Première partie du congrès extraordinaire d’investiture

Retrouvez l’intégralité de la première partie du congrés d’investiture de Ségolène Royal : les discours d’ouverture Pierre Mauroy et Barbara Romagnan, les présidents de séance, l’intervention de Patrick Bloche, Premier secrétaire fédéral de Paris, celle de Bertrand Delanoë, Maire de Paris, et enfin la présentation officielle des résultats par le secrétaire national du PS à la coordination, François Rebsamen.

Pierre Mauroy, président de séance :
Je suis très honoré d’ouvrir avec Barbara ce congrès extraordinaire de ratification de la candidature à l’élection présidentielle. C’est le point de départ d’une formidable campagne qui doit faire de Ségolène la présidente de la République française.

Barbara, à toi.

Barbara Romagnan, présidente de séance :
Pour ouvrir ce congrès, nous demandons à Patrick Bloche, Premier fédéral de Paris, la plus grande fédération de France, de bien venir à la tribune.

Patrick Bloche, Premier secrétaire fédéral de Paris

Merci.

Chers camarades, chers amis, comment ne pas prendre collectivement la mesure de ce moment exceptionnel, extraordinaire même, qu’est ce congrès qui conduit ce matin les socialistes, avec leurs amis radicaux de gauche, à se retrouver rassemblés autour de leur candidate, celle que le vote a désignée si démocratiquement et si nettement, Ségolène Royal.

Comment ne pas témoigner à cette tribune de la force et de la dynamique, de l’enthousiasme, même bien au-delà du parti, qu’ont su générer les conditions du débat et du vote du 16 novembre ?
Alors oui, nous vous sommes redevables à tous les trois, à toi Laurent, à toi Dominique, à toi Ségolène, de cette campagne interne maîtrisée, de ce débat d’idées qui a montré à nos concitoyens toute l’actualité du socialisme et a abouti à cette désignation incontestée qui nous a permis de préserver notre bien le plus précieux, l’unité des socialistes, préalable au rassemblement de la gauche.

Nous l’avons tous compris, il n’y aura pas de pause. Restons donc plus que jamais en mouvement, en embarquant celles et ceux qui continuent si nombreux à rejoindre le Parti socialiste, plus largement tous nos sympathisants, et de manière encore plus décisive, les Français, à qui, pensons-y à tout instant, nous devrons la victoire de la gauche en 2007.

À l’image des autres socialistes, les socialistes parisiens, je peux vous l’affirmer, sont déjà sur la brèche, souhaitant ardemment revivre la campagne qui a permis en 2001 à Bertrand de mettre fin à un siècle de règne sans partage de la droite à Paris.

Les thèmes des forums participatifs fleurissent déjà et les ouïes militantes se préparent à recueillir et encore plus à restituer la parole de nos concitoyens. Avec leurs mots, la feuille de route est claire.

À cinq mois du premier tour de l’élection présidentielle, poussons notre avantage qui peut se révéler décisif, fruit de notre culture démocratique.

En ce domaine, nous le savons bien, on n’improvise pas le débat et la confrontation des idées. Il n’est qu’à voir la fébrilité qui a soudainement saisi l’UMP et son président. Qui peut croire un seul instant à la rupture, une de plus, qu’il prétend engager dans la précipitation, avec la tradition bonapartiste et plébiscitaire de son parti ? Quelle bouffonnerie ainsi que ce délai d’adhésion pour voter, prolongé jusqu’au réveillon de la saint Sylvestre !
Alors qu’Alliot-Marie s’expérimente à la défense passive et que Borloo a déjà capitulé en rase campagne, notre nouveau Badinguet devrait logiquement choisir le 2 décembre pour se déclarer candidat, ça tombe bien, c’est la semaine prochaine.

Pour nous toutes et nous tous ici, Ségolène personnalise désormais une ambition collective qui, pour faire gagner la gauche l’année prochaine, ne se fonde pas sur le seul rejet de la politique de la droite par nos concitoyens, car nous savons bien que l’alternance ne sera pas automatique en 2007.

Et c’est pour empêcher le danger Sarkozy et ne pas revivre un 21 avril que notre candidate nous invite depuis déjà plusieurs mois à pousser plus loin les feux sur nombre de sujets, plus loin que ne le fait l’excellent Projet socialiste.

Il s’agit ainsi de ne pas laisser de côté, par un illusoire confort, des questions essentielles pour nos concitoyens. C’est à cette condition que nous pourrons réaliser le rêve abandonné par la gauche depuis deux décennies, celui de la reconquête de l’électorat populaire.

