Trois questions à Joaquin Masanet, secrétaire national de l’UNSA-Police

Joaquin MasanetAvec 41,07 % des voix, l’Unsa- Police, réputée proche du PS, est arrivée en tête chez les gradés et gardiens de la paix, lors des élections professionnelles qui se sont déroulées du 21 au 23 novembre, ravissant la première place au syndicat Alliance, arrivé en deuxième position, avec 36,47 % des voix. Comment analysez-vous ce scrutin ?

Il marque la victoire des progressistes et sanctionne très clairement la politique de Sarkozy en matière de sécurité. Celui-ci s’est d’ailleurs livré à une interprétation totalement erronée de ces élections (1). À ma connaissance, c’est la première fois qu’un ministre de l’Intérieur se livre à une analyse personnelle d’un scrutin !

Ces résultats ne sonnent-ils pas comme un désaveu pour le ministre ?

Oui. Je constate d’ailleurs que le Syndicat des commissaires et hauts fonctionnaires de la police nationale (SCHFPN), très proche de l’administration Sarkozy, a chuté de plus de 42 %. Et qu’il se voit contesté par le Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP-CFDT) qui fait jeu égal avec les organisations qui ont suivi, tête baissée, le ministre. Cela prouve que la hiérarchie rejette en bloc la culture du résultat et la pression que le ministre ne cesse de faire peser sur ses épaules. De ce point de vue, ces élections marquent un rejet massif de la politique de Sarkozy. Mais, soyons clairs : la sécurité n’est ni de droite, ni de gauche. Elle est l’affaire de tous !

Quelle est votre principale revendication ?

Nous souhaitons revenir au plus vite sur la loi Fillon sur les retraites. Le bras droit de Nicolas Sarkozy a annoncé son intention d’aligner le régime des fonctionnaires sur celui des salariés du privé, ignorant au passage le caractère singulier du métier de policier, dont la rémunération est inférieure au Smic, si l’on soustrait la prime de risque.

Propos recueillis par Bruno Tranchant

  • (1) Nicolas Sarkozy s’est réjoui du résultat d’Alliance, le conduisant à conclure que les organisations proches de la droite seraient sorties renforcées du scrutin.

12 réponses à “Trois questions à Joaquin Masanet, secrétaire national de l’UNSA-Police”

  1. MTZ dit :

    JO EST UN AMI DEPUIS DE LONGUES ANNEES ET CE QUI VIENT DE SE PASSER PENDANT SES ELECTIONS PROFESSIONELLES NE SE REPRODUIRA PLUS , JE L ESPERE, DANS L AVENIR . INTOXICATION, COUPS BAS , MANIPULATIONS EN TOUT GENRE TOUT Y EST PASSE .
    HEUREUSEMENT QUE NOUS POLICIERS REPÜBLICAINS AU SERVICE DE TOUS ET NON A CELUI DU MINISTRE CANDIDAT AVONS SU TENIR LE CHOC ET DIRE AU MINISTRE NOTRE RAZ LE BOL ( 2000 A MARSEILLE )
    ENCORE UN GRAND MERCI A JO ET ON EST TRES NOMBREUX A CONTINUER A SES COTES A DEFENDRE NOTRE  »DEVOIR REGALIEN  »

  2. MTZ dit :

    JE TIENS A PRECISER QUE LES COUPS BAS , LES MANIPULATIONS , ET LES INTOXICATIONS EN TOUT GENRE ONT ETE L OEUVRE D’UN SYNDICAT A LA BOTTE DU MINISTRE CANDIDAT DONT L’ ANCIEN SECRETAIRE GENERAL JEAN LUC GARNIER EST UNE SORTE DE CONSEILLER TECHNIQUE A L’ U.M.P. ( UNION DES MOUTONS DE PANURGE )

  3. abdelwahab dit :

    nous pouvons tirer peut etre trois leçons principales de cette election.
    Les hauts fonctionnaires de la police nationale ont eu conscience que la sécurité ne se réduit pas uniquement à la repression
    Les policiers sont avant tout des citoyens certes leurs missions est principalement le maintien de la paix et l’ordre public, mais l’expérience de 4 ans a bien montré l’insuffisance et l’enifficacité du projet de la droite
    Enfin cette election nous enseigne une leçon a savoir que la sécurité n’est pas une notion unidimentionnelle c’est une notion traverseé par les facteurs économiques, culturels et sociales et c’est pour cette raison que l’UNSA(reputé à gauche) est arrivée en tete et alliance(reputéà droite) a eté rejeté. ce sont deux vision deux projet de societé.

