Billet de Julien Dray : « La fable du lion et de l’antilope »

C’est un soir de décembre que le lion qui voulait Accéder aux plus hautes responsabilités, Devant faire face aux doutes des antilopes qui Commençaient à se lasser de se faire bouffer, Comprit sans attendre qu’il devait calmer Cette grogne et faire de ses proies ses amies.
À l’occasion d’un déplacement en province, Soucieux d’adoucir l’image du prince, Le jeune lion s’inspirant de son ancien maître Spécialiste en son temps de la fracture sociale, Entreprit coûte que coûte, à dessein, d’apparaître Si social qu’on fut proche du paranormal. Mais l’effet escompté ne se produisit pas : En fait d’allégeance, l’assistance resta coite.
A-t-on jamais vu de mémoire d’antilope Un lion vous témoigner à renfort de litotes Son amour et sa compassion des plus sincères ? C’est à vous faire choir le postérieur à terre De voir un lion essayer de vous expliquer Comment il envisage de ne pas vous manger.

* Toute ressemblance entre le lion et Nicolas Sarkozy lors de son déplacement « social » dans les Ardennes le 18 décembre dernier serait purement fortuite, de même que l’antilope n’a rien à voir avec la France qui souffre…

3 réponses à “Billet de Julien Dray : « La fable du lion et de l’antilope »”

  1. [...] Billet de Julien Dray : “La fable du lion et de l’antilope” [...]

  2. Harry Haller dit :

    La morale:

    Un lion aux dents aiguisées, s’il est rusé,
    Se garde bien d’effrayer son malheureux gibier.
    Plutôt qu’une seule antilope comme maigre pitance,
    C’est du troupeau qu’il espère faire bombance.

    L’antilope, fatiguée de lui servir de pature,
    Recherchera la défense d’éléphants sages.
    Elle sera avisée. Car on le sait, c’est sur!
    Le lion n’en mène pas large dans leurs parages.