Comment ne pas encourager Ségolène, tout particulièrement ce matin, à continuer à vaincre nos frilosités et nos conformismes, à avoir cette audace qu’elle vient une nouvelle fois d’illustrer en déclarant que la lutte contre les violences conjugales doit devenir une affaire d’État.

Alors oui, chers camarades, ce matin, de la Mutualité, adressons aux Français un message d’espoir, nous voulons faire barrage à Le Pen, nous voulons battre la droite et Sarkozy, nous voulons porter notre projet, défendre nos valeurs et faire ainsi gagner la gauche en 2007. Notre détermination est totale, et elle a désormais un nom : Ségolène Royal.

haut de page

Pierre Mauroy

Vous êtes nombreux. Je salue les délégations du Parti socialiste qui sont ici présentes. Je salue la presse également, très nombreuse, et je veux saluer les délégations internationales : celle du Parti socialiste européen et celle de l’Internationale socialiste.

Barbara Romagnan

Chers camarades, merci de tout votre enthousiasme et songez à en garder un petit peu pour la campagne qui s’annonce quand même rude.

J’invite Bertrand Delanoë à nous rejoindre.

Bertrand Delanoë, maire de Paris

Mes chers camarades, mes chers amis, bienvenue au congrès de la démocratie et de l’espérance. Et d’abord merci aux 220 000 femmes et hommes engagés au Parti socialiste, qui ont montré à la France comment l’on confronte des convictions, des propositions, des idées pour faire vivre la démocratie, le progrès et l’espérance dans ce pays. Merci d’abord aux militantes et aux militants socialistes.

Merci à celui qui a voulu que nous soyons cette force démocratique, qui maîtrise les différences pour mieux les rassembler, merci à notre Premier secrétaire, François Hollande.

Chers amis, avant d’arriver à quelque sujet majeur, je veux aussi, parce que c’est notre identité, parce que c’est notre richesse, saluer toutes celles et tous ceux qui ont fait de ce débat la convergence, la synthèse de ce que nous sommes tous ensemble, et je veux exprimer mon respect, mon amitié, votre respect, votre amitié à Dominique Strauss-Kahn et à Laurent Fabius.

Chère Ségolène, avec ta personnalité, avec ta vérité, avec tes convictions, tu es aujourd’hui bien plus que la candidate de 60 % des socialistes. Tu es la candidate de l’énergie, de l’idéal et de la volonté de vaincre, de réussir, d’entreprendre de 100 % des socialistes.

Mais ce qui était un parcours devient un destin. Et ce qui est peut-être le plus important, c’est que, pour la première fois dans notre histoire, désignée par nous, les socialistes, la gauche, les militants de l’égalité entre les femmes et les hommes, pour la première fois, la première personne qui pourra, dans cette République, être premier citoyen, premier responsable, c’est une femme. Je pense que, sur le plan philosophique, sur le plan démocratique, sur le plan progressiste, que ce soit nous, que ce soit toi qui permettes que la première présidente de la République s’appelle Ségolène Royal et soit socialiste, c’est un événement historique.

On m’a dit de parler dix minutes, je ne sais pas s’ils ont compté les applaudissements, je ne vais donc pas être long.

Je veux simplement nous dire à tous qu’il faut que nous soyons audacieux et courageux. Le vote, le congrès d’aujourd’hui, entame un processus difficile. La droite est forte dans ce pays. Elle veut s’accrocher au pouvoir. La désespérance de nos concitoyens est grande. Oui, la question sociale, Ségolène, est au cœur de ta démarche, de ton engagement, et tu as raison. Le respect, la dignité seront restaurés, la confiance reviendra, parce que ton élection, avec une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, un gouvernement de gauche pendant cinq ans, ce seront des changements concrets sur la question sociale, sur l’emploi, sur la vie chère, sur le logement et sur un certain nombre de questions où la gauche est attendue.

Nous avons à bâtir cinq mois de campagne totalement inspirés par cinq ans d’action, cinq ans d’action au service de la France, sur les chantiers que nous a indiqués Ségolène, sur la base de notre Projet socialiste, et avec cette volonté, ces convictions, ces compétences, cet acharnement à faire, à entreprendre, à réformer, à bousculer, à déranger. Alors oui, le respect, la dignité, la confiance de la France en elle-même seront le résultat de l’épreuve que nous allons subir, et que Ségolène va subir, épaulée, aidée, encouragée, soutenue, portée par nous.

Chers amis, chers camarades, j’aurais voulu vous parler d’innovation, de recherche, d’université dans ta priorité à l’éducation, vous parler de développement durable, dire que cet État doit se tenir aux côtés des collectivités locales pour leur permettre effectivement ce changement qui fait qu’on peut construire des logements sociaux en haute qualité environnementale, qu’on peut dans toutes les régions de France donner la priorité aux transports publics et écologiques. Voilà notre projet, notre chantier, notre travail, notre imagination, notre audace.

