1981-2002 : le pouvoir et après…

Du triomphe de François Mitterrand à la défaite inattendue de Lionel Jospin, chaque élection apporte son lot de surprises. Parfois pour le pire, mais souvent aussi pour le meilleur. 

La campagne de 1981 s’inscrit dans un contexte d’extrême division. L’union de la gauche a fait place depuis 1974 à la polémique antisocialiste du PCF (sauf pendant les municipales de 1977, véritable raz-demarée de gauche). J. Chirac, M.Debré et M.-F.Garaud affrontent V. Giscard d’Estaing. G. Marchais, M. Crépeau, H. Bouchardeau et A. Laguiller sont sur les rangs. François Mitterrand n’est plus ni candidat unique ni candidat commun de la gauche mais candidat du PS, et la campagne est menée depuis la rue de Solferino. Pour la première fois, les jeunes votent à partir de 18 ans et le PS utilise le marketing politique avec un beau slogan, tiré d’un texte de Léon Blum évoquant 1936, « la force tranquille ».Pour la première fois,la gauche remporte la victoire, le président sortant est battu. Le PCF retrouve son score de 1936. François Mitterrand sera le premier président à réussir deux élections au suffrage universel. Il annonce sa candidature tardivement, le 22 mars 1988,mais il était en fait en campagne dès le lendemain de la défaite de 1986 et contre son Premier ministre, Jacques Chirac, imposé par la cohabitation mais vite dominé. Une autorité indépendante surveille la campagne, plus moderne dans la forme,les clips politiques apparaissent. Les élections législatives sont une surprise, le PS ne retrouve pas la majorité absolue comme en 1981. Il n’obtient qu’une majorité relative et devra composer pour faire passer ses textes. En 1984, lors des élections européennes, Chirac, passant de l’appel de Cochin (1979) contre VGE et le « parti de l’étranger » au soutien à la centriste Simone Veil – une femme, juive, symbole de la loi sur l’IVG –,ouvre un boulevard à l’extrême droite. En 1974,Le Pen n’obtenait que 0,70 % des voix à l’élection présidentielle, en 1981, il n’est pas candidat. En 1984, il obtient 10,95 % aux élections européennes et en juin 1988, il dépasse les 14 % à l’élection présidentielle.

2004, le PS rétabli

L’élection de 1995 constitue une surprise par rapport aux derniers sondages. Lionel Jospin, candidat tardif après le renoncement de Jacques Delors, offre un spectaculaire redressement au PS, laminé lors des législatives de 1993 et des européennes de 1994.Contre toute attente,il arrive en tête du ballottage, devançant les deux candidats issus du RPR, les «amis de 30 ans»,Chirac et Balladur.Avec la dissolution, Chirac donne pour 5 ans les clefs du pouvoir à celui qu’il avait vaincu ! L’élection de 2002 est dans tous les esprits. Le résultat des élections régionales, cantonales et européennes de 2004 montre en tout cas le caractère conjoncturel de cette défaite : éparpillement, difficile campagne au terme d’une cohabitation longue, climat d’insécurité… Qui peut croire que si les causes de l’échec avaient été structurelles et profondes, le PS se serait rétabli aussi vite et aussi fort dès 2004 ?

Jean-Marcel Bichat

Délégué Histoire & Mémoire auprès du Premier secrétaire 

2 réponses à “1981-2002 : le pouvoir et après…”

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