorisant le travail en équipe et l’expérimentation. Le pacte que je vous propose établira la scolarité obligatoire dès trois ans et instituera, avant cet âge, un service public de la petite enfance. C’est là que se trouve la première inégalité entre les familles. Je veux que l’école soit ouverte et que soient généralisées les expériences « école ouverte » pour épauler ceux qui en ont le plus besoin après les heures de cours. Je veux que le soutien scolaire individualisé soit gratuit dans l’école de la République, et cela sera la véritable révolution éducative. Et je veux naturellement que les enseignants qui consacrent leur temps à ce soutien aient droit à une rémunération supplémentaire et disposent de locaux pour accomplir leur mission.
Je veux également qu’ils puissent faire appel à des personnels supplémentaires qui puissent les aider dans ce travail individualisé. Oui, il faudra établir un système de soutien partout où il y en a besoin pour raccrocher les élèves qui décrochent, c’est cela l’ordre éducatif juste que l’on doit aux enfants, aux parents, car c’est à la puissance publique de réparer les injustices nées de la société, de même que c’est à la puissance publique d’établir et de garantir une vraie gratuité et d’interdire les obligations d’achat que l’on trouve encore trop souvent, même à l’école élémentaire. Et j’en prends ici l’engagement : l’école de la République sera partout totalement gratuite. Le pacte de la réussite éducative, c’est refuser que la vie d’un adolescent soit déterminée à quatorze ans dans l’apprentissage. Ce que je veux, c’est insérer l’apprentissage dans le parcours scolaire, c’est initier tous les collégiens au travail manuel et à toutes les formes d’intelligence. D’autres chantiers nous attentent, et notamment assurer la pleine maîtrise de notre langue nationale pour chaque enfant de ce pays,c’est la clé de tout,la passion, l’amour de la langue française : d’elle, tout procède, et vers elle, tout converge. Elle est la colonne vertébrale de notre école, elle est le savoir des savoirs, la porte qui ouvre aux autres disciplines. Un enfant qui n’accède pas à la maîtrise de la langue est un enfant blessé, et un enfant blessé est un enfant exclu.
Le pacte de la réussite éducative, c’est également d’engager une loi d’orientation et de programmation pour l’enseignement supérieur. Les moyens, nous les trouverons. Je maintiendrai inchangé l’effort de défense nationale, parce que nous vivons dans un monde menacé dans le cadre duquel la France ne peut baisser la garde, ni son effort de défense. Mais je n’engagerai pas la construction d’un deuxième porte-avions car je considère que cet équipement doit se faire dans le cadre de l’émergence d’une défense européenne et doit devenir un chantier européen.
Alors, si la nation est capable de dégager le coût d’un deuxième porte-avions, j’en fais ici le serment, cette marge de manoeuvre supplémentaire, cette valeur-là n’ira pas à la défense nationale, mais à l’éducation nationale. Voilà la différence.
Mon autre priorité sera d’inventer la formation tout au long de la vie. Je propose deux choses. D’abord, la création d’un compte éducation-formation dont chacun disposera à la fin de la scolarité obligatoire,et qui sera d’autant mieux doté que la formation initiale aura été insuffisante.
Ensuite, l’inscription dans le contrat de travail de périodes de formation qui seront négociées naturellement par les partenaires sociaux, et enfin la sécurité sociale professionnelle qui comprendra des périodes de formation professionnelle rémunérée lorsque les salariés perdent leur emploi parce que leur formation n’est plus adaptée au marché de l’emploi. »
Ségolène Royal
[...] Ségolène Royal : “une véritable révolution éducative” [...]
Si les classes ne dépassaient pas 20 élèves, dans le primaire et au collège, il y a de fortes chances pour que l’on ait moins besoin du soutien scolaire.
Et si l’on pensait à un VRAI rythme scolaire (six semaines de cours, deux semaines de congés)…les vacances d’été de deux mois sont on frein à l’acaquisition des connaissances : les trois premières semaines en septembre sont consacrées aux révisions de la classe précédente. Les programmes tiennent rarement compte de cet état de fait.
L’apprentissage sera une voie de réussite nécessaire pour beaucoup et pas une voie de garage si on lui en donne les moyens. Le collège unique est un échec complet. Le service a la petite enfance manque cruellement pour réduire les inégalités de chance de réussir. Plus de moyen pour l’éducation ne servira à rien si les moyens ne sont pas bien utilisés et si une culture de résultat ne se développe pas assez dans l’éducation nationale.
