Invité de la semaine, Alain Vidalies a répondu aux questions des internautes sur GDF
La privatisation de GDF n’est pas, comme le laisse entendre le gouvernement, un fait accepté par tous, et essentielle à la bonne marche industrielle de la France. Les questions des internautes à Alain Vidalies, député socialiste des Landes, prouvent en effet que ce projet de loi Energie laisse beaucoup de questions en suspend, et sème l’inquiétude chez les consommateurs. Prochaine invitée : Delphine Batho, en charge des questions de sécurité au PS. envoyez vos questions jusqu’au jeudi 28 à 12H à redaction@parti-socialiste.fr.
1 De : « dany.1952″
« Le PS (ou une partie du PS) avait-il l’intention de privatiser partiellement EDG-GDF? Pourquoi France Telecom n’a pas été renationalisée, et pourquoi le PS ne nationalise t-il pas l’eau. De quel droit l’eau appartient elle au secteur privé ? «
Alain Vidalies : Le projet du Parti socialiste est on ne peut plus clair sur ces questions :
Nous réintroduirons le contrôle public à 100 % d’EDF et mettrons en place un pôle public de l’énergie entre EDF et GDF –dont nous refusons la privatisation-. Nous demanderons un nouveau débat européen avant toute mise en concurrence de l’électricité pour les particuliers ; nous réclamerons une évaluation préalable des hausses importantes pratiquées par la mise en concurrence pour les entreprises. Pour renforcer le rôle de l’Etat dans la détermination de la stratégie des entreprises, nous créerons, à partir de la Caisse des Dépôts et Consignations, un pôle financier public.
Nous instaurerons une tarification sociale de l’eau, comportant un droit incompressible d’accès à l’eau et des tarifs différenciés suivant les usages. Des dispositions législatives amélioreront les exigences du cahier des charges en termes de transparence et de prix. Nous donnerons aux élus locaux la possibilité de choisir entre la gestion publique et la gestion privée. Par exemple, les Conseils généraux et régionaux auront le droit d’attribuer des aides financières ou techniques pour le retour en régie.
En ce qui concerne France Telecom, compte tenu de l’état du marché et du nombre d’opérateurs présents, la question qui se pose n’est plus celle de la renationalisation de France Telecom. Par contre, il est clair qu’une action publique vigoureuse est nécessaire pour lutter contre la fracture numérique et garantir l’accès de tous aux nouveaux moyens de communication, que ce soit en termes d’accessibilité des réseaux ou en terme d’équipements.
2 De : Jean Paul Laurencin
« Comment préférer un statut public d’un GDF tout seul à une position internationale affirmée du binôme Suez-GDF , position internationale que la maîtrise technologique de Suez dans les technologies de distribution peut lui donner ? C’est en tout cas le plaidoyer de J-M Chevallier, spécialiste des questions énergétiques, en faveur de la privatisation… Rappelons nous EDF dont le statut public empêchait le développement mondial.
A quoi rime un statut public pour une entreprise qui achète toute sa ressource à l’extérieur, faute de gaz en France ? Les prix du gaz en France n’ont-ils pas d’ailleurs beaucoup augmenté (+ 30% au moins sur les 5 dernières années avec un GDF public) amputant lourdement le pouvoir d’achat des ménages ? Ne vaut-il pas mieux éviter au maximum de subventionner indirectement la consommation énergétique des Français et en revanche s’attaquer à la liberté des prix dans le domaine du logement afin de limiter les rentes de la propriété et les abus dans ce domaine qui affecte 100 fois plus le pouvoir d’achat des personnes modestes ? »
Alain Vidalies : Dans votre question , plusieurs sujets ressortent me semble-t-il : celui du statut de l’entreprise, celle des tarifs et de leur maîtrise et celle de la définition des biens essentiels.
1. Sur la question du statut :
- La question centrale dans le débat sur le projet de loi de l’énergie est celui de la maîtrise publique de nos services publics en réseaux nationaux qui nécessitent des investissements lourds et rentables à long terme. Seules des entreprises publiques permettent de respecter l’équilibre entre les contraintes de rentabilité, les objectifs d’intérêt général comme le développement durable des territoires, l’indépendance énergétique, la compétitivité de l’économie, et les principes du service public, notamment d’égalité d’accès et de traitement des usagers.
C’est ce dernier verrou que le gouvernement s’apprête à faire sauter, malgré l’engagement du Ministre de l’époque, Nicolas Sarkozy qui s’était engagé à préserver la part de l’état à 70% dans GDF.
S’il est adopté, le projet de loi, débattu par les députés permettrait la privatisation totale des services du gaz dans notre pays au moment même où les réformes de libéralisation mises en oeuvre par l’Union européenne plongent le secteur de l’énergie dans une grande instabilité. La flambée du prix de l’électricité est générale. En France, elle s’élève à 70 % depuis trois ans pour les entreprises ayant opté pour les tarifs dérégulés. Pour éviter que l’ensemble des consommateurs ne connaisse le même sort, un bilan objectif de la déréglementation devrait être dressé avant l’ouverture totale à la concurrence au 1er juillet 2007.
2. Sur la question des tarifs :
- Au contraire, la constitution du pôle public de l’énergie autour d’EDF et GDF est favorable aux consommateurs car elle permet de conserver la maîtrise des évolutions tarifaires. Elle doit aussi servir à établir enfin une plus grande transparence dans la fixation des tarifs de l’électricité et du gaz au regard de l’évolution des coûts de production ou d’approvisionnement. Ainsi, après la hausse de 30 % des tarifs du gaz en 2000 et 2001 qui a suivi celle du prix du pétrole, GDF a engrangé un milliard d’euros de marge supplémentaire, au détriment des usagers, quand celui-ci s’est retourné en 2002, en ne répercutant pas ce mouvement de baisse.
Depuis l’ouverture du capital de GDF, l’intérêt des actionnaires prime sur celui des consommateurs. Les tarifs ont été relevés de 30%, au-delà de ce que nécessitait l’évolution des coûts d’approvisionnement. Les dividendes distribués (670 millions d’euros) ont été augmentés de 60 % en 2005. Cette année, ils deviendront supérieurs à la masse salariale de l’entreprise. