Invitée de la semaine, Martine Aubry, secrétaire nationale du PS aux affaires sociales et à l’emploi, a répondu aux questions des internautes
Si le chômage a baissé en apparence, la situation sociale française est alarmante. Plus de 1,1 million de personnes touchent aujourd’hui le RMI, quelque 2,5 millions de salariés sont rémunérés sur la base du SMIC, et le nombre d’intérimaires a progressé de 30% au dernier trimestre. Les inquiétudes et les interrogations des Français sont donc nombreuses. Martine Aubry, secrétaire nationale du PS aux affaires sociales et à l’emploi s’est donc employée à y répondre.
Prochain invité : Razzye Hammadi, président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Envoyez vos questions jusqu’au jeudi 12 octobre 12h, à redaction@parti-socialiste.fr .
De : Pierre-Etienne BOUCHET
Quelles seront les premières mesures sociales à prendre si la Gauche revient au pouvoir l’année prochaine? Faut-il revaloriser les salaires des classes moyennes?
Martine AUBRY : Si la gauche revient au pouvoir, elle devra agir immédiatement pour revaloriser le travail, et donc les salariés, dans notre pays. Ces derniers ont été profondément fragilisés par la droite depuis quatre ans. Il sera alors nécessaire d’agir en direction du monde du travail, en revalorisant les salaires et le pouvoir d’achat. C’est pourquoi nous nous sommes engagés à porter le SMIC à au moins à 1500 euros bruts le plus tôt possible au cours de la prochaine législature, à réviser la politique d’exonération des cotisations sociales, pour favoriser la progression des bas salaires, et à adopter une loi pour que les salariés puissent participer à toutes les décisions qui concernent l’avenir de leurs emplois et des salaires. Nous rendrons enfin la CSG progressive, afin que les classes moyennes, c’est-à-dire les 40% de salariés qui perçoivent un salaire inférieur à 1600 euros bruts par mois, y gagnent l’équivalent d’un treizième mois.
De : Hervé, militant socialiste
2 millions de Français vivent avec moins de 843 euros nets par mois. 700 000 autres vivent avec moins de 722 euros par mois. 3 SDF sur 10 ont un boulot à temps complet. Depuis 1990, l’intérim a progressé de 130 % , les CDD de 60% , les CDI de 2%, alors que le PIB progresse constamment depuis 1990. Il y a donc une insécurité croissante, une France précaire. Depuis 1980, le politique ne peut rien, il gère la pauvreté ou lieu de la combattre, et de réduire les inégalités. Plus le PIB augmente plus les inégalités augmentent. ( extrait d’une émission sur France Inter Là-bas si j’y suis ; du 27 novembre 2006)
Que faire pour que le politique réduise enfin la fracture sociale ?
Martine AUBRY : L’augmentation de la pauvreté et de la grande pauvreté ces dernières années est un phénomène très grave auquel nous devons impérativement répondre, et répondre vite. En favorisant une politique de privilèges, notamment sur le plan fiscal, et en remettant en cause de nombreux mécanismes de solidarité que nous avions mis en place, la droite a considérablement accru cette tendance.
Même si beaucoup restait à faire, la gauche, entre 1997 et 2002, avait mis en place un certain nombre de mécanismes de lutte contre la grande pauvreté, qui ont nettement contribué à réduire ; ou limiter la précarisation de la société. L’institution de la couverture maladie universelle (CMU) a donné une protection sociale à cinq millions de Français, qui en étaient jusqu’à présent exclus. La loi de lutte contre les exclusions, votée en 2000, a mis en place des mécanismes d’accès à l’emploi pour les gens qui en étaient le plus éloignés (programme TRACE, CES-CEC etc.). Ils ont d’ailleurs été profondément remis en cause depuis 2002, avec les effets que l’on sait. Enfin, la loi de modernisation sociale a contribué à sortir de la précarité nombre de Français pauvres.
Si la gauche gagne en 2007, elle devra reprendre ces outils, en les modernisant, et apporter de nouvelles réponses pour lutter contre la grande pauvreté, qui ne touche pas aujourd’hui que les chômeurs, mais aussi nombre de salariés, dont le revenu ne suffit même plus à vivre dignement.
Un effort particulier devra être fait pour lutter contre la pauvreté des enfants, en leur offrant un accès gratuit aux soins, aux besoins de première nécessité et en veillant au respect de l’obligation scolaire.
Nous devrons également améliorer la complémentarité temporaire des revenus du travail et des prestations sociales, pour que la reprise d’emploi permette réellement de sortir de la misère, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas aujourd’hui. Il faudra simplifier les aides en intégrant les minima sociaux, comme le RMI et les diverses allocations au sein d’un Revenu de Solidarité Active. L’objectif est, qu’en dix ans, plus une famille ne vive sous le seuil de pauvreté.
Un grand plan pour le logement d’urgence devra être mis en œuvre rapidement, pour qu’une solution de logement puisse être apportée à toutes les familles dans des délais raisonnables.
Enfin, l’instauration d’un service bancaire de base, accessible à tous les citoyens sans aucune distinction, est une demande sociale à laquelle nous devrons répondre.
De : Nicole BOCK – LIMAY (78)
Certains problèmes ont été oubliées du projet socialistes ou n’ont pas, selon moi, les réponses adéquates.
En effet, le RMI n’évolue plus.Où prévoit-on de l’augmenter? Depuis des années, y compris quand vous étiez au gouvernement, j’ai souhaité , et dit, que j’aimerais que ministres ou députés tentent de vivre pendant un mois avec le montant du RMI : se loger, nourrir, entretenir, rester présentable. Si on veut espérer retrouver un emploi…c’est impossible. Il faut sans cesse faire appel aux restos du cœur, aux associations caritatives, aux centres communaux d’action sociale (CCAS). Avant d’être élue, j’ai eu des années « noires », où j’ai vaguement survécu avec ce RMI. je n’en parle pas sans savoir. On achève de casser les gens et leur dignité. J’avais les diplômes et la capacités de rebondir. Beaucoup ont en plus des problèmes de santé.