Bravo et merci de concrétiser pour notre système éducatif, ces avancées ou ces « stop au recul » que nous attendons ardemment que nous soyons parents ou enseignants!
Mais j’aimerais savoir quelle place tu vas faire Ségolène, à l’enseignement public à distance, au CNED, reconnu pour son enseignement de qualité à tous les niveaux de formation et menacé dans son esprit comme dans ses postes par la droite et le privé.
Quelle place à cet outil indispensable aux accidentés de la vie (qu’ils soient élèves ou enseignants malades ou handicapés), aux sportifs de haut niveau qui ne peuvent avoir un enseignement dit « normal », aux gens du voyage, aux victimes de la phobie scolaire, aux élèves des écoles françaises ou francophones dans le monde, aux enfants malades soignés dans des cliniques spécialisées…
Je suis socialiste comme toi, pour l’égalité des chances comme toi!
Je souhaiterais que tu en dises un mot, personne n’en parle.
Réponds à l’inquiétude des enseignants qui ne savent pas, certains me l’ont dit, pour qui voter. Moi je sais bien sûr, mais eux, ils ont besoin d’un signal fort!
Je compte sur toi!
Merci pour les élèves et leurs parents, merci pour les Profs, qui veulent le maintien et le renforcement d’un service public de grande qualité! Et tous mes encouragements pour la suite! Tiens bon Ségolène, on est avec toi!
Quand parlerons-nous vraiment sérieusement etde façon informe de la nécessité d’une politique d’Education artistique et culturelle clairement intégrée aux processus d’apprentissage essentiel : travail collectif, inventivité, sens de l’initiative, acquisitions par l’implication dans une vraie production, pédagogie de projet et valorisation individuelle et collective.
Autant de Valeurs « Concrètes » à faire vivre à l’Ecole et pour lesquels il faut des moyens : formation, partenariats locaux, partenariat avec des artistes et des lieux culturels.
Jean-Claude Lallias
oui au pacte éducatif car il fera de l’école le lieu où s’enracine dès le plus jeune âge le désir d’émancipation – ce qui a été possible au lendemain de la Libération doit le redevenir aujourd’hui ! quant à la formation professionnelle tout au long de la vie (ne pas attendre les pertes d’emploi pour cela) c’est une pratique incontournable et les salariés doivent s’y impliquer…j’ajoute qu’il s’agit de prévoir une formation relative au marché de l’emploi d’une part mais absolument complétée par un volet culture générale! afin d’encourager la prise de conscience citoyenne … un des effets pervers des 35 H a été de transformer beaucoup de salariés en forçats du travail (sinon c’est la porte et ainsi les dépassements horaires ne sont plus rétribués). Ils atteignent un tel état de fatigue qu’ils n’ont plus la force de s’impliquer dans des activités citoyennes ou syndicales et deviennent encore plus des consommateurs d’images et de produits –
Il suffit de voir les catégories socio-profess des actifs d’associations : combien de salariés du privé ? y compris chez les parents d’élèves, dans les sections syndicales et politiques…
attention à cette « coupure » aussi : ceux qui croulent sous la fatigue sont de fait écartés de la vie active citoyenne dans les entreprises privées !
J’aurais bien dit les choses suivantes à Ségolène jeudi à Changé (53). Je suis prof de techno en collège (après avois été plus de 10 ans instituteur). En début d’année le proviseur m’a demandé de conduire deux projets:
1/ Relancer une classe transplantée plurithématique dans les Côtes d’Armor. Ca fonctionne, mais avec des pbs sérieux de budgets (combien d’élèves ne viennent pas pour des raisons financières? ) Où est la justice? Où est l’école pour tous? A étudier au cas par cas les dossiers j’ai vu la misère. Le fonds social collègien ne suffit plus à payer les cantines!!!! La droite a tout massacré. Alors évidemment pour une classe transplantée!!!
