1965-1981 : le long chemin de l’unité
De l’éclatement à l’unité, le Parti socialiste se construit peu à peu. Ce n’est qu’en 1974 que le premier secrétaire, François Mitterrand, apparaîtra comme le candidat légitime et incontesté du programme commun.
Avec l’installation de la Ve République et, surtout, le référendum de 1962 – élection du président de la République au suffrage universel –, la vie politique française connaît une évolution majeure : l’élection présidentielle prend le pas sur les autres rendez-vous avec les citoyens.
Les trois premières campagnes s’intègrent chacune dans un contexte différent, de l’éclatement de la famille socialiste au regroupement dans un parti unifié.
À la présidentielle de 1965, la gauche se retrouve autour de François Mitterrand, soutenu par la SFIO et le PCF. Le général de Gaulle est mis en ballottage, et François Mitterrand obtient 45 % au second tour. L’élection de 1969 est placée sous le signe de la division la plus totale. Communistes et socialistes ne s’entendent pas, et chaque formation va séparément à la bataille. Qui plus est, le mouvement socialiste, en pleine recomposition (mais sur fond de querelles insurmontables), ne réussit pas à trouver un candidat commun aux différentes familles. Dans des conditions déplorables, les socialistes en pleine mutation désignent Gaston Defferre comme candidat. Mais ce dernier ne mobilise guère le Parti lui-même, et pas davantage l’opinion publique. Le résultat est connu : il obtient 5 %…
Autre cas de figure, en 1974, après le décès de Georges Pompidou, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Mitterrand, apparaît comme le candidat légitime et incontesté du programme commun, et recueille 49,30 % des voix au scrutin de ballottage.
À partir de 1965, la « famille » socialiste s’intègre dans la vie politique de son époque, contestant bien sûr le « régime personnel » mis en place par le général de Gaulle, mais intégrant majoritairement que le combat présidentiel est désormais le combat majeur : d’une victoire à l’élection présidentielle dépend désormais un changement déterminant.
Denis Lefebvre
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