Par ailleurs, on ne parle pas beaucoup de retraite. Je suis en retraite depuis un an, par « incapacité au travail » (migraine, arthrose), je bénéficie donc du « minimum vieillesse », qui a changé de nom depuis. Mais presque tous ignorent, et moi jusqu’à le toucher, que ce minimum est un leurre : il dépend du nombre de trimestres travaillés, des raisons familiales, etc… Ainsi, je ne touche que 353€ par mois. D’autres touchent moins! Est-ce décent de ne pas penser à augmenter ces retraites? Encore une fois, comment vivre avec cela?
Martine AUBRY : En ce qui concerne le RMI, s’il faut avoir effectivement une action sur son montant, il me semble que la question la plus préoccupante aujourd’hui est l’explosion du nombre de RMIstes depuis que la droite est au pouvoir.
Avec la réforme de l’ASS, la droite a en effet basculé massivement des personnes sans emplois des ASSEDIC vers le RMI, pour dégonfler artificiellement les statistiques du chômage avec toutes les conséquences que vous décrivez fort bien. C’est inadmissible.
Nous conduirons une politique radicalement inverse en valorisant le travail et la mise en œuvre d’un véritable service public de l’emploi unifié.
Je me suis beaucoup battue pour cela, en proposant dans notre projet de créer une couverture professionnelle universelle. Il s’agit en un mot que chacun puisse garder ses droits d’un emploi à l’autre, tout au long de sa vie professionnelle. Que les périodes de chômage ne soient plus le temps de la précarité, du déclassement et de l’humiliation, mais mises à profit pour se former et donner un nouvelle direction à sa carrière.
L’objectif est simple, mais ne nous y trompons pas, il s’agit d’une véritable révolution. Il nous faudra repenser l’organisation du système scolaire, du service public de l’emploi, de l’indemnisation du chômage…Repenser l’emploi en quelques sortes.
La première pierre de cet édifice, c’est EVA, pour faciliter l’entrée dans la vie active des jeunes avec la mise en place d’une allocation autonomie.
La question du montant des pensions de retraite est une autre question qui préoccupe un nombre grandissant de nos concitoyens, notamment suite aux effets ravageurs des réformes Balladur et Fillon, qui ont considérablement diminué le montant des pensions.
Le projet socialiste prend donc un certain nombre d’engagements clairs, à la fois sur le montant des pensions et sur la nécessité d’une retraite décente pour tous. Ainsi, nous nous engageons à :
• Mettre en place un niveau minimal de pension qui devra s’approcher du SMIC,
• Abroger la loi «Fillon» de 2003 qui a programmé l’abaissement du niveau des retraites
• Améliorer la protection sociale des collaborateurs appartenant à la famille de l’exploitant et les non-salariés agricoles exploitant de petites surfaces, ainsi que les petites retraites.
De : Stephane POGGI – Nice
Avec l’entrée dans l’union européenne de dix nouveaux pays, une des conséquences directes est une baisse conséquente des dotations des fonds structurels européens (FSE). Le gouvernement martèle que la priorité est l’emploi des jeunes, c’est vrai. Mais, dans un pays marqué par le vieillissement de sa population, ne trouvez vous pas que l’on devrait parler, et surtout agir davantage, pour favoriser le retour en emploi des quinquagénaires?
Enfin, ne trouvez vous pas scandaleux que cette baisse soit répercutée sur un outils efficace et qui vous est cher : les plan locaux pour l’insertion et l’emploi (P.L.I.E)? Quelles seraient les actions et propositions du PS à ce sujet en cas de victoire en mai prochain?
Martine AUBRY : L’Union Européenne a effectivement consenti un effort financier conséquent en direction des 10 nouveaux pays membres, afin de leur permettre de rattraper, dans les meilleurs délais, leur retard économique et social, comme elle l’avait déjà fait pour l’Espagne et le Portugal par exemple.
Néanmoins, la baisse des crédits du FSE n’est pas imputable à cet effort, mais au refus de la droite Française de permettre une hausse du budget européen, qui a conduit l’Union à réduire les dotations du FSE, ce que je ne peux que regretter.
Pour ma part, – et en tant que Maire de Lille – je soutiens les initiatives des collectivités qui luttent pour le rétablissement des crédits du FSE, notamment ceux dédiés à l’accompagnement vers l’emploi des chômeurs. Mais, au-delà de la restauration des crédits affectés aux publics les plus éloignés de l’emploi, les socialistes s’engagent aussi à réformer le service public de l’emploi pour mettre en synergie les différents acteurs de la politique de l’emploi, notamment les régions qui sont l’échelon pertinent pour définir les orientations et les objectifs de la politique de formation.
Aujourd’hui, notre marché du travail exclut massivement les seniors. Parce que nous refusons que celles et ceux qui souhaitent travailler se voient exclus du marché du travail, parce que nous sommes les promoteurs de la société du travail, nous faisons de leur maintien dans l’emploi l’une de nos principales priorités.
Pour y parvenir, il est impératif de revenir sur les dispositions adoptées par la droite qui favorisent l’éviction des salariés âgés (suppression de la contribution Delalande). En outre, le Parti socialiste propose pour tous les salariés de plus de 45 ans, la mise en place d’un contrat «seconde chance», comportant un bilan de compétences, une qualification adaptée, une validation des acquis de l’expérience et un congé de formation qualifiante. Enfin, il réunira les partenaires sociaux pour mettre en place des modalités nouvelles de protection de l’emploi des seniors, et recourra au besoin à des pénalités financières pour les entreprises qui continuent de les exclure de l’emploi.
De : OLIVIER DEL GRANDE – militant socialiste de la section de Bondy
En tant que bénéficiaire de l’allocation de solidarité active (ASS), je souhaite savoir si la réforme 2004 de l’ASS contre laquelle le PS s’est battu, à l’époque – et notamment la limitation de sa perception à 24 mois – sera ou non abrogée si la gauche gagne la présidentielle ?
