Invitée de la semaine, Delphine Batho, secrétaire nationale du PS chargée de la sécurité, a répondu aux questions des internautes
Malgré des tentatives de diversion, le gouvernement a bien du mal à masquer les chiffres alarmants de la délinquance, comme les questions d’internautes semblent le montrer. Ces questions traduisent également une profonde inquiétude des Français et interrogent Delphine Batho, secrétaire nationale du PS chargée de la sécurité, sur le projet socialiste en matière de prévention et répression.
Prochaine invitée : Martine Aubry, en charge des questions sociales au PS. Envoyez vos questions jusqu’au jeudi 28 à 12H à redaction@parti-socialiste.fr.
« Tout d’abord un grand merci à toutes et tous pour vos témoignages, vos questions, et pour votre participation à cette discussion. Plusieurs personnes m’ont demandé comment participer plus activement au travail du parti dans ce domaine. J’invite celles et ceux qui souhaitent apporter leur expérience à la commission nationale « sécurité » à nous contacter par mail : citoyennete@parti-socialiste.fr »
Delphine Batho
de : Policier 95
« Militant au PS, j’aimerais vous transmettre une réflexion sur le « ras le bol « des policiers sur mon département. Ce ras le bol a un nom : » la sarkoze », depuis l’épisode du karcher à Argenteuil, les tensions et surtout la démotivation s’est répandue comme une épidémie. Les Policiers, qui sont déjà en sous effectif, ne comprennent pas les instructions, ou plutôt les manipulations du ministère. Ces instructions vont de l’interdiction de pénétrer dans les quartiers sensibles à la mise en place de quota pour l’interpellation des étrangers…. »
Delphine Batho : Merci et bravo pour ton témoignage qui vaut bien des longs discours sur l’échec de la politique de sécurité de la droite. Manque d’effectifs, pression de la culture du chiffre et de la statistique, abandon des cités, c’est en effet l’envers du décor du show médiatique auquel nous avons eu droit depuis quatre ans ! Les policiers qui exercent leur métier en banlieue font un travail de plus en plus difficile et manquent de reconnaissance.
de : Nathalieaffre
« A propos du projet de loi sur la délinquance, je suis très inquiète a propos des mesures concernant les personnes qui souffrent de troubles mentaux ; les malades qui font l’objet d’une hospitalisation sous contrainte vont ainsi faire l’objet d’un fichage national ? Nous régressons encore dans ce pays ou on entretient encore la confusion entre maladie mentale et violence. »
Delphine Batho : Bienvenu au PS et merci pour le communiqué de la Fédération Nationale des Associations de Patients et ex-Patients en Psychiatrie que tu nous as adressé en pièce jointe. Ton inquiétude est fondée car c’est en effet insupportable que l’on régisse l’organisation de la santé mentale dans un texte sur la délinquance. Nos sénateurs ont mené le combat lors de la discussion du projet de loi au Sénat. Nous préparons le débat qui va avoir lieu à l’Assemblée. Notre camarade Jean-Marie Le Guen, député de Paris, travaille particulièrement sur cette problématique qui t’intéresse. Nous nous opposons à l’ensemble de ce projet de loi dont le titre de « prévention » est usurpé (8 article sur 51…), et qui organise en réalité une fausse prévention et une vraie défausse de l’Etat sur les élus locaux en instaurant une confusion dangereuse entre le rôle des maires et celui de la justice.
de : Pierredeusa
« Pourquoi pour une très grande majorité des Français en matière de sécurité la droite à une meilleure image que la gauche ? La sécurité risque d’être encore le thème central des présidentielles. Comment gagner sur ce thème face au ministre de l’intérieur ?»
Delphine Batho : Tu poses plusieurs questions très importantes et même cruciales en quelques lignes. La réponse ne sera donc pas aussi brève…
1. Pour plusieurs raisons :
- Parce que la gauche a mis longtemps à revendiquer le fait que la sécurité est une valeur de gauche ! Aujourd’hui, cela va de soi parce que ce sont les plus faibles qui sont le plus victimes de l’insécurité et qui ont le plus besoin de protection.
- Parce que notre bilan entre 1997 et 2002 n’était pas bon dans ce domaine, que nous avons donné l’impression de ne pas accorder suffisamment d’importance à la sécurité, malgré des innovations importantes (police de proximité, contrats locaux de sécurité) et des moyens substantiels (+6000 policiers, +30% pour le budget de la justice).
- Parce que bien que nous ayons collectivement tiré de tout cela des leçons importantes, nous nous livrons parfois à des débats entre socialistes qui donnent l’impression que nous ne sommes pas tous d’accord pour faire de la lutte contre l’insécurité une priorité essentielle (alors même que c’est inscrit dans le projet socialiste et que nous avons unanimement adopté la doctrine : dur avec la violence, dur avec les causes de la violence). Une équipe de foot ne peut pas gagner un match si les joueurs passent leur temps à discuter des choix tactiques une fois sur le terrain !
Mais je crois que les choses sont entrain de bouger. Nous nous pouvons aussi nous appuyer sur la légitimité des maires socialistes de banlieues, qui ont été en première ligne lors des événements de novembre 2005 et qui font au quotidien un travail remarquable.
Nous ne devons pas avoir de complexe car le temps où la droite pouvait donner des leçons en considérant qu’elle avait le monopole de la sécurité est révolu. Jamais la société française n’a été aussi violente, et c’est le résultat direct de la faillite de son action.
2. Oui, la sécurité sera – non pas le seul – mais un des thèmes de la confrontation de 2007. Pas seulement parce que le candidat de la droite sera Nicolas Sarkozy, mais surtout parce que la situation, dans les banlieues, en particulier est explosive. Des actes de violences graves peuvent donc à tout moment occuper le centre de l’actualité, et créer un climat émotionnel dans le pays.
3. Nous ne devons pas redouter la confrontation sur la sécurité mais nous en emparer. D’abord pour dire, décrire, exemples à l’appui, la vérité que le gouvernement cherche à cacher avec des mensonges (voir le témoignage de Policier 95) car elle témoigne de l’échec de Nicolas Sarkozy. Ensuite et surtout, nous devons montrer que nous avons des solutions nouvelles pour rendre la police et la justice plus efficaces, mais aussi que le combat contre l’insécurité doit être mené de front avec celui contre les injustices sociales et éducatives, sans quoi la violence s’exacerbe. Ce n’est pas la prise en compte de la gravité des souffrances entraînées par l’insécurité qui fonde la différence entre la gauche et la droite (il ne faut pas tomber dans ce piège), ce sont les solutions qu’on y apporte. Et nous devons convaincre que nous sommes prêts à affronter, à maîtriser, et à endiguer la montée de la violence si nous gagnons les élections, car nous hériterons alors d’une situation dramatique. Cette combativité des socialistes est indispensable pour reconquérir les catégories populaires, et pour éviter que l’extrême – droite ne bénéficie de la faillite de la droite.
de : paskal.henri
« Je viens d’entendre à la radio « inter » que 77% des Français sont d’accord avec la réflexion sarkozienne sur le manque de sévérité des tribunaux. Vaste programme? Envoyer les mômes en tôle est pire que tout, l’impunité et le laxisme est pire que tout. Alors il y a extrême urgence à développer massivement les centres de rééducations et d’apprentissage fermés avec pour les plus virulents un encadrement militaire. Société pluraliste oui, mais avec un socle de civisme et de moralité solide quitte à se substituer à un encadrement parental et monoparental défaillant. Certes on est loin d’un droit de l’hommisme à tout crin mais je pense qu’il y à des circonstances où il faut prendre ses responsabilités afin d’éviter le délitement de la société.
Cet avis est majoritairement partagé dans ma section le laxisme à fait trop de tort à la gauche. Etre de gauche c’est d’abord d’être anti-libéral et un choix économique afin d’aller sans contraintes matérielles trop rigoureuses vers l’épanouissement personnel »
Delphine Batho : Attention avec ce sondage car la question induisait la réponse… c’est comme si on avait demandé « pensez-vous qu’il faut être sévère avec les délinquants ? », tout le monde à tendance à répondre oui ! En fait, Sarkozy a ouvert une polémique sur la justice pour éviter le vrai débat sur son bilan mis en cause par la note du Préfet de Seine-Saint-Denis et de l’agression des deux CRS à Corbeil. C’est toujours sa tactique d’ouvrir un autre front médiatique lorsqu’il est en difficulté. Il faut dénoncer cette manœuvre.
Tu as raison de dire qu’il faut sortir de l’alternative prison / impunité. Il faut développer d’autres sanctions rééducatives, surtout pour les mineurs. C’est ce qui figure dans notre projet au travers du développement des centres éducatifs et des chantiers d’apprentissage. Lorsqu’un mineur commet un acte de délinquance, il faut que la sanction intervienne tout de suite. C’est ce que nous appelons la précocité : mettre en œuvre tout de suite une sanction appropriée, qui permette de remettre l’adolescent sur de bons rails, et ne pas attendre qu’il s’enfonce encore plus dans la délinquance, en commettant des actes de plus en plus graves avec ensuite pour seule solution de le mettre en prison (70% de récidive à la sortie…).
Par rapport à ta dernière réflexion, dans le refus de l’ultra – libéralisme, il y a le refus du laisser faire et de la loi du plus fort qui ne produit que des désordres. La gauche doit rétablir et faire respecter des règles pour protéger les plus fragiles.
De : Jean-Claude Peoc’h
« Quatre ans après le retour de la droite au pouvoir, le bilan statistique de la délinquance n’est guère meilleur que celui du gouvernement Jospin en 2002. C’est une leçon d’humilité pour l’ensemble de la classe politique. Selon vous, quelles sont les raisons qui expliquent la difficulté pour tous d’endiguer l’inflation des infractions pénale ? Pour améliorer l’efficacité des gouvernants en matière de lutte contre la délinquance, quelles nouvelles mesures, qui n’ont jamais été essayées, préconisez-vous ? »
Delphine Batho : Pourquoi l’insécurité a résisté et s’est aggravée malgré 20 ans de politiques publiques ? Preuve est faite malheureusement qu’il ne suffit pas de tenir des discours volontaristes et de faire de l’activisme médiatique pour que cela ait un effet sur la réalité. En fait, il n’y a jamais eu de mobilisation générale à la hauteur de la profondeur du problème et de ses causes, qui ont été sous-estimées. La montée de la violence n’est pas un phénomène conjoncturel, c’est la conséquence des bouleversements de la société française : accumulation de la misère sociale, ségrégation urbaine et scolaire, déclassement des catégories populaires et moyennes, perte des repères éducatifs, crise de l’autorité et de la civilité du fait de la prégnance des valeurs libérales et du consumérisme, absence de perspectives d’avenir pour la jeunesse… Il faut pouvoir s’attaquer de front à tous ces aspects, d’où la nécessité d’une mobilisation générale. L’enjeu dépasse donc largement des mesures techniques pour la police ou la justice : il faut déployer une action d’ensemble, totale, fondée sur la nécessité de rétablir des valeurs de respect de la personne humaine.
L’autre problème est que souvent les gouvernements –surtout la droite – remettent en cause ce qui a été fait par les gouvernements précédents (exemple : la police de proximité supprimée) alors qu’il est impératif d’avoir une continuité de l’action de tous les services publics, qui souvent ont été en permanence déstabilisés par des changements de dispositifs.
Ce qui n’a jamais été essayé en France, c’est d’établir une stratégie nationale de lutte contre la violence comportant des priorités d’action très concrètes (par exemple l’éradication des violences scolaires, le fait de rétablir la confiance des victimes envers la justice et la police alors que 2 victimes de violence sur 3 ne portent pas plainte, de réduire les inégalités en affectant les effectifs de policiers – en quantité, et en qualité – prioritairement là où la délinquance est endurcie etc), avec une méthode d’évaluation très régulière des résultats, et des moyens conséquents (notamment des moyens humains). Ce type de stratégie, faisant de la lutte contre la violence une grande cause nationale, a été mise en place avec des résultats probants par exemple au Canada. L’autre élément essentiel de cette démarche, c’est la précocité d’action : il faut intervenir très en amont des problèmes. Pour reprendre l’exemple canadien, ils ont calculé qu’un dollar investi dans des mesures de prévention très précises économisait ensuite à la collectivité sept dollars du fait des dégâts évités de l’insécurité (conséquence néfastes sur l’activité économique, sur la santé des victimes, coût de l’augmentation des dispositifs de police et de sanction, etc).
De : Sylvie Beuchat
« Pourquoi le message fort impliquant l’éducation nationale et la société civile autour pour résoudre en amont les problèmes d’incivilités ne passe -t-il pas? Pourquoi faire de la répression la seule solution audible alors que c’est la dernière de la liste?»
Delphine Batho : Je ne suis pas convaincue que ce message ne passe pas. En revanche, ce qui ne passe pas c’est un discours qui consiste grosso modo à dire aux gens que l’on va prendre des mesures qui auront un impact sur la délinquance dans longtemps et qu’il faut attendre un hypothétique avenir meilleur. Ça c’est inaudible, parce qu’en attendant il faudrait accepter de supporter une insécurité insupportable, et lorsqu’on vient de se faire voler ou agresser on attend une réponse immédiate. Nos concitoyens savent que les problèmes de sécurité ne vont pas se régler d’un coup de baguette magique et sont tout à fait prêt à entendre cette vérité qu’il faut s’attaquer aux problèmes d’éducation et de civisme en profondeur, ils savent aussi que la prison n’est pas la solution, ils peuvent souscrire à notre message sur l’éducation et la civilité à la condition que l’on fasse preuve d’une fermeté sans faille lorsqu’un acte de délinquance est commis.
de : Sylvie Baillon Goulouzelle
- Dans le projet socialiste, il y a t-il une vraie volonté politique de lutter contre les causes de l’insécurité : discrimination à l’embauche, chômage, violence vraie et symbolique…
- Monsieur Hollande ou d’autres reproduiront-ils des visites comme Argenteuil ? (je trouve cela très bien)
- La Justice aura-t-elle de vrais moyens ?
- Comment le PS se positionne-t-il quant au rapport de l’Observatoire International sur les Prisons : c’est une honte pour notre pays …
- Quant est-ce que le PS sera-t-il plus clair dans son discours pour ne pas faire l’amalgame entre sans papiers et clandestins ? Et le rapport avec l’insécurité ? Sarkozy a tellement monté d’un cran dans la démagogie et le populisme que j’attends du PS beaucoup de rigueur et de hauteur dans sa campagne, quand il aura fini de se prêter au jeu de la peopolisation de la politique.
Delphine Batho : Pour répondre dans l’ordre à tes questions
1. Dans le projet socialiste, il y a une volonté de combattre avec la même fermeté la délinquance et ses causes. Il ne faut pas opposer la prévention et la répression. La sanction est incontournable face à un acte délictueux. Mais pour être efficace, pour produire une sécurité durable, la lutte contre la violence doit bien sûre être adossée à un projet de société pour lutter contre les ghettos et la précarité, améliorer l’éducation, permettre à chacun de construire sa vie. La politique de la droite ne s’est attaquée ni à la délinquance endurcie, ni à ses causes. Toute sa politique fabrique de la violence. Et son projet de société, c’est le modèle américain.
2. Bien sûr. Au quotidien, les socialistes militent dans les quartiers populaires. Symboliquement c’est important d’être présent, d’être aux côtés et à l’écoute des attentes des habitants, d’adresser un message de respect et d’espoir.
3. C’est l’engagement que nous avons pris. Nous avons évalué à 2,8 milliards d’euros les moyens supplémentaires qu’il faudra d’urgence engager pour réformer la justice et notamment la justice des mineurs.
4. De nombreux élus socialistes soutiennent l’OIP dans son combat. Il y a actuellement des Etats Généraux de la condition pénitentiaire dont nous suivons les travaux attentivement. Depuis les rapports des deux commissions d’enquêtes parlementaires, les conditions de détention se sont encore dégradées sur fond d’inflation carcérale. Elles sont criminogènes et favorisent la récidive. C’est pourquoi, outre l’amélioration des conditions de détention, la priorité doit être de développer pour certains délits des sanctions alternatives à l’incarcération.
5. La position du PS est claire ! Nous sommes favorables à des régularisations fondées sur des critères. Juridiquement un sans-papiers et un « clandestin » recoupent la même situation, mais on emploie le terme de sans-papiers pour ceux qui sont souvent dans des situations humaines et juridiques inextricables (ni régularisables, ni expulsables) du fait de leur intégration dans la société française (par exemple les enfants scolarisés et leurs parents aux côtés desquels nous sommes mobilisés). Quant à la question du rapport avec l’insécurité, l’amalgame est dangereux. Ce qui a en revanche un rapport avec la montée de la violence, c’est la ghettoïsation ethnique qui frappe d’ailleurs autant des ressortissants Français que des étrangers.
Enfin ton attente est largement partagée par les militants : nous ne devons pas être paralysés par nos débats internes et être unis pour combattre la droite dès maintenant !
De : NSEMAZEMA
« S’il convient de ne pas laisser le thème (et surtout le sentiment) d’insécurité à la droite, ne faut-il pas éviter de s’engouffrer dans l’abîme populiste des faits divers médiatisés ? La délinquance globale baisse mais la violence aux personnes augmente . Pourquoi ? N’est-ce pas le symptôme d’un syndrome qui n’est plus seulement économique et sociale mais souvent ethnique, racial, et/ou communautarisme (cf les révoltes de novembre) ? Quel autre choix est-il laissé aux 16-25ans exclus du marché du travail et du RMI que la délinquance, le deal et tous les autres activités illicites ? Nécessité d’une allocation d’autonomie ?
La violence aux personnes et aux biens semble s’être déplacée quant à son centre de gravité géographique et social. En effet elle semble s’exercer de plus en plus en plus dans les ghettos socio-économiques, de la part des exclus (40% des 16-25ans) sur les « working poors ». D’où l’efficacité de la propagande Lepeno-sarkosiste sur un ex-électorat PC. Ne faut-il pas expliquer, encore et encore, que l’insécurité des personnes et des biens qui touche en effet les plus défavorisés, est le produit d’un accroissement des inégalités et si l’on veut « chiraquer » un peu, d’un déplacement inquiétant vers le bas de la « fracture sociale » ? Si cela peut permettre de comprendre (relier et distinguer) les différents phénomènes d’insécurité, cela ne peut justifier et encore moins excuser les violences contre les personnes qui doivent être sanctionnées dans le cadre des lois. Mais ne faut-il pas même s’il convient de leur enlever momentanément la liberté de nuire socialement éviter de reléguer des jeunes (y compris récidivistes) dans un milieu carcéral pathogène ? Ne faut-il pas créer d’urgence des centres fermés de réinsertion pour éviter que le souci uniquement répressif n’engendre ce qu’il prétend combattre : la récidive ? »
Delphine Batho : J’ai déjà répondu aux derniers aspects de ta question dans les précédents messages, en particulier sur l’articulation entre une politique de sécurité de gauche ferme contre la délinquance, et notre projet de société plus global car en effet tout est lié. De même en ce qui concerne l’inflation carcérale et la récidive, et la nécessité de sanctions différentes de la prison.
Pour la gauche, parler de la sécurité ce n’est pas faire de la démagogie, mais dire la vérité sur ce que vivent les catégories populaires. Nous ne nous réjouissons pas lorsque tel ou tel acte de violence se produit et nous ne l’exploitons pas comme la droite le faisait lorsque nous étions au gouvernement. Par contre, c’est notre devoir de dire que sa politique ne marche pas et qu’aujourd’hui la situation est encore plus grave qu’en 2002.
Est-ce que cette montée de la violence renvoie à un problème ethnique ? Ce n’est pas comme cela que je le formulerai. En fait, la violence est le produit de l’accumulation et de l’addition d’inégalités sociales et de discriminations ethniques, sur fond d’installation des valeurs ultra-libérales du chacun pour soi et du consumérisme. On assiste à des formes d’ethnicisation de la violence parce que ce qui produit la violence c’est la ségrégation ethnique et d’enfermement social et urbain de certaines catégories de la population dans des ghettos.
En revanche, je ne suis pas d’accord pour dire que ceux qui deviennent délinquants n’ont « pas d’autres choix ». Il y a des conditions sociales qui favorisent la délinquance, mais il y a aussi une responsabilité individuelle de celui qui passe à l’acte et celle-ci ne doit pas être éludée. Tous les jeunes qui vivent dans des cités ne sont pas des délinquants !
Enfin, tu as raison d’évoqué les inégalités face à l’insécurité : aujourd’hui ceux qui vivent en HLM et les jeunes de moins de 30 ans sont deux fois plus victimes d’agressions que le reste de la population. En quatre ans l’insécurité s’est endurcie et concentrée géographiquement.
De : Mme SEVESTRE
« Que pensez-vous de l’analyse de Sarkozy sur la justice ? Personnellement j’ai appris à mes dépend que la justice indépendante et séparée du pouvoir est indispensable mais ça n’est pas le cas. Les juges intouchables et dont la RC ne peut être recherchée sont très souvent caractériel et imbu de pouvoir.
Dans le cadre de mon travail j’ai travaillé quelques années en collaboration avec le Tribunal de Montpellier et j’ai assisté à des présentations de délinquants quelque fois récidivistes, le Procureur leur faisait un discours très laxiste en les faisant promettre de ne plus recommencer et les policiers étaient obligés de relâcher l’individu. Comment voulez vous que ces agents de l’Etat ne soient pas écoeurés. Attention beaucoup de laxisme en bas, ne retombez pas dans l’angélisme passé, les électeurs vous attendent sur ces questions sensibles : immigration et sécurité et vos réponses claires et franches détermineront une large frange de votants.»
Delphine Batho : Il n’y a pas « d’analyse de Sarkozy » sur la justice mais une diversion pour échapper à l’examen de son bilan. Maintenant c’est exact qu’il y a une crise majeure de l’institution judiciaire, ce qui ne signifie pas que les magistrats seraient des fainéants ou autres « démissionnaires ». Ce n’est pas en insultant des professionnels qui font leur travail du mieux qu’ils peuvent avec les moyens du bord qu’on règle les problèmes. Et ce n’est pas non plus en dressant la police contre la justice et vis versa que notre pays va gagner en efficacité dans la lutte contre la délinquance.
En réalité, le système judiciaire est totalement engorgé par une délinquance massive. Il n’a pas été dimensionné pour faire face à l’ampleur des problèmes. Du coup, les décisions prononcées relèvent de plus en plus souvent d’une justice d’abatage, expéditive, où ce qui compte est la quantité de décisions rendues et non pas leur qualité, leur bien fondé, l’impact qu’elles vont avoir sur ceux qui ont commis des délits (dans certains tribunaux, les juges ont exactement 5 minutes pour examiner un dossier et prononcer un jugement !). La justice des mineurs traverse une crise encore plus importante. Elle manque cruellement de moyens, ce qui abouti à ce que lorsqu’un mineur commet un délit, dans 60% des cas il ne sera jugé qu’une fois devenu majeur, ce délai enlève toute vertu pédagogique à la sanction. Il en va de même des admonestations que vous évoquez et qui sont prononcées parfois pour des délits qui mériteraient largement une sanction plus sérieuse. Mais l’enjeu actuel n’est pas de changer la législation pour durcir les sanctions, mais de réformer la justice et de lui donner les moyens de faire son travail pour appliquer réellement les lois qui existent. La droite est largement responsable de l’aggravation des dysfonctionnements de la justice. J. Chirac promettait « l’impunité zéro » en 2002. En quatre ans le gouvernement a fait voter six lois pour durcir les sanctions, dont quatre réformes de l’ordonnance de 1945 sur les mineurs, et cette fuite en avant législative a été d’une inefficacité totale.
De : Claude Fourtune
« Face à la mise en marche du contre-feu sécuritaire par notre agité du bocal, le Sinistre de l’intérieur, le PS doit prendre conscience que la sécurité, fer de lance de la communication de Sarkozy depuis de nombreuses années, peut au vu de son désastreux bilan, devenir son vrai talon d’Achillen ce dont il est apparemment lui-même conscient. Faut-il qu’il soit inquiet de la tournure que prennent les évènements, pour qu’il en remette une couche sur un sujet dont les enquêtes d’opinion montrent qu’il est actuellement passé en queue de peloton des 3 principales préoccupations des Français.
http://www.tns-sofres.com/etudes/pol/barofigmagsofres.htm#2
Faut-il qu’il sente la nécessité d’allumer un contre-feu pour masquer l’échec de sa propre politique répressive, tel qu’il est traduit par la montée continue et systématique des statistiques de la délinquance dans la période ou il avait pourtant la haute main sur la police et la justice (via les sous secrétaires d’état à la surveillance des sceaux (des sots ?), les bien nommés Dominique Perben et Pascal Clément).
Faut-il aussi qu’il soit assez aveugle pour ne pas avoir compris que le maniement du thème sécuritaire n’a pas empêché Chirac de se ramasser sa pire gamelle électorale au 1er tour de 2002 (je passe néanmoins pudiquement sur la suite), les 2 décennies passées nous ayant enseigné à notre corps défendant que l’électeur préfère systématiquement l’original (le FN) à la copie. Faut-il donc qu’il se sente contestable sur son propre bilan pour en appeler une fois de plus à la peur plutôt qu’à la raison (paléocortex contre néocortex ?). Et souhaitons donc, pour une fois, et pour casser la mécanique de ce contre-feu, que la communication de la gauche (et surtout du PS, bien entendu) ne s’oriente pas elle aussi dans le sens d’une fuite en avant sécuritaire, communication qui serait à nouveau un contresens dès lors que sa crédibilité n’est pas, à tort ou à raison, assurée dans l’opinion sur un tel sujet.
-> Souhaitons que le message s’appuie d’abord sur l’inefficacité avérée de la réponse de type tout-sécuritaire à la Sarkozy, et envisage de rechercher d’autres solutions de long terme. Peut-on en effet accepter d’aller vers une solution à l’Américaine, où la réponse aux problèmes sociaux est trop souvent simplement carcérale, ce qui mène 2% ( !) de la population des Etats-Unis en permanence derrière les barreaux ?
-> Souhaitons que l’indépendance de la justice soit bien revendiquée comme le pilier de la démocratie qu’elle n’aurait jamais du cesser d’être, mais aussi que les moyens de son fonctionnement lui soient enfin réellement attribués afin de lui permettre de diversifier ses actions de prévention, d’accompagnement éducatif, et même de politiques répressives diversifiées (réelles alternatives à la prison, entre autres).
-> Souhaitons que le lien entre conditions d’existence au quotidien, perspectives d’avenir, et tentations délictuelles ne soit pas nié sur l’autel du » réalisme politique » comme il nous a malheureusement été donné de l’entendre dans un passé pas si lointain.
-> Souhaitons qu’il soit aussi rappelé que nous vivons dans un grand pays démocratique, dont les statistiques d’actes délictueux ne trahissent pas une situation plus dramatique que celle de tous nos voisins, et où les conséquences économiques directes de la délinquance » en col blanc » sont autrement plus importantes que celle des voleurs de portables
-> Souhaitons qu’il soit rappelé que 80 % des plaintes reçues par la Police ne sont pas traitées par la justice, tout simplement parce que la Police (sous tutelle de qui-vous-savez, Ministre de l’Intérieur) ne juge pas utile de transmettre au Parquet ces 80% de plaintes.
-> Souhaitons enfin qu’il soit inlassablement rappelé que le taux de policiers par habitant est 6 fois plus élevé dans Paris intra-muros qu’il ne l’est dans notre neuf-trois ! Sans aucunement nier la réalité du problème de la sécurité des personnes et des biens, notamment dans les zones où sont concentrés les moins favorisés d’entre nous, souhaitons néanmoins qu’un discours argumenté et qui puise réellement dans nos valeurs socialistes et républicaines fasse que les résultats de la prochaine présidentielle ne se jouent pas à nouveau uniquement sur la peur. Cordialement»
Delphine Batho : Voilà donc une contribution au débat bien plus qu’une ou des questions. Je partage bien des points (voir mes autres réponses). Sauf sans doute la relativisation de la gravité de la situation française en matière de montée de la violence contre les personnes. Et si l’exemple doit venir d’en haut, la grande délinquance financière n’est pas un argument qui rend moins grave ou moins insupportable l’insécurité quotidienne. Tu peux voir les autres réponses également en ce qui concerne la façon dont nous devons assumer le débat sur l’insécurité et affirmer une politique de sécurité de gauche dans la bataille de 2007.
De : Martel Claudine de Noiseau (Val de Marne)
- Plutôt que d’envoyer les jeunes délinquants en prison (ce qui ne les « guérit » pas, et ce dont ils se feront une « gloire » dans leur quartier en sortant !), pourquoi ne pas leur faire faire leur peine dans le cadre de « travaux d’intérêt général », tels que : nettoyage des tags, réparation des dégradations diverses (surtout pas de missions auprès de personnes « vulnérables » … trop risqué !), entretien des parcs et espaces verts, etc …. – Ce serait beaucoup plus utile qu’un séjour en prison, ils ne « frimeraient » pas face à leurs « amis » et n’encourageraient pas ces derniers à les imiter ! ça vaut aussi pour les mineurs … qui, on le sait malheureusement, ne sont pas « manchots » non plus. Qu’en pensez-vous ?
Delphine Batho : Sur la première question, effectivement la sanction par la réparation doit être massivement développée pour certains délits et notamment les atteintes aux biens. Cela a bien des vertus pédagogiques. C’est le sens aussi des chantiers d’apprentissage que nous préconisons.
De : moretti.marino
Nicolas Sarkozy dit : le tribunal ne fait pas son travail, résultat la délinquance des mineurs explose en seine Saint Denis. Le tribunal rétorque que c’est la police. N’est-il pas un peu trop facile de ne pas donner les moyens d’actions à la police et aux tribunaux et ensuite de dire qu’ils ne font pas leur travail ou qu’ils démissionnent ? Et puis il y a un sondage qui dit que les français y compris à gauche, donne Sarkozy n°1 pour régler les problèmes d’insécurité et Ségolène Royal très loin derrière. Jusqu’où ira la désinformation ? »
Delphine Batho : Effectivement c’est « trop facile », c’est une manière de ne pas rendre des comptes lorsqu’on est ministre de l’intérieur depuis 4 ans. Quant au débat sur les médias, il faudra autour des socialistes une mobilisation populaire très forte pour que les clefs de l’élection présidentielle de 2007 ne soient pas tenues par ceux qui détiennent l’argent et le pouvoir médiatique.
De : lugaxelm
« Etant concerné par la sécurité intérieure (Officier de Police) et ancien de la section entreprise du ps du ministère de l’intérieur (1995), j’aimerais savoir si une telle structure existe tjs et qui puis-je contacter ?»
Delphine Batho : Oui bien sûr et les renforts sont bienvenus ! Tu peux me contacter par mail comme tous ceux qui veulent participer à la réflexion et à la mobilisation socialiste sur la sécurité : citoyennete@parti-socialiste.fr.
De : Rolger13
« « Les français massivement d’accord avec Sarkozy » c’est le résultat de l’enquête de l’Ifop révélée par le Figaro. Une fois de plus la provocation et le populisme du Ministre de l’Intérieur lui permettent de gagner des points au détriment, bien sûr, de l’intérêt général et du respect des institutions.
Pendant ce temps les socialistes, toujours gênés par les questions de sécurité, se contentent de quelques contre-propositions sur une « démarche globale fondée sur la précocité de la prévention et de la sanction ».L’idée est sans doute généreuse, est-elle pour autant à la hauteur des espérances de nos concitoyens qui veulent du concret, ici et maintenant ?
Faut-t-il donc, en ce sens, laisser la parole à la droite qui comme le fait Serge Dassault propose « au lieu de punir d’avantage, de s’attaquer aux raisons qui font qu’autant de jeunes sombrent chaque année dans la délinquance »? Et de proposer de lutter contre l’oisiveté dangereuse des jeunes en contraignant les patrons à fournir des formations aux mineurs qui seraient dans l’obligation de les accepter (Figaro Magazine n°3). Il paraît que l’idée a séduit, à droite comme à gauche. Reste à connaître l’utilisation qui peut en être faite.»
Delphine Batho : Le document que tu évoques, c’est le projet socialiste qui comme son nom l’indique est un projet – c’est-à-dire les grandes orientations et objectifs de la mandature – et non pas un programme concret de législature. Ceci étant il comporte des propositions assez précises comme le renforcement drastique de l’encadrement adulte dans les établissements scolaires, ou encore l’affectation des policiers les plus expérimentés dans les endroits les plus difficiles. Nous sommes maintenant engagés dans l’élaboration de cette seconde phase, avec des propositions très précises sur chacun des points abordés par le projet. Il est tout à fait exact qu’en matière de sécurité, étant donné le discrédit et l’inefficacité relative de bien des choses qui ont été tentées jusqu’ici, les discours généraux ne suffisent pas pour convaincre, il faut pouvoir les illustrer par des exemples et des actions précises.
De : Claude Bouchafa
« Comme on le sait la lutte contre la délinquance des jeunes repose sur 3 volets indissociables :La prévention, la sanction et la réinsertion.
Pour la sanction, nous avons comment il faut faire (l’avertissement, centre d’éducation, travaux d’intérêt général, …. et pour finir la prison pour des faits graves) , le problème c’est d’avoir le courage de mettre les moyens financiers, humains, matériels, locaux.
Pour la prévention, je souhaiterai connaître tes propositions concrètes, réalistes qui devront s’avérer efficaces sur les points suivants :
- l’ennui , la solitude des jeunes
- le combat contre la drogue dans son ensemble
- la lutte contre l’alcoolisme- les diverses discriminations (raciales, physiques, territoriales)
- l’échec scolaire qui amène souvent à la délinquance
- le problème du logement et de la promiscuité des appartements
- l’environnement (le bruit, la saleté, les immeubles mal entretenus,…) qui ne permet pas l’épanouissement des jeunes des cités
- les jeunes en difficulté ou en mésentente avec leurs parents ou bien les parents avec leurs enfants
- les jeunes ayant des problèmes psychologiques
- les familles déstructurées ou déstabilisées qui ont des difficultés pour élever correctement leurs enfants
- la pauvreté
- les jeunes en recherche d’idendité qui risquent d’en trouver une dans l’intégrisme islamique pour certains
- le manque de qualification professionnelle qui fait que ces jeunes ne trouvant pas un emploi peuvent voler, être dans le trafic de drogue, …..
- le trafic d’armes et la possession d’armes d’un certain nombre de jeunes dans les cités.
- Les incivilités
- les problèmes de santé
- la situation des filles dans certaines cités
- les jeunes SDF et aussi pour la réinsertion dans la société des jeunes qui ont effectué leur sanction.
Je pense en tant que socialistes, ce qui doit nous différencier de la droite libérale, la droite réactionnaire et l’extrême – droite ce sera de montrer nos capacités à promouvoir, à défendre une véritable politique de prévention en s’attaquant aux véritables causes des diverses insécurités ( emploi, logement, santé, la scolarité….). Nous socialistes, nous ne pouvons pas accepter, tolérer des cités ghettos et de voir des jeunes ayant comme avenir cité béton – prison ou de galérer toute leur vie . »
Delphine Batho : Vaste programme ! Tu m’interroges sur de trop nombreux sujets à la fois. Et je crois qu’en politique tout n’est pas dans tout. Il faut distinguer ce qu’on appelle un peu pompeusement la « prévention primaire » c’est-à-dire tout ce qui contribue de fait à l’épanouissement social, éducatif et personnel (notre politique éducative, de la jeunesse, pour l’insertion professionnelle, la mise en place d’une grande politique de santé publique préventive luttant contre des maux tels que l’obésité, l’alcoolisme dans la jeunesse et les addictions, notre politique familiale pour soutenir les parents et restaurer l’autorité parentale, la lutte contre les ghettos et les discriminations qui fabriquent du communautarisme etc) de ce qui est véritablement une politique de prévention de la violence qui doit être beaucoup plus ciblé sur certains problèmes (dérive de certains enfants dans des comportements violents, sexisme contre les filles par exemple) ou certains facteurs de risque que tu évoques. Sur ce point, ma réponse à la question suivante aborde le même sujet.
De : nivolies.mado
« Quelles solutions pensez-vous trouver pour endiguer la violence chez les jeunes ? Cette violence qui parfois se manifeste dès la petite enfance, même dans des familles dîtes sans problème. »
Delphine Batho : Je crois que l’enjeu essentiel en matière de prévention, c’est d’intervenir de façon précoce lorsqu’on voit qu’un enfant s’enfonce dans l’échec scolaire, l’absentéisme et des attitudes qui sont les signes annonciateurs d’une possible délinquance. Nous voulons généraliser les cellules de veille éducative, avec un suivi continu, dans la durée, d’un ensemble de professionnels appuyant les équipes éducatives, pour remédier aux problèmes et aux souffrances qui sont à l’origine de cette trajectoire et les en sortir, en associant s’il le faut un suivi de l’ensemble de la famille. Au-delà, il faut faire de l’éducation au civisme, au respect de la personne, une réelle priorité. Nous pourrions par exemple développer ce qui existe là encore au Canada, en matière d’éducation à la « gestion des conflits », c’est-à-dire le fait d’apprendre aux enfants à régler les différents par la parole et non pas par la violence.
De : H.Stref
« Pourquoi le PS s’évertue t-il à entrer dans le jeu de Mr. Sarkozy ?: Je dirai même à s’engouffrer dans le piège médiatique organisé et planifié par Mr. Sarkozy par des déclarations épistolaires sans fin sur un sujet des plus subjectifs auprès des Français…?
Je pense qu’il faut ignorer et s’écarter de ce piège permanent qui a été une cause de la perte de la gauche au 1°tour en 2002.
Si vraiment on nous interpelle sur le sujet je suggère que l’on demande la démission sur l’échec de Mr. Sarkozy…Que la France a connu des émeutes sans pareil depuis près de 30 Ans sous Mr. Sarkozy…Que notre pays est toujours sous état d’urgence avec Mr. Sarkozy…
Que Mr. Chirac arrête Mr. Sarkozy de monter l’opinion publique contre l’état à des fins électorales… Que l’on juge Mr. Sarkozy pour incitation à la haine et à la violence… Et par pitié que l’on arrête de se prêter à son jeu. »
Delphine Batho : Les socialistes ne se prêtent à aucun jeu, à fortiori pas à celui de Monsieur Sarkozy. Parler de la sécurité ce n’est pas courir derrière l’adversaire, c’est parler de ce que vivent les personnes modestes qui vivent dans les grands ensembles urbains et qui attendent de la gauche qu’elle regarde en face la réalité des problèmes. Bien sûr, les problèmes d’insécurité ne se posent pas avec la même acuité partout sur nos territoires, en particulier dans le monde rural. Mais c’est un sujet objectif. 27% d’augmentation de la violence depuis 2002 selon les statistiques tronquées du ministère de l’intérieur, c’est un fait de société qui n’est pas seulement médiatique ou que sais-je, mais qui traduit une réalité vécue par la population et au sujet de laquelle, oui, les socialistes sont quotidiennement interpellés dans certains quartiers.
De : Colette
« – 1° : Est-ce que le parti socialiste (et son futur candidat) ont des propositions précises à faire sur la police de proximité qui, à mon avis, est une composante de la prévention de la délinquance notamment des jeunes ?
2° : Que peuvent proposer les socialistes concernant les centres d’éducation fermée ou autres modes d’éducation comme alternative pour les jeunes qui sont en devenir de délinquance et n’ont plus leur place dans les établissements de l’éducation nationale dont ce n’est pas le rôle de faire de la répression ? »
Delphine Batho :
- Oui. Nous voulons rétablir une sécurité publique de proximité, c’est-à-dire revenir sur la suppression de la police de proximité faite par la droite. Mais nous voulons aussi tirer les leçons de ce qui fonctionnaient mal, ou qui était insuffisant, dans la réforme que nous avions engagé. Il faut d’abord donner une vraie priorité aux quartiers qui manquent le plus de policiers dans l’affectation des effectifs. Il faut ensuite que ces effectifs, notamment en région parisienne, ne soit pas des jeunes fonctionnaires sortant d’école mais des policiers chevronnés, rémunérés à la hauteur de la difficulté de la tâche, et incités à rester durable travailler là où c’est plus difficile. Enfin, il faut qu’elle soit dotée de moyens d’enquête judiciaire substantiels pour pouvoir réunir les éléments de preuves qui permettent de démanteler les réseaux organisés d’économie souterraine. La police de proximité doit faire de la répression et de la dissuasion, mais son rôle n’est pas la prévention, sauf dans le sens où effectivement il y a urgence à rétablir une relation pacifiée entre les jeunes (qu’il ne faut pas assimiler aux délinquants) et la police nationale.
Je suis très satisfait des réponses de Delphine Batho . Je pense que la gauche connait un renouveau et une prise de conscience historique. Je suis fière aujourd’hui d’adhérer au parti socialiste. Ségolène et toi Delphine continuer car j’ai envie de m’investir quand je lis des réponses comme ça…
Merci
A bientôt
Eric
Une interview objective, réaliste et digne d’intérêt du Syndicat National des Officiers de Police ,Majoritaire, qui ne ment pas et confirme bien les difficultés rencontrées par la Justice et la Police face à la délinquance.
« Le préfet n’a fait qu’enfoncer
des portes ouvertes »
par Dominique ACHISPON,
Secrétaire général
du Syndicat national
des Officiers de Police (Snop)
Quelles particularités présente le département de Seine Saint Denis et quel impact ces particularités ont-elles sur le travail de la police ?
- J’ai travaillé pendant dix ans en Seine-Saint-Denis. C’est un département difficile, ce qui a pour conséquence directe que peu de collègues souhaitent y travailler. Pendant plus de vingt ans, il a été laissé à l’abandon par la police et les pouvoirs publics. L’effectif des policiers présent sur place est l’un des plus restreints par rapport à la population. Si on compare le nombre de policiers par habitants entre Paris et la Seine-Saint-Denis, c’est du simple au quadruple.
Il faut également savoir que la population y est très pauvre. On n’a parfois plus l’impression d’être en France, mais dans un pays du Tiers-Monde. Alors le préfet est courageux, lorsqu’il écrit à Nicolas Sarkozy, mais la question est de savoir pourquoi ses prédécesseurs ne l’ont pas fait ?
Il y a cinq ou six ministres qui ont défilé en Seine-Saint-Denis, dont l’actuel ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Quel est le bilan ? Toujours le même. Rien n’a changé sur le terrain pour les collègues.
Le préfet critique la jeunesse des fonctionnaires de police et la diminution du nombre d’agents affectés à la sécurité. Qu’en est-il ? Comment réagissez-vous à ses propos ?
- C’est une réalité qui existe depuis vingt ans. Il enfonce des portes ouvertes, mais il a le mérite de l’écrire noir sur blanc. Ce qui me désole, c’est que si ça avait été un collègue qui avait écrit au ministre, sa lettre aurait fini à la poubelle.
Les organisations syndicales, dont le Snop, n’ont cessé depuis vingt ans, de dénoncer ces problèmes de sous-effectif. Mais on en est toujours au même niveau. C’est la meilleure preuve de l’échec des politiques successives, de droite comme de gauche en Seine-Saint-Denis. Le préfet n’a fait que décrire la réalité que connaissent les collègues depuis des années.
Alors maintenant, j’attends de voir ce que concrètement, cette lettre va donner sur le terrain.
Si vous voulez que les policiers soient heureux dans le département, c’est facile. Il faut les féliciter, et cela passe par le biais de primes conséquentes pour qu’ils soient volontaires pour travailler en Seine-Saint-Denis. Mais il faut qu’on ait le courage de reconnaître qu’être policier dans le 93, ce n’est pas la même chose que de travailler à Paris. Mais ça, aucun ministre n’aura le courage de le dire. Car c’est un problème avant tout financier, alors que l’Etat, actuellement, se désengage.
Que reproche votre syndicat aux magistrats du tribunal de Bobigny ? Et plus concrètement, lesquels (procureurs, juges d’instruction,…) ? Quelles solutions pourraient être mises en place pour améliorer la situation ?
- Je ne leur reproche rien en particulier. Il y a deux choses. La première, c’est que les magistrats ont les mêmes soucis que nous. Être magistrat en Seine-Saint-Denis, c’est la même chose qu’être policier. Ils sont confrontés au même manque de moyens au tribunal de grande instance. La deuxième chose, c’est l’application de la loi. Des jeunes ont été interpellés dix fois, vingt fois par les collègues, et systématiquement, ils sont remis à leurs parents sans autre forme de procès. Ils ont le sentiment parfois de travailler pour pas grand-chose. Maintenant, il faut savoir si les lois sont appliquées, si elles correspondent encore à la réalité à laquelle nous sommes confrontés dans ces départements.