  4. RONSIN JACQUES dit :

    bonjour
    je suis heureux qu’une candidate socialiste que l’UNSA police soutient depuis le début prenne en compte les observations de jo Masamet.
    La grande majorité des policiers sont sur le terrain et doivent comme les pompiers avoir le soutien de ségolène. Une déclaration sur le retour de la police de proximité ferait plaisir à bien des citoyens.Avoir une seule et même police et non gendarmerie cloturerait le dossier annoncé par sarkosy mais jamais mis en place! la base des gendarmes le souhaite, si eux aussi avaient droit à un syndicat…je suis policier en retraite, proche de jo et c’est un homme entier, je pense qu’en réouvrant les petits commissariats fermés par sarko, en remaillant le territoire national, police et ex gendarmerie, en donnant un seul uniforme et l’ouverture syndicale à tous, la gauche ferait un grand pas vers la démocratie policère. La base qu’elle soit policière ou gendarme est pour le dialogue et le respect, la hiérarchie est pour le grade et l’étiquette ( chose promis par sarko) le malaise vient de là. Pour la région Parisienne, revenons à la PP comme avant, un salaire actualisé avec des logements et un travail en relation avec la population.des conditions de déroulement de carrière propre à Paris et sa banlieue, sinon nous allons dans le mur. Confiance à jo et à nous sa base pour faire passer le message, la police peut être dans la rue pour Ségolène Royal . jacques 05 65 40 62 15 .

  5. michel DUBOIS dit :

    Policier en retraite et adhérent PS, je souhaite ardemment que le PS s’engage à rétablir la Police dans sa catégorie spéciale en matière de retraite. Il me parait normal qu’une profession à laquelle on a supprimé le droit de grève et soumis à l’obligation de réserve renforcée, retrouve dans ses rénumérations cette spécificité et surtout les conserve à la retraite.
    Ce serait là la concrétisation des belles paroles de certains hauts responsables du PS lors des débats sur la loi Fillon.
    Michel DUBOIS ancien militant syndicalo-mutualiste

  6. HERNANDEZ Jacques dit :

    je suis l’ancien chargé de formation des délégués du SNPT, j’étais déjà à la retraite lors de la fusion avec l’UNSA Police, et je suis militant socialiste de toujours et adhérant au parti depuis le printemps 2006;
    Bien sur je me réjouis que la réunion des deux syndicats nous ai permis de redevenir le n° 1 des syndicats de police mais le compte n’y est pas l’addition aurait du étre plus importante.il manque 6% au moins
    seul un siege nous sépare d’alliance en CAPN, et le SGP va faire la pluie et le beau temps, selon qu’il vote d’un bord ou de l’autre
    Monsieur Masanet veut revenir au plus vite sur la loi sur les retraites, mais il me semble qu’en son temps, l’unsa police n’a pas voté contre!!!!
    Conclusion soyons heureux d’étre les premiers mais reconnaissons que le bilan aurait du étre meilleurs

  7. perrigault dit :

    ancien Policier rennais a la retraite,adhérent du PS depuis 1993 ,ancien candidat PS au cantonale en 2000 canton d’argentré duplessis proche de vitré , le candidat adverse était un proche du président de la commission de finance actuelle.
    mon commentaire je suis membre de l’unsa police en temps que retraité unrp, j’aimerai que nos collègues fassent un pas vers le public, et ils verront que les gens ne leurs en veulent pas du tout . la police de proximité, et l’encadrement des jeunes dans des activités sportives
    par des policiers pourrait-elle être remise d’actualité,j’ai moi même
    crée et animé au sein de la ville de rennes en collaboration avec les élus rennais une association qui était en charge de faire des stages de motocross et enduro, sur un site mis a ma diposition par la ville de rennes
    j’ai animé cette association plus de 10 années et vu passer sur le terrain
    entre 5 a 6000 ados mes règles étaient trés strictes et de ce fait les ados des quartiers retrouvaient la civilité.
    dans la police beaucoup de sujet de prévention sont devenus tabou
    je suis a votre entière disposition afin de pouvoir redonner une autre
    direction et image des forces de l’ordre a son public
    merci de ce nouveau dynamisme

  8. antoine dit :

    je suis retraité de la police nationale et adherent au parti socialiste.
    je souhaite aussi que le ps rétablisse la police dans sa catégorie spéciale en matère de retraite.

  9. SIBELET dit :

    Bravo à jo masanet qui a réussi le syndicat unique et il a amené l’unsa-police à être majoritaire sur le plan national. La gironde et le sud-ouest représente un syndicat unique, il est majoritaire à plus de 50 %.
    Etant socialiste de père en fils, je milite pour que le parti socialiste montre une image positive sur la sécurité, et que nous évitions un certain 21 avril, car LEPEN n’est pas arrivé au deuxième tour en parlant du social.
    Nicolas sarkozy va baser sa campagne sur la sécurité, ségolène doit être apte a donné une réponse.
    Et encore Bravo à jo et vive l’unsa-police, nous ne sommes pas prêt de perdre notre première place.