Martine AUBRY : Les socialistes ont fermement combattu cette restriction des conditions d’accès à l’ASS, qui a fait basculer plus de 100.000 de ses bénéficiaires vers le RMI.
Ce gouvernement, qui prétendait « revaloriser le travail », aura donc plongé dans le plus grande exclusion des demandeurs d’emploi qui étaient en phase de réinsertion, dans le but de faire baisser artificiellement les statistiques du chômage et d’économiser 500 millions d’euros, en transférant une nouvelle charge non compensée sur les collectivités locales.
Cette mesure, qui dévalorise autant le travail que les travailleurs, est particulièrement dangereuse, car elle pousse à l’éloignement durable du monde du travail, les moyens de l’ANPE pour retrouver un emploi étant concentrés sur les demandeurs d’emploi et non sur les Rmistes.
Je ne doute pas que, revenus au pouvoir, nous remettrons en cause cette mesure funeste.
L’accès aux droits est prioritaire, mais aussi le travail. Il faut repenser le travail.
Le travail ce n’est pas seulement le moyen de gagner sa vie, c’est celui d’exister, d’être utile socialement, de se valoriser.
J’entends beaucoup parler de revalorisation du travail. Pour certains, et même parfois chez nous, cette expression recouvre une critique des Français qui auraient perdu le sens de l’effort. Pour d’autres, il s’agirait de demander aux salariés de faire des heures supplémentaires pour arriver à vivre de leur travail.
Pour moi, la revalorisation du travail, c’est toute autre chose. La valeur travail, il faut la défendre sans démagogie.
. Valoriser le travail, c’est reprendre la lutte contre le chômage, créer des emplois alors que la droite ne l’a pas fait, généraliser les 35H.
. Valoriser le travail, c’est payer le travail et pas en heures supplémentaires ; rééquilibrer la répartition des fruits de la croissance en faveur des salaires ; revaloriser largement les plus bas salaires, en commençant par le SMIC.
. Revaloriser le travail, c’est enfin améliorer les conditions de travail , lutter contre la précarité et interdire des stages après l’obtention du diplôme…
Notre projet va au-delà et je m’en réjouis, je me suis beaucoup battue pour cela, en proposant de créer une couverture professionnelle universelle. Il s’agit en un mot que chacun puisse garder ses droits d’un emploi à l’autre, tout au long de sa vie professionnelle. Que les périodes de chômage ne soient plus le temps de la précarité, du déclassement et de l’humiliation, mais mis à profit pour se former et donner une nouvelle direction à sa carrière.
L’objectif est simple, mais ne nous y trompons pas, il s’agit d’une véritable révolution. Il nous faudra repenser l’organisation du système scolaire, du service public de l’emploi, de l’indemnisation du chômage…Repenser l’emploi en quelques sortes.
La première pierre de cet édifice, c’est EVA, le programme d’entrée dans la vie active.
De : Jean-Michel Musset – militant de la section Coutances (Manche)
Il y a 5 ans, le monde ouvrier a été le grand absent des débats, et on avait l’impression que le PS ne savait plus parler aux ouvriers !
Aujourd’hui on parle des entreprises qui sont en difficulté, mais il en existe aussi qui « tournent bien » MAIS A QUEL PRIX !: dégradation des conditions de travail, stress et pénibilité, flexibilité à sens unique, refus par les directions de négocier, et cerise sur le gâteau : « je m’assoie sur le code du travail », dixit un de mes dirigeants.
D’ailleurs, la droite a déjà commencé à démanteler le code du travail.
Quelle est la position du PS pour maintenir les acquis des salariés du privé? Socialement, quelles réformes profondes pouvons-nous attendre ? il y a dans les entreprises une vraie attente d’un projet pour rendre sa dignité à la classe ouvrière.
Martine AUBRY : Je suis la première à reconnaître que nous n’avons pas assez pris en compte la montée de la précarité entre 1997 et 2002. Je crois que nous avons eu raison de mettre la lutte contre le chômage comme priorité. Nous devons retrouver le chemin de la création d’emplois, et d’emplois de qualité. Il y a dans le salariat une demande croissante de lutte contre la précarité et les mauvaises conditions de travail. Et il est un fait que les différentes politiques de l’emploi qui se sont succédé depuis plusieurs années n’ont pas suffi à enrayer la précarité du travail.
Toutefois, la droite au pouvoir depuis 2002 n’a cessé de remettre en cause les protections des salariés dans la relation de travail : mise en cause des 35 heures par une augmentation des heures supplémentaires et une baisse du taux de leur rémunération ; suppression des protections contre les licenciements économiques de la loi de modernisation sociale ; attaques inédites contre le contrat de travail avec le contrat « nouvelles embauches » et le CPE avorté ; inversion de la hiérarchie des normes dans les négociations collectives… La liste est longue et montre la brutalité de la politique conduite par la droite envers les travailleurs.
Nous devrons donc, si nous revenons aux responsabilités en 2007, améliorer la qualité du travail et lutter contre toutes les formes de précarité dans l’emploi. C’est pourquoi nous nous engageons à instituer, avec les partenaires sociaux, ce que nous avons appelé une « couverture professionnelle universelle » (CPU), fondée sur les éléments suivants :
- Elle assurera les trois éléments majeurs du travail : l’emploi, une garantie de ressources et la promotion professionnelle. Dans ce cadre, nous créerons un droit individuel à la formation tout au long de la vie, d’autant plus élevé que la formation initiale aura été courte. Il prendra la forme d’une « carte vitale professionnelle ».
- Nous unifierons les droits des demandeurs d’emplois : une garantie de ressources de base, ouverte à tous les actifs privés d’emploi et financée par la solidarité nationale, et un régime complémentaire, proportionnel au dernier salaire, l’Unedic, géré par les partenaires sociaux. Chaque demandeur d’emploi bénéficiera d’un accompagnement individualisé dans un dispositif comportant un bilan, la formation professionnelle et un référent unique. Nous lancerons une négociation pour aller vers un Service public de l’emploi unifié, mettant en synergie les différents acteurs de la politique de l’emploi, notamment les régions qui sont l’échelon pertinent pour définir les orientations et les objectifs de la politique de formation.