En vertu de la séparation des pouvoirs, ce n’est pas aux policiers de rentrer dans ce débat. Notre rôle se cantonne à mettre la délinquance à la disposition de la justice. Et en Seine-Saint-Denis, compte tenu de la faiblesse des moyens, les policiers font bien leur travail.
Comment réagissez-vous à l’agression dont ont été victimes deux de vos collègues CRS à Corbeil-Essonnes ?
- C’est véritablement un guet-apens. Dans ces zones, on doit faire face à de véritables campagnes de chasse au policiers. Le collègue, on l’a vu, il va s’en sortir. Mais il a failli perdre un œil. Il s’est pris trois coups de batte de base-ball. Et pourtant, ce sont des CRS, ils sont habitués à faire face à des situations de violence. Mais on a de plus en plus de mal à y faire face.
Dans quelques semaines, début novembre, nous fêterons le premier anniversaire des émeutes. On commence à s’apercevoir que certains jeunes veulent fêter à leur manière et avec violence, l’événement. Depuis un an, rien n’a été réglé pour la sécurité des policiers. Et cette agression en est la meilleure preuve. Et sur le terrain, les collègues commencent à en avoir ras-le-bol. Alors on va avoir le ministre de l’Intérieur qui va venir nous faire une belle déclaration, en nous disant qu’il est derrière nous, puis il va repartir et rien ne bougera.
Dans sa lettre, le préfet aurait pu rajouter que les policiers en ont marre d’être confrontés à une administration écrasante, et qu’il n’est pas normal que l’on nous mette la pression sur les résultats de la sorte.
Propos recueillis par Clément Moulet
(le mercredi 20 septembre 2006)
© Le Nouvel Observateur
Malek Bouthy, alors président de S.O.S.-Racisme, appelait « fascistes de banlieue », dans une tribune de l’Express, les jeunes délinquants qui, depuis, ont montré qu’à leur fascisme s’ajoutait, comme son produit naturel, le racisme, en l’occurrence anti-Blancs, consistant par exemple à agresser sauvagement à Paris des jeunes manifestants anti-CPE … Alors, si l’on continue à parler de la « violence-des-jeunes », si l’on continue à se voiler la face (comme ils la voilent aux filles des « cités ») devant cette criante évidence : Français ou non, ces jeunes du « 9.3″ ou d’ailleurs, Arabes ou Noirs ( deux mots longtemps tabou …), c’est délibérément qu’ils donnent une dimension « raciste » à leur violence, au détriment de leur propre communauté, alors, donc, les « petits Blancs » de banlieue lâchés par la gauche bien-pensante (et qui pense peu) des bobos, se feront un plaisir, comme en 2002, de voter pour Le Pen, et de plébésciter Sarkozy. Oui à l’idée d’un « encadrement à dimension militaire », parce que les valeurs de l’armée (les vraies, pas leur caricature) peuvent sublimer ou réorienter la mythologie « virile » de ces jeunes casseurs, voire tueurs, de banlieue.
Il est possible que les prochaines présidentielles se jouent à nouveau sur les pbs.de sécurité des personnes et d’insécurité tout court (voitures brûlées…). Il ne faut être angélique mais prendre la question à la base,c’est-à dire, pour moi, dès la maternelle où l’enfant doit respecter les autres et bien sûr le maître ( quelquefois insulté grossièrement ) qui doit rester le maître et ne pas être remis sans cesse en question et être traîné devant les tribunaux pour des broutilles. Moyennant quoi, l’éducation (nationale) doit pouvoir donner à chacun ses chances et ne pas donner l’impression, dès le départ dans la vie, que seul le pouvoir de l’argent compte et que les dès sont pipés .
Enfin, concernant la prison, la justice-et cela va de pair avec l’impression classe socialed’insécurité-, il faut que les victimes soient indemnisées:les amendes vont à l’Etat, la prison aigrit les délinquants et le plus souvent les victimes n’obtiennent pas réparation. L’idée des juges de proximité était bonne; où en est la promesse du Président d’en recruter plusieurs milliers pour « expédier » les petites affaires?une promesse de plus? Il faudra bien tirer un bilan. Concernant justement le bilan, il serait bon qu’à la fin de chaque
législature des commissions paritaires fassent le point et publient l’action dans plusieurs domaines:état de la dette publique, chiffre réel du chômage, de la délinquance, réussite aux concours et examens par « classe sociale « etc…
bonjour, ceci n est pas un commentaire mais un temoinage. j essaye d insérer un jeune de nanterre.j’avais trouvé une entreprise pour l inserer une école d ‘apprentissage (couvreur) c’était le métier qui désirait faire quand: Pour rendre service a sa mere, il va promener le chien un berger allemand. il a le malheur de le détacher. Le berger allemand doux comme un agneau croise une voiture de police au parc de nanterre. le jeune est immédiatement arrêté. il est mis en garde a vue, il passera en comparution immédiate et sera condamné à 4 mois de prison ferme au passage il devra payer une amende administrative pour chien non tenue en laisse mais également pour faire plus vrai des dommages intérêts de 750 euros au policier qui s est porté partie civile pour traumatisme d’avoir croisé un chien en liberté.(d après le rapport du policier le chien s’est jeté sur la voiture ???) bref il est en prison actuellement, il vient de perdre la place dans l’entreprise je ne sais pas dans quel état je vais le trouver à la sortie de prison. tout ceci pour vous dire que les jugements actuels sont très sévères, les policiers pour faire du chiffre arrêtent n’importe qui. je ne suis pas étonné des agressions envers les policiers actuellement, car envoyer les jeunes dans la plus grande école de délinquance la prison cela promet quans ils sortiront sans argent et sans travail. je pensais que la jeunesse c était l’avenir de l’entreprise, je ne pensais pas que la prison était leur destin.
On ne peut qu’applaudir en constatant qu’il s’agit ici de critiquer la politique de N. Sarkozy, fondée, nous dit-on sur « une culture du chiffre et des stastitiques » et sur une « fausse prévention » au nom des vertus du dispositif canadien axé sur des « méthodes de prévention très précises » et une « précocité d’action » le tout agrémenté d’une « méthode d’évaluation très régulière des résultats ».
Il est donc utile de rappeler que ceci correspond très exactement à l’orientation génétiste et scientiste soutenue par le rapport de l’Inserm sur « le troubles des conduites de l’enfant ». « Précocité d’action », veut donc dire ici « dépistage » de la délinquance dans les écoles maternelles dès l’âge de trois ans et mise en place de méthodes dites de « prévention universelle » d’inspiration cognitivo-comportementaliste, calquée sur le modèle animal. Le tout est en effet destiné à être soumis à une méthode d’évaluation quantative dont il faudrait nous expliquer très précisément en quoi elle se distinguerait de « la culture du chiffre et des statistiques » qu’on dénonce par ailleurs.
. La polltique qu’on vante ici comme « inédite » se fonde en réalité sur la négation pure et simple du travail effectué quotidiennement depuis de nombreuses années dans les structures existantes, par les travailleurs sociaux, les psy, (intersecteurs de pédopsychiatrie, CMPP,…), les dispositifs de PMI. Et ce, après que les gouvernements de droite comme de gauche se soient employés à en restreindre toujours davantage les moyens
Une telle politique a effectivement été initiée par le gouvernement Jospin, M. Sarkozy n’ayant fait qu’en prendre la suite. L’inconvénient est qu’elle aura fini par mobiliser contre elle 200 000 pétitionnaires, dont l’action est du reste significativement ignorée dans le propos de Mme Batho. On ne voit donc pas très bien dans tout ce que nous expose Mme Batho, et prochainement sans doute Jean Marie Le Guen, ce qui pourrait donner matière à recueillir leurs suffrages.
Dr Sophie Bialek
Psychiatre, psychanalyte.
En fait , pour 99% du propos, qu’en toute franchise je n’ai lu qu’à moitié, cela ne répond politiquement pas précisément et de manière enthousiasmante aux questions posées. Imprécations, généralités et surtout démolitions des actions et propos de la droite « à l’obus de 75″peuvent à court terme se montrer amusant voire jubilatoire si la forme était un peu moins apathique, mais honnêtement et en toute humilité, si vous voulez sortir d’une image de parti fossiliser par des méthodes d’appréhension des problèmes quasi normalisées et quasi systématisées il faudrait revoir très sèrieusement votre copie.
En sympathisant à la limite du passage vers le monde du militantisme, je fais l’effort de vous communiquer une sensation anecdotique, je l’admet bien volontier, mais qui est à la fois mûrit et partager par un grand nombre de mon cercle de connaissance.
