Résolution sur Gaz de France, adoptée au conseil national du 7 octobre
« Le Parti socialiste dénonce fermement la privatisation de Gaz de France que vient de voter la majorité, contre toute logique démocratique à quelques mois de l’élection présidentielle, en dépit de la pression exercée sans discontinuer par les députés socialistes. Il est déterminé à poursuivre la bataille parlementaire au Sénat dans les semaines qui viennent. » Ainsi commence la résolution sur Gaz de France, qui a été adoptée par le conseil national.Le Parti socialiste dénonce fermement la privatisation de Gaz de France que vient de voter la majorité, contre toute logique démocratique à quelques mois de l’élection présidentielle, en dépit de la pression exercée sans discontinuer par les députés socialistes. Il est déterminé à poursuivre la bataille parlementaire au Sénat dans les semaines qui viennent.
Le reniement de l’engagement pris solennellement dans la loi d’août 2004 par le Ministre de l’Economie de ne privatiser ni EDF ni Gaz de France, compte tenu de leur importance stratégique, est inacceptable. En se parjurant, Nicolas Sarkozy a trompé la représentation nationale, et à travers elle l’ensemble des Français.
Ce projet met en danger l’indépendance énergétique de notre pays, sa sécurité d’approvisionnement, ainsi que le pouvoir d’achat des Français et leur égal accès au service public. L’envolée des prix du gaz, que cette privatisation rend inéluctable, est en effet annoncée jusque dans les rangs de la majorité.
Il est totalement irresponsable d’abandonner un levier d’intervention publique dont l’efficacité n’est pas contestée, tandis que le secteur de l’énergie est entré dans une grave crise européenne et mondiale, caractérisée par la flambée des cours du pétrole et des prix du gaz et de l’électricité.
Partout, la libéralisation du secteur énergétique est un échec, et la privatisation des opérateurs se traduit par un déficit d’investissements, une augmentation des prix et une dégradation du service rendu aux usagers.
La fusion Suez-Gaz de France est contraire à l’intérêt national : elle revient à privatiser Gaz de France tout en créant un concurrent direct à EDF sur le marché électrique français, au détriment de ce fleuron de notre industrie.
Elle ne protègera pas le nouveau groupe contre une éventuelle OPA hostile d’un géant énergétique étranger : ni la minorité de blocage détenue par l’Etat, ni « l’action spécifique » prévue dans la loi ne sont en effet de nature à éviter une telle OPA.
Elle ne s’inscrit dans aucune stratégie européenne en matière énergétique. Au contraire, sa mise en conformité avec les traités européens se fera au prix d’un démantèlement de Gaz de France et de Suez, comme en témoignent les cessions de centrales nucléaires déjà demandées par la Commission européenne à Electrabel.
C’est pourquoi le Parti socialiste s’engage, dans le respect du droit européen, à mettre en place un grand pôle public énergétique, autour d’EDF 100 % public et de Gaz de France, ramené dans le giron public. Cette solution est la seule qui réponde à une véritable logique industrielle, garante à la fois de la pérennité du service public et de l’indépendance énergétique de la France.
Apres la farce ARCELOR , le hold- up GDF
Un petit retour sur le cas d’ Arcelor, ses causes et son dénouement, est tout à fait éclairant :
Après les rodomontades initiales de Messieurs Vilepin et consorts, ce fleuron de l’ industrie européenne bâti à partir de la sidérurgie française
( sauvée de la faillite par le contribuable et une nécessaire nationalisation ) la partie s’ est jouée exclusivement , à partir du jeu imposé par les spéculateurs financiers et tout particulièrement les prédateurs que sont certains fonds de pension anglo- saxons qui ont imposé une considérable augmentation du prix des actions d’ Arcelor, et ont immédiatement retiré leurs gains une fois la messe dite ( suivis par de nombreux autres actionnaires profitant de l’ aubaine ).
Bien entendu, une fois de plus, ces gains vertigineux et illégitimes seront payés par l’ affaiblissement de l’ entreprise qui devra en assumer la charge au détriment de ses investissements ainsi que par une destruction
d’ emplois considérable.
Le parallèle avec le projet de privatisation de GDF puis de sa fusion avec SUEZ ( ou des dizaines de fonds de pension étrangers sont présents à son capital ) est évident et il n’ est pas sorcier de comprendre que le résultat sera analogue.
Du reste le processus est déjà à l’ œuvre , les dits fonds de pensions ayant annoncé qu’ ils conditionnaient leur adhésion ( en fait un pur chantage ) à une « augmentation substantielle « de l’ action SUEZ !!!!!
Voila comment le hold- up sur GDF est organisé ;
il aboutira à son appropriation par les requins de la finance internationale qui, non seulement se moquent totalement de la protection du consommateur français et européen mais qui, au contraire, sont l’ ennemi de ce qu’ ils appellent des entraves à la libre entreprise, en fait à un obstacle à la religion de leur seul profit.