- Pour les jeunes, nous lancerons le programme d’entrée dans la vie active (EVA). Il reposera sur une allocation d’autonomie dans le cadre d’un parcours de formation et de recherche d’emploi. Chaque jeune bénéficiera d’un suivi individualisé pour accéder à une première expérience professionnelle.
- La rémunération des stagiaires et leur encadrement seront réglementés.
- Pour lutter contre la précarité, nous supprimerons le CNE et réaffirmerons la primauté du CDI sur toute autre forme de contrat de travail. À cet effet, nous modulerons les cotisations sociales en fonction de la durée du contrat de travail et du nombre de contrats précaires dans l’entreprise. En cas de licenciement économique, nous étendrons les droits aux salariés en fin de contrat à durée déterminée (CDD) et de mission d’intérim, les différents congés de conversion ou de reclassement seront réunifiés. Dans le cas de licenciements « boursiers », c’est-à-dire de suppression d’emplois liées non à une difficulté réelle pour l’entreprise, mais à la seule recherche d’un taux de profit supérieur, ce sont les procédures préalables à la définition du plan social qui seront renforcées afin d’assurer un véritable contrôle de la part des salariés. Nous réviserons les relations entre les entreprises sous-traitantes et les donneurs d’ordre pour mieux protéger les salariés. Dans les fonctions publiques, nous engagerons un plan de lutte contre la précarité et supprimerons tout dispositif de nature à porter atteinte au statut général de la Fonction publique.
De : Elisabeth Gendret
Ferez-vous partie du prochain gouvernement socialiste pour terminer votre réforme des 35 heures (35 heures pour tous et contrôle intensif du travail au noir), afin de faciliter l’embauche des jeunes qui ont beaucoup de mal, actuellement, pour trouver un emploi stable ?
Martine AUBRY : Avant de penser au futur gouvernement, il faut déjà faire en sorte que la Gauche l’emporte en 2007. Après cela, une chose est certaine, il faudra généraliser les 35 heures, comme le prévoit le projet socialiste, ne serait-ce que pour répondre à un impératif d’égalité entre les salariés. Aujourd’hui, du fait de l’action de la droite depuis 2002, le salariat est globalement coupé en deux, dans de nombreux domaines, mais en particulier sur la question du temps de travail. Cette extension du bénéfice des 35 heures devra être précédée d’un bilan de l’application de la réduction du temps de travail avec les partenaires sociaux, tant du point de vue qualitatif que quantitatif.
Sur cette base, il conviendra de relancer les négociations sur le temps de travail, pour en étendre le bénéfice à tous les salariés et relancer les créations d’emploi. Si la négociation n’aboutit pas, la loi devra intervenir, notamment pour rétablir les taux de rémunération des heures supplémentaires et les plafonds horaires, comme ils l’étaient avant leur remise en cause par la droite.
Il est urgent de renouer avec un autre partage des richesses, dont est indissociable une autre répartition du temps passé au travail. Les libéraux, toujours prompts à pourfendre la réduction collective du temps de travail, sont les premiers à favoriser les contrats à temps partiel imposés aux salariés, avec les conséquences que l’on sait sur les conditions de vie très précaires des intéressés. Il nous faut donc assumer clairement notre approche de cette question essentielle et nous engager à nouveau à en faire un grand projet de société, d’emploi et de réduction des inégalités.
De : Martin Lelo – militant P.S section de Mulhouse
La France, notre pays, est multicolore dans sa composition. Pourquoi le parti socialiste au niveau de ses instances de direction ne l’est-il pas? Pourtant, nous trouvons dans notre pays, beaucoup des jeunes d’origine du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne dans le secteur de l’animation sociale et culturelle.
Mais, c’est beaucoup plus rare dans l’enseignement, alors que le nombre d’enfants originaires de ces pays scolarisés en France est important et croissant. Ne croyez-vous pas que la mixité sociale, l’égalité de chances, l’acceptation de l’autre, feraient un bon en avant, si à votre niveau vous faisiez de ce sujet, votre cheval de bataille des inégalités sociales en France! Le parti socialiste aurait-il peur et honte de ces basanés à qui on ne reconnaît le statut de compatriote que dans le sport et sur le papier?
Martine AUBRY : La France accuse un retard inacceptable dans la représentation politique de sa diversité. Opposé à l’idée des quotas qui fait fi du mérite personnel, le Parti Socialiste entend agir avec volontarisme pour changer la donne. Ainsi, nous avons investi des candidats issus de la diversité, mais sans doute pas assez, pour les élections législatives de l’an prochain. Pour autant, ce changement ne peut suffire en soi : il s’agit d’une étape qui appelle de nouvelles conquêtes. L’enjeu est de taille, et les socialistes sont déterminés à se battre au quotidien pour faire de l’égalité des chances une réalité, de la mixité sociale et culturelle un atout pour la France et de l’acceptation de l’autre le fondement de notre pacte républicain.
Je vais vous dire une chose. Moi je ne me retrouve pas dans une France où nous sommes tous identiques. J’aime la France de toutes les couleurs, de toutes les religions, de toutes les cultures. La France n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle est le pays des droits de l’Homme, dans son organisation interne comme dans ses relations avec l’extérieur, quand par exemple elle accueille les opprimés et les exilés. Les Français ne se sentent pas bien dans cette France repliée sur elle-même, éclatée et injuste que nous prépare Nicolas SARKOZY. Il se retrouveront eux-mêmes quand ils retrouveront les autres.
De : Sylvette AUDY
Comment envisagez vous la retraite, soit 40 ans de versement sans dépasser l’âge, et calculée sur les 5 trimestres du début de carrière ; la baisse des charges sans passer par des réductions qui sont liées avec le SMIC, et empêchent l’augmentation des salaires et le pouvoir d’achat ?