Chers amis, pour cela, nous n’avons pas le droit d’économiser nos convictions, nous n’avons pas le droit d’économiser notre énergie, notre dévouement, et je dirais même notre désintéressement. Nous n’avons pas le droit de ne pas tout faire pour rassembler, nous tous d’abord, nous tous sans exception, et que viennent encore des centaines de milliers de femmes et d’hommes enrichir, adhérer au Parti socialiste, au Mouvement de la jeunesse socialiste, nous avons besoin d’un parti fort et grand.

Et puis, non seulement nous avons besoin, mais nous désirons le rassemblement. Bravo aux radicaux de gauche, cher Jean-Michel Baylet, d’être à l’avant-garde de ce rassemblement de toute la gauche.

Dès le premier tour de la présidentielle, un rassemblement de citoyennes, de citoyens, de mouvements, d’associations, un rassemblement de progressistes, dès le premier tour autour de Ségolène Royal et un second tour que nous bâtirons avec la majorité de la France, avec la majorité de toutes les forces de progrès, de toutes les forces démocratiques. Ce n’est pas nous seulement, autour de Ségolène, il faut que tout ce qui est généreux, entreprenant, audacieux dans ce pays se rassemble, et que l’espérance Ségolène Royal devienne l’espérance de la gauche, l’espérance de la France.

Chers amis, et j’en terminerai par-là, nous n’avons pas besoin d’être infidèle à notre passé pour écrire avec courage et talent la nouvelle étape. Nous pouvons même dire merci à ceux qui nous ont précédés, dire merci à François Mitterrand et à Lionel Jospin. Et maintenant, notre responsabilité, elle est de convaincre, elle est de réussir. Moi, j’ai confiance, parce que nous sommes ensemble, parce que nous sommes une force collective, parce que nous sommes une force démocratique, moi, j’ai confiance en celle qui l’incarne et qui la porte, donc avec Ségolène Royal, je suis sûr que je sers le socialisme et la France.

haut de page

François Rebsamen, secrétaire national à la coordination

Chers amis, chers camarades, c’est l’heure du suspense. J’aimerais vous faire un discours aussi enflammé que Bertrand Delanoë, j’aimerais vous dire tout ce que je sais que porte en elle, comme force et comme conviction, Ségolène Royal, pour nous tous, mais je me dois de respecter les règles de notre parti et, quelques instants, de faire retomber l’ambiance pour vous faire un rapport très statutaire. Je pense qu’à la fin ça ira mieux.

Il faut que je vous dise que nous sommes parvenus, si vous en doutiez, au terme de notre procédure démocratique. Et je dois en rappeler les étapes, car ces étapes ont été rendues possibles par des camarades qui se sont investis tout au long de cette période pour veiller au bon déroulement de notre procédure démocratique. Cette procédure était nécessaire pour assurer la plus grande transparence à nos débats, conforter l’unité de notre parti, pour maintenant commencer à porter le rassemblement de la gauche, ce qui me permet à moi aussi de saluer la présence de Jean-Michel Baylet et de nos camarades amis radicaux de gauche qui sont ici.

Alors oui, cette procédure a été longue et il a fallu de nombreuses réunions de la Commission nationale de préparation. C’est sous la présidence de Stéphane Le Foll que cette commission dite de suivi a élaboré une charte d’organisation interne qui a été approuvée à l’unanimité par le bureau national du 26 septembre.

Le conseil national du 7 octobre a enregistré les trois candidatures de Laurent Fabius, que je salue, de Ségolène Royal, je l’ai déjà fait, et de Dominique Strauss-Kahn. Dans le même temps, nous avons précisé à travers des circulaires, et c’est pour cela que vous êtes ici si nombreux, les modalités de débat et de vote dans les sections, et annoncé la tenue de notre congrès national extraordinaire d’aujourd’hui.

Cette Commission a travaillé chaque semaine et elle l’a fait dans un esprit consensuel sur l’ensemble de la démarche, qu’il s’agisse de l’organisation et du déroulement des débats régionaux ou encore de l’organisation des trois débats télévisés. Et je veux remercier ici publiquement, non seulement Stéphane Le Foll, mais également tous les membres de la Commission qui se sont investis et qui l’ont fait avec un esprit de synthèse qui a prévalu d’ailleurs dans l’organisation de nos travaux.

Je voudrais également saluer le partenariat que nous avons su nouer avec les chaînes parlementaires et qui nous a permis, voire rendu possible, cet exercice démocratique nouveau et unique à ce jour en France.