Ce genre de question réponse devrait avant tout permettre au lecteur lambda de découvrir le serpent de mer que demeure malgré toute les gesticulations médiatiques et autres, le projet socialiste. Nous devrions avoir avant toutes critiques une réponse précise argumentée politiquement, c’est à dire accompagnée par la solution de financement idoine et bien entendu avec un lien direct type hypernavigation avec le chapitre correspondant de votre projet. Alors d’aucuns me répondront qu’avec un minimum de recherche et de volonté de s’informer je pourrai transpercer ce voile opaque. Maintenant est-ce par volonté d’être consensuel que vous refusez d’être efficace? Ou n’êtes vous pas spécialement sûre des réponses que vous proposer, pour les embrumer derrières des périphrases? Le vote contestataire fait si mal au parti socialiste car sans avoir de projet véritablement viable, il a des réponses qui parraissent à la fois intelligibles au plus grand nombre et véritablement assumées par leurs « porteurs ».
Attention mes propos n’ont en rien le moindre tropisme populiste. Quand je parle de compréhension je ne parle pas de démagogie ou de manipulation. Soyez sûr qu’à mon avis le libre arbître et le débat démocratique demeurent particulièrement vivants au sein de la société même si la traduction dans les faits ne se hissent pas à la hauteur de ce que l’on pourrait en attendre. Alors il va y avoir un nouveau vivier d’électeur suite au réveil des banlieues, pour l’instant selon moi vous n’avez réellement aucune chance de les attrapper avec un discours aussi lointain. en musique on dit qu’une oeuvre est terminée non pas lorsqu’il n’y a plus rien à rajouter mais quand il n’y a plus rien à enlever, politiquement à méditer…
[...] Invitée de la semaine, Delphine Batho, secrétaire nationale du PS chargée de la sécurité, a répondu aux questions des internautes [...]
je voudrais intervenir car monsieur sarkozy fait sa poltitique que sur un seul quartier comme si c’est jeune lui avez fait quelque chose de personnel l
la police elle et inpuisante parce que sarkozy ne veut pas faire defort pour augmenter les postes et pourtant sa serait un plus pour la sécurité française qu’en pensée vous? sincérement pour sarkozy il veux transformer tous a sa façons pour que les patrons sont metres de leur ouvriers et que l’état futur sois metre de la justices et des medias en quelque sorte la france n’aurez plus le droit de s’éxprimer et le social sa serait le droit patronnal et sa il faut l’éviter
Le rapport de Claude Bouchafa est remarquable. Le PS doit reprendre chacun de ses propos, y apporter une réponse, une solution réaliste. Alors nous deviendrons crédibles sur le sujet de l’insécurité vis à vis de nos concitoyens.
Un exemple vécu dans mon métier d’enseignant technique en LEP, en classe de 4ème technologique ayant un effectif de 22 élèves, divisé en deux groupes de 11 élèves à l’atelier avec chacun un professeur. La préparation des activités d’atelier s’effectue souvent en cours de technologie en salle spécialisée. Quand chaque groupe de 11 avec son professeur était donc en cours de technologie le professeur avait de gros problèmes de discipline. Alors les 2 collègues ont eut l’idée de faire cours à la classe entière avec un prof au tableau faisant cours et l’autre au fond de la salle coordonnant le suivi du cours…et là cela fonctionnait. Voilà!
Par ailleurs et globalement, nous socialistes passons à mon goût beaucoup trop de temps à dénoncer ce » pauvre Sarkosy » et ses aventures. Occupons nous de nous, de nos propositions et arrêtons de penser que les faiblesses de ou des autres ont une aubaine pour nous. Notre seule force doit être celle de nos projets réalistes.
toute violence est intolerable en joging ou en col blanc et doit etre reprimee fermement.
mais independament de cette reponse repressive,et je dit bien independament c’est l’analyse de ce que doit faire en notre nom le gouvernement qui peut montrer la vraie difference avec la droite.
la repression est une reponse immediate qui ne regle pas les causes profondes.
evitons egalement la confusion entre la delinquance profonde contre laquelle seule la justice a un sens et la delinquance d’origine sociale necessitant une reponse sociale et economique
Après 35 ans comme militaire de la gendarmerie, je crains que la gauche n’aborde pas le sujet sur la sécurité, thème qui a fait gagner la droite aux dernières présidentielles. Hier, j’ai assisté à un débat avec Dominique Strauss-Kahn lors de l’université de rentrée du PS des Ardennes. Il n’a pas abordé ce sujet. A son départ, je lui ai dis, en tête à tête, que la Sécurité en France était un thème à ne pas laisser de côté, que c’était le gagne-pain de la droite où Sarkozy ratisse sur les terres de Le Pen. Ayant été obligé de me taire pendant 35 ans, droit de réserve oblige, j’ai adhéré au mois de juin 2006, au PS et j’ai l’intention de m’exprimer au sein de ma section. Dans la gendarmerie, il n’est pas bien venu de dire que l’on est de gauche, en disant que Sarkozy fait du bon boulot, ça passe mieux!! Les grands chefs devront être changés en cas de victoire de la gauche.
Autre remarque, vous n’ignorez sans doute pas que les délits portés sur la » main courante » des commissariats ne sont pas pris en compte dans les statistiques officielles, ce qui est regrettable puisque la petite déliquance n’est pas, ou peu prise en compte.
En gendarmerie, la main courante n’existe pas « officiellement ». Mais de plus en plus, les doléances des citoyens sont portées sur ce « cahier » donc ne sont pas prises en compte! Bien souvent, les victimes écrivent désormais directement au Procureur pour que leur affaire soit traitée. Ces plaintes non comptabilisées, font bien évidemment baisser les statistiques officielles. Il est préférable de faire « un renseignement judiciaire » au Procureur que d’ enregistrer une plainte, donc comptabiliser un délit!
Je suis correspondant d’un quotidien départemental et à ce titre je m’intéresse aux faits divers sur quatre communes. Désormais, plus aucune information sur les faits divers, « il ne faut pas effrayer la population », ce qui fait dire : « dormez braves gens, tout est calme ». Ne sont données à la presse que les affaires impossible à cacher et souvent celles qui sont solutionnées pour montrer que les forces de l’ordre font bien leur travail.
Juste un mot sur la prime au mérite. Il ne fallait surtout pas créer cette prime. Quand je suis entré dans la gendarmerie en 1971, « la prévention » était le premier critère à respecter et la « répression » était le cinquième et dernier. Désormais tout à changé!! répression, répression. La voiture, vache à lait, fait le bonheur des « anges de la route ». Un gendarme ou un policier est noté. s’il est mauvais il faut avoir le courage de le dire et si il est bon il faut l’aider à concourir à l’avancement ou obtenir une poste qui lui conviendrait; le mérité c’est ça!! (PS : j’ai commandé des gendarmes pendant 30 ans)
PS : j’ai été fier d’être gendarme ce qui m’a permis de cotoyer toutes couches la population donc je ne « crache pas dans la soupe » mais l’avenir m’inquiète.
bravo enfin un débat qui va un peu plus en profondeur. mais cela dit pour
continuer cette réflextion , il y a trop de :il ne faut pas…message de
respect et d’espoir…déployer un vaste ensemble d’action totale…
je trouve que c’est d’un flou absolu,et pour ce qui est de propositions
innoventes ; j’attend !
socialistement vôtre, Nikolaî
Les aboyeurs sont de retour
Comme en 40, ou plutôt 2002, la machine politico médiatique à créer de
l’ angoisse sécuritaire est lancée à plein régime.
On ne change pas une équipe qui a gagné.
Certes, mais en l’ occurrence la dite équipe – une fois aux affaires – a lamentablement échoué.
Malgré Sarko – le phénix survitaminé de l’ Intérieur pendant pratiquement 5 ans – l’ insécurité non seulement n’ a pas diminué mais elle a augmenté ; cf. le rapport dévastateur du préfet du 9-3 ( et de Sarko ) qui
– principalement – pointe les carences de la force publique, en régression et non en croissance comme la propagande sarkoziène l’ affirmait mensongèrement.
Comment ne pas faire le parallèle avec le désastre irakien de Bush, l’ idole de Sarko, dénoncé par ses propres services de sécurité – à l’ unanimité – qui constatent que le risque terroriste s’en est trouvé augmenté et non diminué…manipulation, manipulation…
Evidemment face à ce fiasco il était vital de déployer un écran de fumée, en l’ occurrence de désigner un bouc émissaire : la justice ( encore plus démunie que la police ) accusée de démission.
Au fait c’ est quoi une justice non démissionnaire, celle d’ Outreau, ou encore celle des affaires étouffées du RPR ?
Et au plan local, les petites mains parlementaires ne sont pas en reste qui exploitent à l’ unisson la moindre bagarre ( par ailleurs inadmissible ) comme s’ il s’ agissait de la 3eme guerre mondiale.
Pendant ce temps, celle-ci a bien lieu : il s’ agit d’ une guerre économique qui, en France, avec votre accord au moins tacite, c-a-d hypocrite , jette des centaines de milliers de personnes dans la misère et détruit l’ industrie française ( cf. GDF ).
Madame et Messieurs, pensez-vous pouvoir – pendant encore 7 mois – prendre les français pour des crétins ?