2/ Le B2i: je dois le lancer. Ce sera au DNB 2008. C’est très anxiogène chez les profs: il faut des formations établissements pour tous les profs ( pédagogiques et techniques). Quant aux élèves, 1/4 n’est pas relié à l’ADSL chez lui. C’est la fracture numérique. Il faut (mais est-ce possible? ca coûte cher), multiplier les postes informatiques dans les écoles, collèges et lycées, et aller vers un pc portable par élève. Maintenant comment l’école peut-elle se passer des technologies nouvelles? Les technologies de l’information et de la communication doivent figurer dans un grand projet de l’éducation pour une éducation juste et efficace pour tous.
Je constate que la spécificité de l’école de la République n’est pas affirmée:Si l’Ecole publique républicaine est gratuite elle est aussi laïque, ce caractére n’est pas rappelé. Quelle politique sera appliquée aux écoles privées confessionelles?
J’ai quand même l’impression que les PROFESSEURS DES ECOLES ne sont pas des travailleurs comme les autres.
ON NE PARLE JAMAIS CLAIREMENT DE LEUR SALAIRE INCROYABLEMENT BAS, un des plus bas en EUROPE alors que ce sont ceux qui passent le plus de temps devant les élèves: Quelle injustice !
De plus, vous ne parlez jamais du rattrapage du pouvoir d’achat.
On vous voit venir, ce sera donnant donnant mais, les professeurs ont déjà donné beaucoup depuis plus de 10 ans, leur charge de travail a augmenté considérablement sans aucune contre partie et même au contraire alors il faudra bien que ce soit donnant de suite sans surplus de travail si vous voulez que les profs des écoles vous suivent.
De plus, si vous voulez l’égalité au sein de l’EN, il faudrait sérieusement vous pencher sur l’inégalité suivante :
Les profs du secondaire ont des primes que les profs des écoles n’ont pas alors que ces derniers recrutés au même niveau travaillent au moins autant et je dis au moins car je suis gentil … Il faudra bien que les politiques se penchent sur cette injustice entre les profs du secondaire et ceux du primaire.
Les profs des écoles sont ceux qui passent le plus de temps devant les élèves et sont ceux qui sont les moins payés en France ( en Europe ? ) donc les moins considérés et c’est scandaleux et la colère monte chez les profs des écoles.
La considération , au niveau où sont les salaires des profs des écoles, ne passe plus par de belles phrases à la Jack Lang mais par l’obtention des primes existantes dans le secondaire ( ISO )
Allez vous prendre ces problèmes en considération, allez vous vous intéresser enfin au salire des profs DES ECOLES qui est scandaleusement bas et qui entretient une demotivation démolarisante ?
Jmm
Je sais que cela a déjà été dit mais je voudrais le répéter car cela me semble vraiment essentiel. Je suis maitre formateur et je constate tous les jours la mauvaise formation des jeunes enseignants : ils ne sont pratiquement pas formés pour travailler dans les quartiers difficiles, c’est pourtant là que la plupart d’entre eux auront leurs premiers postes. Ils sont très peu formés pour enseigner en maternelle et notamment dans le domaine du langage oral. Je vois beaucoup de jeunes ou futurs enseignants qui ne font pratiquement pas d’activités langagières ou alors très mal tout simplement parce qu’ils ne savent pas comment s’y prendre. Alors quand on pense que c’est là que réside le principal échec, on se pose des questions….Les stages filés tels qu’on les voit cette année seraient une bonne chose à condition que les jeunes soient vraiment formés, c’est-à dire encadrés par des maîtres formateurs qui ne se contenteraient pas de valider ou d’invalider leurs prestations mais qui pourraient prendre la classe pour montrer les pratiques. Les stages de pratique accompagnée sont très insuffisants….
Je suis tout à fait d’accord pour faire dans les classes des pédagogies sinon individualisées, au moins addaptées au plus grand nombre d’enfants mais comment faire dans la pratique pour faire avancer deux ou trois enfants en grande difficulté quand on a 25 enfants. 25 élèves en milieu difficile, c’est beaucoup trop.
Les efforts, à mon avis, si l’on veut faire de la prévention, c’est agir d’abord e maternelle, c’est là que tout se joue…
Excellent!
Je suggère, de plus, qu’on réfléchisse à l’éducation artistique à l’école, en tant que facteur d’épanouissement personnel… et de paix sociale! ( quand on chante dans une chorale ou qu’on apprend à jouer de la trompette , on ne traîne pas au pied des immeubles).
Les intermittents du spectacle ( dont je fais partie), pourraient avoir l’obligation de venir jouer 2 ou 3 fois par an dans une école primaire ou un collège.