Martine AUBRY : La réforme des retraites est indispensable et un rendez-vous important est prévu à cet effet en 2008. Si les socialistes sont au pouvoir, ils auront la lourde responsabilité de garantir l’avenir des retraites, ce que la Réforme Fillon, qui programmait l’abaissement du niveau des retraites, n’a pas fait. Nous abrogerons donc la réforme Fillon, et son remplacement fera l’objet d’une large négociation.
Nous voulons un système plus juste avec trois priorités :
- prendre en compte la pénibilité du travail ;
- revaloriser les petites retraites ;
- revenir à un financement exclusif par répartition.
À nos yeux, la retraite à 60 ans doit demeurer un droit. Pour sécuriser et rendre plus juste notre système de retraite, nous amplifierons les efforts en direction de la création d’emplois, faciliterons l’entrée des plus jeunes dans la vie active, organiserons la seconde partie de carrière des plus âgés. En effet, le financement des retraites passe obligatoirement par une baisse massive du chômage. C’est à cette condition que les arbitrages pour définir les règles de partage de l’allongement de l’espérance de vie, entre la durée de la vie professionnelle et celle de la retraite, pourront être trouvés.
La politique d’exonération des cotisations sociales sera révisée, notamment pour favoriser la progression des bas salaires. Le Parti Socialiste envisage très sereinement de revenir sur une partie des 23 milliards d’exonérations de cotisations sociales, dont l’efficacité en termes de créations d’emploi est parfois nul ou faible. Il propose d’utiliser les cotisations sociales à des fins de politique économique et sociale, notamment en les modulant en fonction de la durée du contrat de travail et du nombre de contrats précaires dans l’entreprise, et en les calculant sur l’ensemble de la richesse produite et non sur les seuls salaires.
Enfin, pour redonner du pouvoir d’achat aux ménages modestes et moyens, nous réunirons chaque année une Conférence nationale tripartite, qui aura pour objectif de débattre des orientations et des propositions en termes de politique salariale pour rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital et rénover les grilles de classification. En cas d’échec de la Conférence, nous légiférerons pour fixer une nouvelle méthode de négociation. Parallèlement, nous porterons le SMIC au moins à 1500 Euros bruts le plus tôt possible dans la législature, agirons sur les prix en réinstaurant une baisse de la TVA sur la TIPP en cas d’envol des cours du pétrole, et rendrons notre fiscalité plus redistributive en rendant la CSG progressive, et en la fusionnant à terme avec l’impôt sur le revenu.
De : Mireille Carchidi – Journaliste à Radio Dialogue-Marseille
Comme l’idée d’une loi-cadre sur les services publics est minoritaire au Parlement européen, quelle riposte les socialistes ont-ils prévu de mener? Acceptent-ils de traiter les services sociaux et de santé séparément, comme le veulent la majorité et le Président de la Commission ?
Martine AUBRY : La question des services publics, de leurs fondements et des moyens qui leur sont donnés est au cœur du projet des socialistes français et des socialistes européens.
Notre volonté, c’est de défendre le secteur public pour la production des biens publics, parce que c’est la condition de l’accès de chacun et de tous les territoires aux moyens de leur développement. Parce que le marché exclut et privilégie la rentabilité à court. Parce que le privé a toujours mené à l’impasse en la matière. C’est ce qui guide nos propositions sur EDF, sur l’hôpital ou sur l’école qui doivent retrouver les moyens de son excellence.
La question aujourd’hui posée est la suivante : comment pouvons-nous moderniser ce modèle tout en préservant ce qui en fait les fondements, à savoir l’égalité et la solidarité ?
Il est évident que nous ne pouvons avancer seuls sur ce sujet. C’est pourquoi, le PSE a déposé une proposition de directive cadre sur les services publics, qui donnerait un cadre juridique protecteur à certains services essentiels, tels que les services sociaux et de santé, mais aussi l’éducation, les transports ou l’énergie. Pour l’instant, la Commission refuse systématiquement d’avancer en ce sens.
L’approbation du rapport très controversé du Suédois Gunard Ho Kmark (PPE) le 27 septembre ne donne aucun cadre formel européen pour organiser les services publics, prend acte de la position très libérale de la Commission, nie toute proposition alternative au dogme lancinant de la privatisation en privilégiant une approche par segment de marché, et se décharge totalement sur les États pour le financement des activités de service public.
Or, les services publics, qui sont au cœur du projet politique et social de l’Europe, régressent partout en Europe, et l’absence d’une démarche globale et de cadre minimum d’exercice risque d’accentuer cette tendance.
Alors que beaucoup de services publics sont privatisés, les premières évaluations qui en sont faites sont particulièrement négatives. 9 opérateurs postaux (Belgique, Chypre, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Luxembourg, Pologne) ont récemment mis en garde la commission européenne contre une « libéralisation à marche forcée », et sur ses effets collatéraux qui obligent les Etats à réduire l’offre publique.
Tout le travail des parlementaires socialistes nationaux et européens doit être de faire prendre conscience qu’à terme, cette dérégulation créera une Europe à géométrie variable et une offre « à deux vitesses », avec de vraies fractures sociales et territoriales où seuls les « plus riches » pourront compenser l’absence de service public.
De : Fabienne Onoriani
Nouvelle adhérente du parti socialiste, je voudrais savoir ce qui peut se faire pour éviter les délocalisations? En effet, beaucoup de gens se retrouvent sans travail à cause de ces délocalisations, et touchent ensuite le RMI.
Comment augmenter les salaires sans peser sur la survie des entreprises en sachant qu’elles sont en concurrence avec des entreprises qui pratiquent encore l’esclavage, comme les entreprises chinoises par exemple?
Martine AUBRY : Nous devons agir pour lutter contre les délocalisations. Aussi, nous mettrons en place une Agence Nationale de Réindustrialisation. Elle pourra agir préventivement par des aides ciblées. Elle organisera la reconversion des sites. Elle pénalisera le comportement des « patrons voyous ». Les restructurations et cessations d’activités devront comprendre un volet économique territorial et une contribution à la réindustrialisation des sites touchés. Enfin, l’Etat jouera pleinement son rôle d’actionnaire pour favoriser l’emploi et le développement industriel.