  10. christine dit :

    la police a été massacrée. il faut revenir à une reconnaissance des savoir faire. la police d’investigation est à l’agonie par les réformes opérées à grande vitesse, sans respect pour les gens de savoir. les anciens inspecteurs ont été massivement laminés, poussés à prendre la tenue. En 5 ans, les anciens officiers de police judiciaire, avec l’ancienneté, le savoir être dans la fonction, ont été remplacés massivement en 5 ans par des OPJ avec au maximum 5 ans d’ancienneté. Faites un bilan de ce qu’il se passe réellement. Les chefs de service, orientés vers une politique de statistiques qui ne veulent rien dire, peuvent faire CE QU’ILS VEULENT de ces officiers de police judiciaire : on met en garde à vue pour 10 euros, on multiplie les usages de haschich pour faire du chiffre…pendant ce temps là, la délinquance s’organise face à la désorganisation de notre institution. J’en passe et des meilleures. certaines choses font froid dans le dos et ceux qui osent se dresser contre et continuer de travailler à travers les remous politiques auxquels ils n’avaient jamais été autant soumis, se font mal voir et bien sûr…si on peut…éventuellement… « casser ».

  11. Booz Julien dit :

    Je suis heureux de voir qu’enfin on ose mettre en avant des idées telles que celles de l unsa et qu on les associes au parti socialiste, moi mm étant fils d un ancien bras droit de joaquin masanet, et menbre actif du parti socialiste, je ne peux que me réjouir de cette corrélation qui n a lieu que trop tardivement..
    De plus je tiens a rappeller que notre police doit etre encore plus sociale et « sociable » et non pas dans une politique de répression imposé par notre gouvernement actuel et en particulier Mr Sarkozy;car moi meme étant un jeune de 21 ans vivant en banlieue parisiénne (77), je m trouve personnellement encore trop souvent face à des contrôles de police redondant et à la limite de l abus de pouvoir…
    Tous cela pour dire que le chemin est encore long et semé d embauche, donc il ne faut pas capituler, le combat continue !!

  12. rexpu dit :

    Affecté depuis peu dans un commissariat de province, j’ai pu constater que la police de proximité n’existait pas alors qu’elle devrait être menée dans tous les commissariats et gendarmeries de France.
    Selon moi, une véritable police de proximité trouve son fondement dans des valeurs intrinsèquement républicaines, c’est-à-dire aussi bien par son fonctionnement, ses structures, ses objectifs, que par les femmes et les hommes qui en ont la charge.
    Elle doit avoir pour leitmotiv : d’être au service de tous les citoyens quels qu’ils soient et de défendre en priorité les plus faibles et les plus démunis. Elle doit également inspirer la confiance. Aujourd’hui, encore trop de personnes craignent d’entrer dans un commissariat ou une gendarmerie, même en tant que victime !
    Force est de constater que ces services publics sont dirigés suivant des contraintes statistiques privilégiant l’ordre public, la visibilité et la quantité au détriment des missions dites préventives (accueil, partenariat, renseignements de proximité) et d’enquêtes approfondies locales (économie souterraine, trafic en tout genre,…). Ainsi seuls les délinquants moins futés se font prendre et aident les statistiques.
    A l’ère d’Internet et de l’audiovisuel la procédure judiciaire écrite est dépassée. Dévoreuse de temps et d’effectifs, elle induit un fonctionnement lourd, enchaînant le policier à un ordinateur en le transformant peu à peu en secrétaire judiciaire. Petit à petit, les policiers municipaux au service des potentats locaux et les polices privées seront bientôt les seuls à arpenter le terrain.
    La délinquance est présente sur tous les territoires de la République tant dans les centres urbains que dans les campagnes. Des efforts en moyens et effectifs ainsi qu’un redéploiement sont indispensables. La sécurité publique ne doit plus être le parent pauvre de la police nationale.
    Il convient également d’imaginer de nouvelles structures assurant une meilleure unité et une dynamique au sein des commissariats. Proximité, coordination et investigation pourraient en être le triptyque fondateur. Toutes les énergies de toutes les unités qui composent un commissariat pourraient être ainsi fédérées.
    Actuellement trop de services fonctionnent selon le vieil adage « diviser pour mieux régner » qui assure une tranquillité aux chefs de service et garantit la course aux chiffres sans lutter en profondeur contre la délinquance.
    J’espère que l’alternance politique permettra de bâtir enfin les fondations d’une police digne de notre époque tant sur le plan matériel que par ses objectifs à savoir : « pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée » conformément à l’article 12 de notre Constitution.