Philippe Lalande
Pollestres PO
Trés beau toutes ces explication sur les causes et les motifs de la délinquence.
Mais l’essentiel est que l’éducation est le maître mot de cette situation qui va en se dégradants.
Il ne faut pas confondre éducation est instruction. Les deux se complette c’est vrai et les deux ne vont pas l’un sans l’autre.
Ce n’est pas parcequ’on est pauvre qu’il faut être incorect sur le plan civique.
Le cicisme n’est pas la propriéte des classes sociales les plus aisées.
Ell est commune à toute la société.
QUI A DIT ?
« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie. »
Platon il y a 2467 ans
Reconnaissons que nous en sommes Là en 2006
Il serait temps de réagir
adhérent00454070
Je me demande pourquoi aussi bien au PS que dans les journaux mêmes dit de gauche personne ne fait le rapprochement avec les années 1935 et suivantes, et ce malgré par exemple les informations transmises entres autres par le film de Frédéric Rossif “Nuremberg” rediffusé ces jours derniers sur la 2 et nos livres d’histoire.
Qu’a fait le chancelier légalement élu par le peuple Allemand. Quel était son programme, LA SÉCURITÉ du peuple Allemand, menacée par un ennemi intérieur. Quelle a été la solution, nommer explicitement cet ennemi et dresser le peuple contre lui par des harangues enflammées, les emprisonner et plus quand la solution finale a été mise en place dès 1941.
Quels sont les éléments qui ont permis cette dérive monstrueuse, la situation économique, l’Allemagne au dire du chancelier ne pouvant et ne devant pas nourrir les parasites et la peur instillée par ce même personnage à l’ego monstrueux, dans les couches populaires au travers des discours sécuritaires qui dans un premier temps désignaient l’ennemi de l’intérieur et puis peu après les ennemis de l’extérieur.
Si personne en France ne voit le parallèle presque caricatural entre un personne issus de l’immigration, le chancelier était Autrichien, un ego surdimensionné, un populisme, plus que douteux s’appuyant sur les partis et la fraction de la population la plus extrême (droite), utilisant tous les moyens de l’État pour d’une part créer la peur collective, mettant en place un système de répression répondant à cette peur collective, s’attaquant aux plus faibles, cibles désignées et sans défense, désignant à la vindicte populaire ou en emprisonnant toutes personnes osant s’opposer à ces dérives, juges et policiers y compris tout cela avec l’utilisation de la presse et de la radio aux mains du pouvoir.
Si personne en France n’a conscience de ce parallélisme inquiétant ( bien sûr cela ne concerne pas la France pays républicain des droits de l’homme diront en cœur les septiques et les caciques) moi j’ose le dire : Un politique qui réuni en sa personne tous les germes connus du MAL que l’histoire nous a appris à connaître, qui a conduit un peuple à accepter, à soutenir, une telle dérive, ne peut, comme le peuple Allemand, qu’en subir les conséquences, la raison du plus fort, l’écrasement de toute contestation, l’hégémonie de système répressif et la mise à sac des richesses du pays mis au service des puissances industrielles et financières.
Ce point de vue a été exposé plus finement par Monsieur JF KANN qui je l’admets ne nous épargne pas, nous les socialistes, même lui effectuant la même comparaison n’a pas osé parler de dictateur et de dictature moi par peur, j’ai 66 ans, j’ose le dire, la France est sur le fil du rasoir si nous ne sommes pas capables de nous réunir sur un seul et unique candidat en le soutenant sans réserve, sans invective et sans coup bas, c’est à la dictature que nous risquons d’offrir à la France.
Comme beaucoup de camarades qui ont réagit sur cette question, je pense que l’elections a venir va etre une bataille difficile a gagner notemment a cause l’insécurité dont sarko ne se genera pas pour employer TOUS les moyens neccessaire pour faire monter la pression, ce qu’il sait dailleur faire avec merveille.
Le pire, c’est que cet abruti a carrement accelerer le processus de ghetoisation, de communautarisme, de rejet d’autrui, le racisme, l’antisemitisme sans parler d’homophobie….
J’ai 22 ans aujourd’hui et je parle souvent politique avec mes amis et les gens que je rencontre au hasard d’un train…et tous me confirme leur sentiment que les jeunes deviennent FOU; les actes de violences sans vol donc l’agression pour la violence pur se multiplient….je trouve cela vraiment dingue et m’interroge sur les raisons d’une telle délinquance.
La réponse pourrait venir du fait qu’il ya trop de police trop mal organisé ou tout simplement la CONFIANCE dans la jeunesse qui doit etre rétabli avec la prise d’INITIATIVE de ces meme jeunes encadré par des éducateur é non dé flics…
Franchement, tout cela me fait peur, et si ca me fait peur, je suis sur que la france entière doit avoir peur…ce qui n’est vraiment pas bon pour les Socialistes.
En tout cas, je me battrai jusqu’au bout pour que toute la gauche rassemblé autour d’un vrai projet concerté et discuté puisse emporter la lutte finale!
Levez vous et Battez vous mes Camarades!
Bonne Chance
Les aboyeurs sont de retour
Comme en 40, ou plutôt 2002, la machine politico médiatique à créer de
l’ angoisse sécuritaire est lancée à plein régime.
On ne change pas une équipe qui a gagné.
Certes, mais en l’ occurrence la dite équipe – une fois aux affaires – a lamentablement échoué.
Malgré Sarko – le phénix survitaminé de l’ Intérieur pendant pratiquement 5 ans – l’ insécurité non seulement n’ a pas diminué mais elle a augmenté ; cf. le rapport dévastateur du préfet du 9-3 ( et de Sarko ) qui
– principalement – pointe les carences de la force publique, en régression et non en croissance comme la propagande sarkozyène l’ affirmait mensongèrement.
Comment ne pas faire le parallèle avec le désastre irakien de Bush, l’ idole de Sarko, dénoncé par ses propres services de sécurité – à l’ unanimité – qui constatent que le risque terroriste s’en est trouvé augmenté et non diminué…manipulation, manipulation…
Evidemment face à ce fiasco il était vital de déployer un écran de fumée, en l’ occurrence de désigner un bouc émissaire : la justice ( encore plus démunie que la police ) accusée de démission.
Au fait c’ est quoi une justice non démissionnaire, celle d’ Outreau, ou encore celle des affaires étouffées du RPR ?
Et au plan local, les petites mains parlementaires ne sont pas en reste qui exploitent à l’ unisson la moindre bagarre ( par ailleurs inadmissible ) comme s’ il s’ agissait de la 3eme guerre mondiale.
Pendant ce temps, celle-ci a bien lieu : il s’ agit d’ une guerre économique qui, en France, avec votre accord au moins tacite, c-a-d hypocrite , jette des centaines de milliers de personnes dans la misère et détruit l’ industrie française ( cf. GDF ).
Madame et Messieurs, pensez-vous pouvoir – pendant encore 7 mois – prendre les français pour des crétins ?
Philippe Lalande
Pollestres PO
les stratégies politiques en matières de sécurité ont jusqu’alors été fortement différenciée selon qu’elles s’inscrivaient dans le programme politique de la droite ou de la gauche, en général par la spécificité socialiste des politiques de la ville.
Il semble néanmoins que les politiques actuelles en matières de sécurité soit d’avantage fondée sur les évolutions techniques de la société; en effet les mesures actuelles se caractérisent d’avantage par la prolifération des moyens techniques de sécurisations à droite comme à gauche, que par l’ancrage moral des discours qui président à leur mise en place.
Depuis l’ouverture données aux secteurs privés de sécurisations, on peut considérer que ce fameux monopole de la violence légitime revient moins à l’état qu’à un orde techique, ces évolutions politiques et techniques suivent les évolutions des politiques américaines
en tant que responsable de la question de la sécurité au PS vous devez sûrement savoir que les mesures telles que la LSQ et autres prises sous le mandat ministériel de mr Sarkosy sont directements issues des politiques étasuniennes, le terme tolérance zéro pouvant renvoyer à la fameuse théorie de la vitre cassée, n’y a t il pas une certaine hyppocrisie à retenir dans vos propos la responsabilité de ce ministre dans une forme d’échec des politiques dites de droites quand cette responsabilité reviendrait en fin de compte à l’usage fait de certaines théories sociales, communes aux partis de droite et de gauche(nb, il n’en va pas de mon soutien à sa personne mais d’un désir d’honnéteté politique)
la teneur sociale des projets dits de préventions de la délinquance suffit elle à différencier les politiques de la gauche des politiques générales en matières de sécurité?
concrétement comment votre parti se positionne t il quant au développement des agences privées de sécurités, (lesquelles sont mobilisé autant que la police « publique » en milieu scolaire) quant aux installations de systèmes de vidéosurveillances, au développement des technologies de surveillances (nanotechnologies etc)?
et d’autre part comment se fait il que les longues discussions -au reste fort intéressantes- présentées ici face abstraction de ce volet technique -pour ainsi dire- des politiques en matières de sécurités?
une sympatisante curieuse
merci d’avance de vos réponses