Il faudra aussi agir au niveau européen. Une meilleure protection de l’Union dans une concurrence commerciale désormais mondiale est aujourd’hui nécessaire en établissant des règles sociales et environnementales applicables aux produits importés – ce qui suppose un débat sur les règles de l’OMC – et en unifiant la représentation de l’Union Européenne dans les institutions financières internationales.
Il faut mettre en oeuvre des instruments capables de mieux protéger l’industrie européenne et son avenir, notamment contre les délocalisations extra-européennes. Cette exigence appelle un renforcement du tarif extérieur commun. Enfin, nous devons être à l’origine d’un projet fiscal fondé au départ sur la détermination de règles d’harmonisation entre les pays de la zone euro.
De : Laurent Filloux – militant socialiste de l’Hérault
Que pensez-vous de l’idée de permettre le transfert de cotisation Assedic d’un pays étranger membre de l’Union Européenne à un autre pays membre, lorsqu’après plus de 6 mois minimum de contribution au système local, une personne qui s’était expatriée pour travailler retourne dans son pays d’origine, et souhaite y chercher du travail et y vivre de façon définitive quand elle a dû démissionner de son poste dans le pays ou elle travaillait ?
En effet, à l’heure actuelle, c’est une aberration de voir que cela n’est pas possible alors que l’on peut le faire pour les cotisations de sécurité social d’au minimum un an, et que pour les cotisations retraite on peut les récupérer lors de son départ en retraite.
Martine AUBRY : Je pense qu’il serait normal que lorsqu’une personne qui s’était expatriée pour travailler retourne dans son pays d’origine pour rejoindre sa famille, un regroupement familial en quelque sorte, elle ait le droit à un transfert de cotisation Assedic. S’il s’agit du cas d’une personne seule qui démissionne de son emploi pour revenir dans son pays d’origine, on est en droit de demander à ce qu’avant de démissionner elle ait trouvé un autre travail dans son pays.
Mais, il est en effet nécessaire que l’Europe s’empare de ces questions et avance en ce sens. Les politiques de protection sociale sont les moins avancées du droit social européen, et cette situation n’est pas satisfaisante. Nous n’en sommes qu’au stade de la coordination de politiques nationales, la protection sociale étant aujourd’hui du ressort national et différant beaucoup d’un Etat à l’autre, alors qu’il faudrait en faire un sujet d’intégration européenne, comme nous l’avons fait en matière de consultation des travailleurs ou d’égalité hommes-femmes. C’est un des grands chantiers de l’Europe sociale que nous voulons construire avec nos partenaires socialistes européens.
Une telle orientation devra notamment permettre de favoriser la mobilité des travailleurs en Europe, en faisant en sorte qu’il n’y ait plus à terme aucune rupture dans la chaîne de leurs droits sociaux et de leur carrière professionnelle : droits à l’assurance chômage, à la protection sociale, validation des acquis de l’expérience, continuité des droits sociaux, droit à la formation etc. Tous ces droits devront progressivement être reconnus en droit européen et transférables d’un pays à l’autre, d’une entreprise à l’autre.
Bonjour Martine,
Content de vous lire, et d’avoir ainsi la confirmation que c’est vous qui répondez le mieux, au PS et à gauche, à la question déterminante de la précarisation de l’économique et du social, qui fragmente nos sociétés.
Ma question sera donc autre, et reste pour moi une interrogation épaisse : alors que vous avez incarné les mesures phares de la mandature Jospin, en l’occurence ses meilleures (35 heures, Emplois Jeunes, CMU), que vous représentez une offre politique moderne, offensive et volontariste, et que votre ancrage local autant que votre expérience ministérielle vous procure une étoffe dont peu de personnalités peuvent se prévalloir au PS…
… bref, que vous étiez la seule personnalité à pouvoir apporter une contradiction de poids à Royal, contradiction oh combien impérieuse si nous ne voulons pas resservir la même politique que la droite, sous couvert de « faire tomber des tabous »…
… pourquoi Martine avez-vous décidé de ne pas vous présenter au suffrage miltant, pour l’investiture présidentielle de 2007 ?????
Pour le PS, pour la gauche, pour la France, pour l’Europe même… c’est un immense gâchis je trouve.
nouvelle adhérante au ps. je travaille dans une mission locale et je m’occupais auparavant des réfugiés qui touchent de plein droit le RMI. Les départements craquent complètement devant l’ampleur budgetaire que constitue l’allocation du RMI. Ainsi, augmenter le rmi, ne serait pas mettre en difficulté les départements et du coup, les bénéficiaires? De plus, le « i » du rmi a été depuis presque le début de son installation, oublié. En effet, les formations (et encore plus depuis les mandats de la droite) sont de moins en moins nombreuses, le contrat d’insertion (prévu initiallement comme étant obligatoire) n’est pas signé automatiquement. En effet, les assistantes sociales (dont l’insertion professionnelle n’est pas le métier) sont débordées et un choix au niveau des départements et des communes est effectué quant aux suivis réguliers des bénéficiaires.
D’autre part, en ce qui concerne l’insertion des jeunes, il ne me semble pas efficace d’insuffler un énième programme sans évaluation de ce qui existe déjà. la droite, par soucis de marquer son passage a retirer trace, sans l’évaluer, par soucis démagogique et de politique de l’apparence. sur le terrain, tout cela nous parait extrèmement confus, objectivant ainsi les acteurs de terrains qui bricolent au jour le jour des parcours d’insertion de plus en plus difficiles à mesurer l’impact sur les publics et en cherchant les faibles moyens dont nous disposons.