Rappelons-nous le constat de l’ immense économiste « américain « JM Keynes :
« le capitalisme c’ est la croyance stupéfiante selon laquelle les pires hommes vont faire les pires choses pour le plus grand bien de tout le monde «
Dans un second temps, à l’ issue de la – courte – période de deuil, le résidu de l’ actionnariat public sera balayé ( il faudra bien encore boucher quelques trous des déficits abyssaux de la France, et on vient encore
d’ observer combien, pour certains, la parole de l’ Etat n’ est qu’ un chiffon de papier ) ainsi que les dispositions qui en découlent et qui , aujourd’hui, sont présentées comme des sécurités …dignes de la ligne Maginot ! .
L’ invisible armée des maîtres du monde n’ en fera qu’ une bouchée…ce qui est bien prévu dès maintenant par les initiateurs de ce projet scélérat . Lorsqu’ on prépare un mauvais coup il est désormais habituel de prétendre que l’ on fait l’ inverse !!!
Jusqu’ à quand ceux à qui on a provisoirement confié le pouvoir prendront les Français pour des demeurés et des cocus complaisants ?
Ne voit-on pas, en outre, que la droite s’ apprête, contre le sentiment de la majorité d’ entres eux, à commettre ce forfait pour l’ unique motif que cela servirait ses chances à la présidentielle ! quelle perversion du fonctionnement de nos institutions et quelle démonstration que la
V république mise entre des mains indignes est un système en décomposition !
Oui le jugement de J. Stiglitz, américain lui aussi , récent prix NOBEL
d’ Economie, et ex Vce- Président de la Banque Mondiale, reflète bien la réalité ; en résumé :
- ce projet est inutile et stupide
- la France a un bon système, juste, à bas prix, efficace et très fiable ; pourquoi le casser ?
- si la France a une telle réussite dans l’ énergie, c’ est qu’ il y a un état d’ esprit public
- confier la gestion d’ un parc nucléaire au privé est très problématique…on a vu ce que cela a donné aux USA
( et en GB :
o ruptures de la fourniture résultant de manœuvres spéculatives
o accident nucléaire majeur évité par miracle- Three Mile Islands
o explosion des coûts
o marchandisation crapuleuse de l’ énergie : illustrée entre autre par le gigantesque scandale Enron
o etc…)
Enfin il faut être bien conscient que cette opération en cache une autre :
la fragilisation d’ EDF qui en découlera et qui la conduira à un destin analogue ( et puis, toujours, la vision épicière et à courte vue des trous à boucher… ).
Comment peut-on prétendre vouloir préserver notre système socio-économique et agir de façon à en torpiller l’ un de ses fondements majeurs, qui marche remarquablement au point d’ être envié par le monde entier, et qui est l’ un des rares atouts pour l’ avenir de la France dans le domaine primordial de l’ énergie ?
J.M. Galan Perpignan
bonjour,
Je suis employe d’une filiale du groupe Suez, à ce titre, je souhaite rester anonyme pour etre publié. merci
le president Mestralet et le president de Gdf annonce qu’il n’y aura aucun licenciement dans le cadre de la fusion……pourquoi pas mais surprenant !
Dans le groupe Suez, un plan nommé Sherpa est mis en place afin de mutaliser un certains nombres de services support, finance,drh, dsi etc…
qui à pour but reduire quelques couts et surtout supprimer du personnel.
De plus au profit de societe sous traitante du type Solucom qui est loin d’etre « tres clean »….
c’est un peu contradictoire !!!
Merci de publier cette info.
cordialement
[...] La résolution adoptée sur Gaz de France [...]
[...] La résolution adoptée sur Gaz de France [...]
Moi ce que je ne comprends pas, c’est que si le gouvernement était vraiment responsable, il attendrait le résultat des éléctions présidentielles pour décider de la fusion entre GDF-Suez étant donné que les candidats socialistes ont affirmé vouloir re-nationaliser GDF. Si on part du principe, qu’un élu est là où il est pour le bien de son pays, pourquoi la droite voudrait faire perdre quelques 10 Mds d’€ aux caisses de la France…
Vote de l’article 10 :
Inutile de rappeler l’importance de cet article qui conduit directement à la privatisation de GDF. Dans la nuit du 24 au 25 octobre nos Sénateurs ont bien rempli le rôle que nous attendions d’eux (95 votant CONTRE sur 97 inscrits).
On ne peut malheureusement pas en dire autant de nos chers Députés. En effet, sur les 577 élus qui composent l’assemblée, seuls 130 ont participé à ce vote où la privatisation de GDF a été entérinée par 91 voix POUR et 31 CONTRE parmi lesquels tous n’étaient pas de gauche. Il y avait donc 447 absents ce jour là et combien sur les 150 inscrits ou apparentés PS ? Un vrai goût amer quand on s’aperçoit que l’assiduité aurait été une arme bien plus redoutable que cette avalanche d’amendements aussi dangereuse qu’inefficace…
Bien qu’anonyme ma critique se veut constructive avant tout et je saurai apprécier sa publication. Il me reste à espérer que Dominique soit notre candidat pour qu’il mette en œuvre le mandat unique des Députés et changer ces modes de fonctionnement devenus de plus en plus insupportables.
Merci à tous les lecteurs