Voir le travail extraordinaire ( ludique, passionnant ET exigeant) de Scott Prouty, directeur de la chorale Sotto Voce, auprès d’enfants et d’adolescents .
Oui à un changement en profondeur du système, mais en douceur ! oui à des heures de soutien effectuées par des enseignants volontaires, oui au travail en équipe à condition qu’il soit réalisable (pour cela l’autonomie plus large des établissements est indispensablel). Il faut également faire une place plus grande aux technologies dites nouvelles (qui sont simplement actuelles) et qui sont encore tellement peu utilisées par les enseignants. Pourquoi ne pas alléger les programmes en en rendant les 3/4 obligatoires et le reste pouvant être utilisé par les équipes pédagogiques dans le cadre de projets communs par exemple avec une certaine, voire une grande, liberté. C’est en partie comme cela que l’on pourra accrocher ou raccrocher des jeunes qui s’ennuient à l’école.
Chère Concitoyenne, Je suis professeur agrégée de français dans un Lycée d’État Catalan (Espagnol), j’ai passé les concours d’accès à la fonction dans ce pays. Mon mari est aussi agrégé de dessin (technique et artistique) dans mon même lycée. Nous sommes sensibles à l’effort que désire faire la candidate socialiste dans l’Education. Nous nous permettons de vous suggérer que le système finlandais est à considérer pour le primaire et le secondaire, même si ni le nombre d’habitants ni le degré d’émigration ne sont comparables, il mérite d’être appliqué sérieusement. Moins d’heures, moins de matières, jusqu’à 16 ans pas de note (ce qui ne veut pas dire pas d’évaluation ), et un épanouissement autre que celui de la mémorisation (ce qui ne veut pas dire qu’elle soit mauvaise, mais trop, c’est trop) le tout compensé par des grands efforts pédagogiques d’explication et de recherche avec renouvellement des programmes (on ne peut pas faire rabacher durant trois ou quatre ans les mêmes notions légèrement amplifiées une année sur l’autre). Quant à la réforme de l’Université elle est URGENTE à réaliser dans une rationnalité adaptée à la réalité. Nous pensons que la voie du dialogue pratiquée par S Royale est d’une grande intelligence mais il faut des lignes de projets claires et précises à la base, donc un squelette fort pour intégrer le but essentiel de l’éducation: un monde meilleur, désir d’avenir pour tous. Quant à l’Europe il est lamentable de voir sa division et sa soumission, et en effet il faut garder l’indépendance de la France.
La formation des enseignants, comme le travail en équipes sont au coeur de l’évolution de l’Ecole. Ecole des parents et des enfants le plus tôt possible, mais aussi fromation continue solide tout au long d’une carrière d’enseignant. L’Ecole ne peut être ni une garderie pour éviter le rue, ni un espace de formation à la vie et le flexebilité active. L’Ecole doit redevenir le phare républicain, l’espace de référence culturel et de sociabilité de tous !
L’Ecole doit être un lieu de partage et de travail, de progrès et d’initiatives intellectuelles audacieuses.
En très grande partie d’accord surtout sur le rôle central de la langue maternelle, mais il faudra d’urgence pour cela , rétablir les horaires du français et des matières fondamentales dans le cursus des enfants au primaire, on est passé par exemple de 15 à 9 heures hebdomadaires de français au cycle deux!! Pareil au cycle trois ou la langue vivante 1h30 hebdomadaire, a été prise sur les horaires de français!!
Et nos élèves (je suis prof et directeur d’école) ne savent plus lire ni écrire? Rien n’a été fait ds nos programmes pour éviter cela!
Ma fille qui entre au ce1 l’an prochain aura 1H30 d’anglais (d’américain en fait, puisqu’aucune autre lve n’est enseignable!!) obligatoire!! Sur quelles matières?
Je crois que la première des réformes sera à faire ds les horaires à consacrer aux matières fondamentales.
Cordialement et bon courage!
Les enseignants, dont je fais partie souffrent depuis plusieurs décennies de:
- la déconsidération de l’école et de ceux qui y enseignent dans pratiquement toutes les couches de la société et un nivellement bas des exigences;
- une baisse ahurissante de leur pouvoir d’achat, alors que dans le même temps le travail devenait plus difficile et les compétences nécessaires plus importantes.
