Archives de l'hebdo des socialistes
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Avant-propos : « Pour une politique durable »

En 1987, Harlem Brundtland a imposé un concept. Celui du « développement durable », c’est-à-dire d’un « développement satisfaisant les besoins de la génération actuelle sans priver les générations futures de la possibilité de satisfaire leurs propres besoins. »

Il ne s’agit plus seulement de protéger l’environnement, mais aussi d’intégrer la qualité de la vie et l’équité entre générations actuelles et futures.

La prise de conscience est générale, mais elle est souvent demeurée sans conséquences pratiques. « La maison brûle et nous regardons ailleurs », la formule de Jacques Chirac au Sommet de la terre de 2002 à Johannesburg, ne manquait pas de vérité et elle résume finalement assez fidèlement le bilan de son quinquennat…

La planète se réchauffe, l’eau manque déjà, les déchets s’accumulent.Mais que fait la politique ? La politique a un problème. Elle a son rythme propre qui n’est pas forcément celui de la planète. Il est dicté par la pression des médias et la succession d’échéances électorales rapprochées. Trop souvent, les seuls sujets dignes d’intérêt sont ceux qui s’inscrivent dans le très court terme et permettent d’espérer une reprise immédiate. Les autres sujets sont renvoyés à plus tard, jusqu’à ce que l’actualité impose leur traitement à chaud, dans les pires conditions.

Il est temps de passer de cette politique jetable à une politique durable. Une politique durable, c’est une politique de responsabilité dont les conséquences restent soutenables dans le temps. Une politique durable, c’est une politique du temps long qui accepte l’anticipation et le débat autour d’enjeux qui ne sont pas encore brûlants. En effet, la politique doit refuser de fonctionner dans l’urgence que voudraient lui imposer les acteurs du marché. Aller vite, c’est trop souvent se plier aux logiques marchandes. La démocratie, l’évaluation et la délibération nécessitent du temps.

La démocratie, la délibération collective, ce ne sont pas seulement des mots, des passages obligés. En matière environnementale, plus encore que dans d’autres domaines, c’est l’opinion publique qui donne toute leur force aux dirigeants.

Face aux groupes de pression, il n’est pas d’autre voie que celle-là. Il suffit pour s’en convaincre d’observer ce qui a été réalisé en quinze ans face au formidable lobby du tabac. C’est cette alliance entre gouvernants responsables et mobilisation citoyenne à laquelle nous invite Ségolène Royal qui, plus tôt que d’autres, a perçu les enjeux et les moyens d’y répondre.

Thomas Colognac

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