Une évaluation des moyens engagés et des objectifs atteints non pas uniquement en terme quantitatif mais aussi et surtout qualitatif, et non pas un contrôle des pratiques du terrain, serait pour nous un moyen d’avancer, de revendiquer haut et fort notre utilité d’une part et d’autre part, à vous politiques, d’insuffler les politiques de l’emploi sur le terrain. De plus, à l’heure où un soi-disant démocrate aux méthodes fascisantes, M. Sarkozy, attaque les professionnels de l’insertion, de l’éducation, de la prévention, de la justice, une culture de l’évaluation permettrait d’opposer des faits quantifiés à partir d’items précis et validés par les acteurs de terrains, face à une idéologie populiste loin de la réalité de ces domaines.
De plus, les métiers sous tensions tels que le BTP, l’hôtellerie et la restauration, la distribution, ne bénéficient pas actuellement d’accords de branches garantissant un revenu de vie correcte. Voilà pourquoi, à mon avis, ces métiers sont sous tensions. effectivement, si les syndicats avaient plus de poids, la négociation serait plus juste. Mais la place des jeunes sans qualification n’est pas nécessairement à trouver dans ces emplois. ce n’est pas de l’insertion durable et un jeune est un être en devenir qui a soif d’avenir.
Les organismes de formations sont soumis à des objectifs de réussites qui les poussent à recruter des personnes dont le niveau général est plus que suffisant. Ainsi, les non qualifiés restent sur la touche et très peu de moyen leur sont offert afin qu’ils atteignent le niveau requis pour entrer en formation. Nous créons là, un noyaux dur de l’exclusion, mouvement accentué par une droite qui émet l’idéologie que les êtres humains n’évoluent pas de leur naissance à la fin de leur vie. Idéologie, puisque les sciences humaines nous ont montré depuis plus de 2 siècles que cela était totalement faux.
que proposer, outre qu’un programme de plus, en terme de formation permettant la construction réelle d’un projet professionnel à partir des voeux de la personne, la découverte des métiers (et pas uniquement des métiers en tension) en terme de qualification et d’expérience professionnelle. Comment amener les entreprises à établir un réel partenariat avec les acteurs de l’insertion et à donner leur chance aux 16-25 ans notamment?
Les contrats aidés ne fonctionnent pas, nous en voyons très peu sur le terrain, les exonérations dont bénéficient les entreprises ne sont pas une solution très attractives, lorsque l’on voit la difficulté à trouver un patron dans le cadre d’un contrat en alternance.
Très satisfait de la réponse de Martine sur ma question concernant la France multicolore. Je retiens le mot volontariste dans sa réponse. J’y crois et j’attends de voir, parce que la France à mon avis ne peut pas aller de l’avant si elle continue d’ignorer sur le trottoir des laisser pour contre le nombre aussi important des hommes et des femmes qui ont en leur âme et conscience choisi de devenir français. La France a besoin de leurs énergies pour jouer pleinement son rôle de la nation des droits de l’homme. Cordiales salutations Martin. Armé jusqu’au dent, prêt pour le combat jusqu’à ce que la droite ait ses deux genoux par terre.
Sympathisante du parti Socialiste, faisant partie des déçus de 81 et de la politique qui a suivi, je suis d’accord en grande partie avec ce que vous dites. Cependant, je ne peux pas m’empêcher de vous dire que c’est la gauche qui a crée les CES et autres réjouissances de ce style. Alors, pour celui qui ne voulait qu’un complément de salaire mensuel (pas mal), pour ceux qui ont du en vivre !!! Allez-vous reprendre la même politique ?
Cas personnel, multiplié par des milliers, voire des millions, je perçois l’ASS, je vis seule, je suis handicapée et ne peux pas faire n’importe quel travail, dans n’importe quelle condition, j’ai trouvé des remplacements près de chez moi malgré mes difficultés (car en plus j’ai 51 ans et la 1ere fois qu’un patron m’a dit que j’étais trop vieille, j’avais 38 ans), en juin j’ai travaillé 72 heures, aucune ASS ne m’a été versée (à la limite je ne conteste pas), la CAF m’a supprimé la moitié de mon allocation logement, autrement dit en travaillant 72 heures, mes revenus de juin ont été de l’immense fortune de 654€. Je vous laisse imaginé comment nous vivons avec une telle fortune et 430€ de loyer (T2), car évidemment les loyers très onéreux désormais ne semblent pas être pris en compte dans l’indice des augmentations de prix et pourtant il faut le payer tous les mois. Heureusement que cet emploi était à proximité de mon domicile car si en plus j’avais eu des frais de déplacements pour m’y rendre, il aurait mieux valu que je reste couchée. Ceci je le répète est un cas personnel, à l’heure actuelle multiplié par des milliers voire des millions. Tout un tas de gens qui même pour certains n’ont pas de domicile. Je fais personnellement tout ce que je peux pour en avoir encore un, ainsi que plein d’autres personnes, pour me donner la chance de trouver mieux et ainsi sortir, non pas artificiellement de la liste des chômeurs, pour en sortir définitivement (car la majorité des personnes dans ce genre de situation veulent vivre de leur travail) et j’ai bien dit vivre, tout comme les artisans, les petits commerçants, les professions libérales etc… Alors s’entendre traiter de fainéants et se voir traiter comme si nous n’avions rien fait de notre vie, lorsque on a travaillé pendant 33 ans, ça suffit. Comment voulez-vous que l’on croit encore à quelle politique que ce soit?
