Portait d’Ouarda Karraï : génération participative

Ouarda KarraïElle aime à le répéter. « Je suis une Française comme beaucoup d’autres », affirme Ouarda Karraï, 34 ans, responsable nationale aux élections et consultante en logement social, que 18 ans de militantisme et des études de droit international et européen n’ont pas formatée, loin de là.

« D’habitude, il faut être élu pour avoir la parole, assène-telle d’emblée. Avec Ségolène Royal, c’est différent. Je me souviens d’un débat participatif organisé par le maire du XIXe arrondissement de Paris, Roger Madec. Les gens levaient la main et on leur donnait la parole. Ça peut sembler naïf, mais pour moi, c’était extraordinaire ! C’est rare de pouvoir ainsi interpeller les dirigeants… C’est pourtant le fondement même de la démocratie. » Séduite par la candidate, Ouarda fait désormais partie de son équipe et a organisé en sa présence le forum participatif sur la situation des jeunes à Grenoble. « Je me retrouve totalement dans le combat de Ségolène, s’enthousiasme- t-elle. Comme elle, je crois en l’émancipation par l’éducation et l’engagement politique. La classe politique doit être plus représentative de la réalité de la France d’aujourd’hui. »

Arrivée d’Algérie à l’âge de 6 ans, naturalisée à sa majorité, Ouarda a grandi à la Source, un quartier populaire d’Orléans. Mais n’allez pas lui parler de la réussite des minorités visibles en politique, ça l’énerve : « Vous trouvez peut-être que les conseils municipaux, régionaux et que le Parlement grouillent de minorités visibles ? Nous, la deuxième génération, payons les pots cassés. Mais nos enfants prendrons toute leur place, j’en suis convaincue ! Je milite pour l’égalité entre les citoyens. Il faut rétablir l’égalité réelle, même s’il faut pour cela déroger au principe d’égalité des droits. Au départ, les ZEP étaient une dérogation ! »

Ouarda Karraï souhaite mettre le paquet sur l’éducation, le logement et l’emploi des jeunes. « S’il n’y a pas une mixité sociale, le niveau éducatif se dégrade, et les inégalités se creusent à vitesse grand V ! Ma génération est passée entre les mailles du filet, parce que nos parents travaillaient. Et l’emploi est un vecteur fort d’intégration. Aujourd’hui, les enfants voient leurs parents au chômage, ils traînent dehors tard le soir sans faire leurs devoirs… C’était marginal à mon époque ! »

Alors, le débat sur les jeunes, « c’était une nécessité ! » Ouarda se souvient avec émotion de ce 1er février, à Grenoble. Des mains tendues dans la salle de 4 000 places, pleine à craquer. Et des thèmes récurrents : la difficulté à allier études, logement et emploi, l’accès à la santé, la précarité… Ouarda Karraï exulte : « Ils ont des revendications très claires, ce n’est pas une jeunesse résignée ! »

Camille Lamotte

5 réponses à “Portait d’Ouarda Karraï : génération participative”

  1. laradji dit :

    Bravo, compatriote appartenant aux minorités visibles pour ton engagment au PS.Etant moi-même originaire d’Algérie,il m’a fallu mener un combat ardu pour mon intégration .
    Mon engagement citoyen au PS et étant parallélement syndicaliste et mutualiste, ceci m’a permis de me présenter aux municipales de1977.J’ai accompli deux mandats et je suis devenu suppléant de mon ami L.Jospin de 1986/1988.
    Ce long périple m’a permis aujourd’hui de me considérer pleinement citoyen de ce pays sans complexe.Je réitère mes félicitations pour ton poste que tu occupes auprès de notre candidate pour qui nous devons oeuvrer afin qu »elle soit élue – Sentiments socialistes .

  2. Doumbia dit :

    Courage Ouarda Karraï pour ton dévouement. Je suis très contente de votre parcours. Je partage les idéaux du PS mais malheureusement, je ne suis pas français. Je suis malien. Malgré cela, je soutiens Mme Royal.
    Ensemble pour une victoire de Ségo.

  3. Catherine Belkhodja dit :

    Merci Ouarda de rappeler que la partie visible de l’iceberg cache une réalité consternante. J’ai eu la chance de pouvoir bousculer quelques préjugés et m’imposer dans des fonctions ou, pour m’engager, on me demandait de changer de nom. Le chemin a été ardu. Il me fallait etre dix fois plus performante que les autres pour forcer ces barrages et m’imposer en gardant mon nom .
    Hier, dans un biostrot parisien, j’ai entendu une femme s’étrangler de rage que des français d’origine maghrebine puissent prendre la place de  » vrais français »
    Elle hurlait qu’on ne les prenait qu’à cause de leur nom. Qui a connu le parcours du combattant sait a quel point la réalité est encore bien loin de cette rageuse supposition. Ul est parfois utile de rappeler que la réussite n’est pas due grâce aux noms de consonance étrangère mais bien plutôt MALGRE ces noms.
    J’en profite ici pour remercier les plus courageux, les pionniers qui font confiance aux autres, en basant leurs choix sur des capacités, et en faisant fi des préjugés habituels. Qu’ils soient ici remerciés, encouragés, félicités.
    Ils construisent la France de demain.

  4. fayçal dit :

    salut ouarda, moi meme originaire du quartie de la source (beauchamps) je suis fiére de voir ton engagement pour la politique et surtout pour le PS.
    j’en profite pour dire je suis fiére d’etre d’origine etrangere et surtout français
    et j’éspere vraiment que Mme Royal sera élue president