La dernière réunion s’est tenue la semaine dernière, et elle a concerné les modalités de désignation de nos délégués, de vous qui êtes ici.

Chers amis, chers camarades, nous sommes réunis aujourd’hui dans cette salle de la Mutualité et nous vivons, nous le savons, nous en mesurons l’importance, un moment historique pour notre parti. Car aujourd’hui ce sont près de mille délégués qui sont réunis ici, dans cette salle, délégués qui représentent 220 000 adhérents inscrits au 1er juin de cette année. Je tiens à remercier en votre nom les membres du Bureau national des adhésions qui ont travaillé pendant tout le mois de septembre, et particulièrement Philippe Bonnefoy, son président, vous pouvez l’applaudir avec les membres de la Commission. Ils ont fait un bon travail.

Et aussi bien sûr, mais nous aurons l’occasion de le refaire, tous les premiers fédéraux, tous les premiers secrétaires fédéraux, cher Kader, qui se sont mobilisés, sans le concours desquels rien n’aurait été possible. Compter 220 000 adhérents est en soi un événement historique pour le Parti socialiste. Mais vous devez savoir que nous n’avons jamais cessé d’enregistrer de nouvelles demandes d’adhésions et que le Parti socialiste, mon cher François, tu le sais, notre parti est désormais fort de quelque 280 000 adhérents.

C’est cette dynamique, c’est cette force à nulle autre pareille dans notre pays que nous allons tous ensemble mettre au service de notre candidate pour la victoire à l’élection présidentielle.

Au-delà du résultat que je vais annoncer dans quelques instants, je voudrais que nous retenions ensemble l’exemple que nous avons su donner collectivement, cette puissante leçon de démocratie que nous avons infligée à nos adversaires. L’intérêt pour la chose politique que nous avons, je le crois, su réanimer pour un grand nombre de nos concitoyens.

Oui, chers camarades, nous pouvons êtres fiers de l’œuvre collective que nous avons réalisée, car nous avons porté l’idéal républicain et notre attachement à la démocratie si hauts que c’est l’ensemble des valeurs que porte le Parti socialiste qui s’en trouve aujourd’hui renforcé. Que l’ensemble des militants du Parti socialiste, que vous représentez ce matin, soit ici remercié pour leur effort, et au premier rang d’entre eux moi aussi je voudrais le signaler, notre Premier secrétaire, François Hollande, pour ce qu’il a pu faire depuis plus de quatre ans à la tête de notre parti.

Oui, chers camarades, chers amis, je crois que tu y es pour quelque chose, François, pour que nous soyons redevenus aujourd’hui le premier parti politique de notre pays. Merci encore pour toute ton action.

Alors voilà, j’ai retenu sans doute trop longtemps les informations que vous attendez et maintenu le suspens au-delà de votre patience, alors je vais vous donner les résultats du scrutin du jeudi 16 novembre. Ces résultats sont les suivants : sur 220 269 inscrits, 180 557 camarades ont participé au vote, soit près de 82 % de suffrages exprimés.

Ont obtenu : Laurent Fabius : 33 487 voix, soit 18,66 % ; Dominique Strauss-Kahn : 37 118 voix, soit 20,69 % ; Ségolène Royal : 108 807 voix, soit 60,65 %.

(applaudissements de la salle qui reprend en chœur : « Ségolène, présidente ! »)
Gardez-en pour la matinée ! Gardez vos forces ! Gardez vos forces pour la matinée. Merci pour Ségolène parce que je vais demander maintenant, statutairement, aux délégués présents, de ratifier cette investiture en levant à bout de bras votre badge rouge.

Chers amis, chers camarades, merci.

Au terme d’une campagne interne transparente, publique, intense et démocratique, est désignée par les militants du Parti socialiste, par les délégués du Parti socialiste, auxquels se joignent nos amis radicaux, comme candidate pour l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai 2007, notre amie et camarade Ségolène Royal !

haut de page

Une réponse à “Première partie du congrès extraordinaire d’investiture”

  1. Grosse dit :

    On dit qu’elle fait de la politique avec des slogans, des formules creuses comme la politique par la preuve, un ordre juste. Comme si le sentiment d’injustice qui n’a pas besoin de définition pour être violemment ressenti n’était pas en recherche de justice, de preuve, de reconnaissance, de changement. Voilà un sentiment important dont Ségolène Royal a senti la place qu’il occupe dans le coeur de beaucoup de gens humiliés. Ceux qui comme Sarko désignent des boucs émissaires à la vindicte sont des allumeurs de mèche, sont des diviseurs. Ségolène Royal est sur le chemin qui peut conduire les Français à se réconcilier avec eux-mêmes et la politique. Je pense que les « slogans » de Ségolène Royal sonnent juste.