Quand aux 35 heures, elle n’existent pas dans la plupart des entreprises du privé, alors j’en ai marre qu’on nous bassine avec ce genre de conneries. La cour des miracles existe encore, hélas sous quelle politique que ce soit. Et tout un tas de gens qui ont dénoncé ceci dans le passé doivent se retourner dans leurs tombes en voyant ce qui se passe. Voyez-vous quelque chose de changer depuis le temps de la royauté ? Le roi, la cour, les sujets, les gueux, les cerfs et les vilains ; regardez le monde d’aujourd’hui et dites-moi quelle est la différence ? Alors 1789, je suis contre, allons-nous enfin nous y mettre ensemble pour sortir la France et le monde de cette situation, car si vous regardez au niveau mondial, c’est pareil. La France et l’Europe ne sont pas la pire image et cependant il est inadmissible que dans un pays comme la France, des gens n’aient pas de quoi se loger et se nourrir convenablement. Heureusement, il y a des associations, qui font un travail remarquable, et qui en même temps tempèrent pour une paix sociale très alléatoire, et ça arrange beaucoup de monde. Les restos du coeur, formidable et une honte qu’ils existent encore, Coluche doit gueuler et d’ailleurs il gueule si fort que je l’ai entendu. Attention, ça va fumer noir bientôt, pour peu que quelqu’un prenne la tête de cette cour des miracles et les réveille. Alors écoutez-nous et surtout entendez-nous, la violence et la révolution telle qu’elle s’est produite par le passé n’est pas la solution. Ce n’est pas l’image que vous donnez en ce moment de vos partis et de vos querelles perpétuelles, qui vont nous donner confiance. Que ce soit Ségolène ou autre, Sarkozy ou autre, depuis toujours, que ce soit les uns ou les autres, pour bon nombre d’entre nous, ça n’a pas vraiment changé. Ne croyez pas que je ne fais que critiquer, j’agis à ma manière, et de toute façon je ne critique jamais pour critiquer. La critique, lorsqu’elle construit est excellente, ce n’est pas le cas de vos querelles imbéciles pour savoir lequel va être à l’Elysée. J’aimerais être convaicue que ce n’est pas par désir de pouvoir individuel uniquement, et vous n’êtes convaincant, ni les uns, ni les autres pour cette catégorie de la population qui n’a plus ou peu d’espoir de voir enfin un vrai changement.
Adhérent socialiste des Pyrénées-Atlantiques
Les réponses de Martine AUBRY puisent dans le mécano technique (orientations sociales, fiscales, etc..) dont dispose l’Etat pour réguler et organiser le fonctionnement de notre société.
Les propositions faites me paraissent bien, dans le droit fil de notre projet pour 2007, de nature à réorienter le curseur vers plus de justice sociale.
Les gestionnaires de droite ont montré surtout depuis 2002 leurs capacités à utiliser le « mécano » pour faire prendre au peuple les « vaissies » de leur politique clientéliste pour les « lanternes » d’un progrés individuel ( impôt sur le revenu, heures supplémentaires, PPE…).
Cette communication trompeuse, surrajoutée à la tendance lourde à l’indidualisme, déboussolle l’électeur populaire et affaiblit le discours complexe sur la régulation sociale, fiscale, économique dans une économie de marché ouverte.
Pour en revenir au détail des propositions sociales formulées par Martine, l’enjeu réel pour la victoire de la gauche en 2007 me paraît passer par la capacité des socialistes à formuler auprés des électeurs de façon simple mais trés concrète le contenu de mesures éminemment complexes et décodables uniquement par quelques initiés.
Cet exercice périlleux à divers titres, bien qu’à contre-courant de notre tradition du discours pédago à gauche, est incontournable pour faire échec à SARKOSY qui manie lui de façon redoutable la démagogie et l’argumentation de « l’évidence ».
Bonjour Martine,
Content de vous lire, et d’avoir ainsi la confirmation que c’est vous qui répondez le mieux, au PS et à gauche, à la question déterminante de la précarisation de l’économique et du social, qui fragmente nos sociétés.
Ma question sera donc autre, et reste pour moi une interrogation épaisse : alors que vous avez incarné les mesures phares de la mandature Jospin, en l’occurence ses meilleures (35 heures, Emplois Jeunes, CMU), que vous représentez une offre politique moderne, offensive et volontariste, et que votre ancrage local autant que votre expérience ministérielle vous procure une étoffe dont peu de personnalités peuvent se prévalloir au PS…
… bref, pourquoi Martine avez-vous décidé de ne pas vous présenter au suffrage miltant, pour l’investiture présidentielle de 2007 ?????
Pour le PS, pour la gauche, pour la France, pour l’Europe même… c’est un immense gâchis je trouve.
Militant à Hyères
Martine Aubry a longuement répondu à E.Gendret pour les 35heures mais elle ne dit pas un mot en ce qui concerne le volet sur la lutte contre le travail au noir des entreprises mais aussi d’un grand nombre de particuliers(chomeurs,retraités, rmistes etc) qui constitue une véritable économie parallèle,fausse les différents prèlévements(sociaus,retraite,impôts etc) si on ajoute que beaucoup d’aides et allocations sont calculées sur le revenu c’est tout le système qui est faussé.
Comment lutter contre la fraude fiscale?
Martine Aubry , je ne peux etre qu’adepte ! Je fais tout simplement partie des emploi jeunes et grâce à sa politique de 9 ans, celle ci m’a beaucoup aidé et aider des milliers de français en l’occurence. Je regrette à l’heure d’aujourd’hui cette politique qui n’a pas pu aboutir jusqu’au bout; mais malgré tout beaucoup de jeunes ont pu en bénénficier et elle Madame Aubry était dans le vrai, enfin ne soyons pas trop nostalgique.Les 35 heures les emploi jeunes c’est bien vous et la france s’en rèjouit mais ma question pourquoi ne vous presenter pas à la présidentielle 2007.
RESPECT Mme Aubry
Notre camarade répond bien à ses questions sur la politique social et économique, mais oublie de donner des détails importants pour les français
Certes il faut revoir la loi FILLON, mais comment garder les avantages de retraite à 60ans sans tenir en compte les évolutions da la sociéte
ou alors porquoi utiliser les mots de pénibilité du travail sans préciser les catégories de travail concernées (il fautr revaloriser le travail en acceptant de nommer ces métiers dificilles)
Je suis socialiste mais réaliste et cela doit être le mot d’ordre au sein de notre parti tout en acceptant de blesser certaines catégories de la population.
j’ai toujours suivi avec grand interet et respect les propositions de mme aubry.j’aime son authenticité et sa franchise meme si elle s’est trompée sur les 35 heures.l’ensemble du monde du travail a cherement payé les 4 heures en moins de travail par blocage des salaires qui continuent,la flexibilité et la perrinnité des emplois jeunes.