Je crains de la part du candidat socialiste un véritable marché de dupes: ‘gagnant-gagnant’? version édulcorée du ‘travailler plus pour gagner plus’.
Je ne crois plus que nos élites -auto-proclamées- qui utilisent des stratégies complexes pour la réussite de leurs propres enfants aient vraiment envie de résoudre ces problèmes qui ne sont pas les leurs.
Je suis professeur de Collège et vous remercie de vos engagements. Je suis favorable à cette idée que vous développiez à Villepinte du « gagnant-gagnant ». Oui l’école a besoin de moyens, mais pour en faire quelque chose. L’école a besoin d’être efficace. Et sans tomber dans une logique absurde et inévaluable de rentabilité, trop d’enseignants qui n’ont jamais fait de stage, qui refusent de compléter leur formation, de se remettre en question, et même d’appliquer simplement les programmes, sont devant les élèves. Cette situation est extrêmement préjudiciable à la bonne marche de l’institution et à la réussite des élèves. Par ailleurs, je ne suis pas favorable à la gratuité absolue du matériel et du soutien. J’ai enseigné 26 ans en banlieue (93) et en ZEP zone sensible, j’ai fait de nombreux voyages et de multiples sorties – au théâtre par exemple – avec des élèves dont les familles n’avaient pas le sou. Mais chacun devait participer fiancièrement selon ses possibilités, trouver des moyens par des actions diverses dans le collège pour participer au financement du projet. La réussite d’un projet qui devient alors l’affaire de tous, est, selon moi, à ce prix. Tout n’est pas. Or, cette idée que « tout est dû », qu’on a des droits, mais pas de devoir, que ce sont les autres ou l’Etat qui doit fire « pour nous » et que j’ai vue se développer les dernières années de la gauche, a été extrêmement préjudiciable. Comment faire pour intégrer ce paramètre dans l’aide, le soutien par exemple? Je l’ignore, mais je suis prête à y réfléchir avec des éducateurs, des parents, d’autres enseignants.
Merci de votre énergie et bon courage!
J’aimerais mieux que ce soit mon prénom qui apparaisse plutôt que mon nom. Merci
[...] À tous ces problèmes, le Pacte présidentiel apporte des réponses que Ségolène Royal a déclinées le 15 février, à Dunkerque, devant 10 000 personnes. Ségolène Royal a développé ses priorités sur l’éducation, un thème majeur du Pacte présidentiel. Parmi les propositions phares : la gratuité totale de l’école de la République, un soutien individualisé et gratuit aux élèves, un plan pluriannuel de recrutement de personnels… Extraits de son discours: “une véritable révolution éducative”. [...]
je suis professeur des écoles. Je tourne à 70 h semaine et je gagne 1500 euros avec quand même un bac+3.Notre métier est dévalorisé et peu estimé.Il est temps de restaurer l’autorité des enseignants et donc de l’ETAT CAR aujourd’hui on est pris pour des bananes par les élèves et les parents. Je propose de changer le statut du directeur .Celui ci ne peut être enseignant et directeur à la fois.Comme dans les collèges, le directeur devrait avoir les mÊMES compétences.Cela permetterai de décharger les instits sur tout ce qui concerne liens parents-élèves.Les parents doivent retrouver un rôle de parents et non à avoir un jugement à donner sur la pédagogie et sur les décisions prises par l’école.Je trouve la situation grave voir même désespérante. Il est temps que l’éducation revienne à éduquer car aujourd’hui les valeurs de la république sont régulièrement bafouées sans que l’équipe pédagogiques ni l’éducation nationale n’ai les moyens pour répondre à ces nouveaux problèmes. De plus il est inadmissible d’avoir si peu de moyens humains dans les écoles. Pas d’infirmier, pas de médecins, peu de psychologues, pas de bobliothécaires ni de personne pour gérer l’informatique, pas d’interrvenant en langue, pas de médiateur sociale, pas d’assistante sociale….LA LISTE EST LONGUE. Bref l’EN fonctionne sur le système D. un peu comme au Moyen-age.Aujourd’hui, ce fonctionnement est archaique. L’école semble abandonner et tout le monde s’en fout.Lorsque l’on est absent, on est jamais remplacé. Les élèves sont récupérés par les collègues qui gérent un effectif de 30 élèves. On est bien loin des 20 élèves par classe. Bref, on recolle les rustines et parfois quand la roue explose c’est nous qui prenons tout en pleine poire à la place de l’ETAT qui a abandonné depuis longtemps sa mission dans les écoles.
On ne parle pas du tout du rythme scolaire!!!Les enfants sont fatigués le soir, les enseignants rentrent le soir pour préparer les cours ou bien les corriger; il faudrait changer la journée scolaire: 8h30-14h30 par ex; les enseignants pourraient alors rester à l’école pour travailler ensemble ou préparer leurs cours…. Il faudrait alors que les èlèves travaillent 5 jours d’affilés mais que 5 heures par jours.
Le témoignage de Claudine Perpère du 22 février me donne envie de m’interroger sur la réelle volonté de faire appliquer les textes une fois diffusés et sur le lien entre les avancées de la recherche et la volonté de les faire appliquer sur le terrain. Quand devrons/pourrons-nous appliquer la pédagogie différenciée imposée par tes textes à travers les cycles, en permettant une progression personnalisée des élèves ? Officiellement, cela est encore à l’ordre du jour sauf que le redoublement ne serait plus interdit ! Quelle démagogie ! Comment s’y retrouver dans si peu de cohérence ? Quand devrons-nous tenir compte des rythmes chronobiologiques des enfants ? Quand devrons-nous établir un vrai lien scolaire/périscolaire et permettre à tous une vraie ouverture culturelle ? Il est urgent de clarifier tout cela. Les textes officiels doivent évidemment correspondre à la volonté affichée mais également à la volonté de les faire appliquer. C’est ce changement que l’équipe éducative dans laquelle je travaille attend. Pour ma part je veux croire en la volonté de Ségolène Royal de permettre, à partir des états généraux promis, une politique éducative honnête.
Merci Martinez, je suis professeur des écoles et j’ai le même sentiment. Ce que vous dites est tellement vrai, nous sommes recrutés au même niveau que les professeurs des L et C mais avec 35H de présence à l école (réunions, formations…), sans prime (par exemple de prof principale…et pourtant nous avons cette responsabilité )…
« deux heures de soutien gratuites » … par jour? par mois? par an?
c’est une demande de précision qui est le modèle de beaucoup d’autres.
Merci de bien vouloir répondre à celle-là.
Madame,
Je suis employée par l’Education Nationale en tant qu’Auxiliaire de Vie Scolaire individuelle auprès d’enfants en situation de handicap dans la région du Languedoc Roussillon. Mon statut est celui d’Assistant d’Education.
La loi de 2005 consacre le principe de l’intégration des enfants en situation de handicap en milieu ordinaire. Or, le personnel employé pour y contribuer l’est sous un statut de plus en plus précaire. Ainsi, les Contrats d’Accompagnement à l’Emploi et les Contrats d’Avenir succèdent à ceux d’ Assistants d’Education.
Sur le terrain, cela implique pour les enfants des changements d’adulte-référent d’une année sur l’autre et parfois même au cours de l’année.
Titulaire d’une Licence et ayant plusieurs expériences professionnelles avec les enfants en difficultés, j’ai ensuite bénéficié d’une formation de 60 heures et, ainsi que trente autres A.V.S, nous préparons le Diplôme d’Etat d’Educateur Spécialisé .
Pour la plupart, nous sommes employés à temps partiel pour 500 euros par mois.
Malgré notre implication et notre volonté de participer à l’intégration des enfants handicapés en milieu ordinaire, ce statut précaire ne nous permettra pas de continuer à travailler en tant qu’A.V.S une fois le diplôme obtenu et nous contraindra à rechercher un emploi plus stable.
Les premiers à en subir les conséquences en sont les enfants , qui sont accompagnés par des personnes n’ayant pas toujours bénéficié d’une formation pourtant indispensable à l’appréhension du handicap et à la bonne application de la Loi de 2005.
Ce projet ambitieux mériterait pourtant que soient employés sous un statut stable, des éducateurs spécialisés dans l’Education Nationale.
Quels sont vos projets concernant l’intégration des enfants handicapés en milieu ordinaire ? En cas d’élection, vous engageriez-vous à employer des éducateurs spécialisés dans l’éducation nationale ?
En vous remerciant d’avoir prêté attention à mon courrier, je vous prie d’agréer l’expression de ma sincère considération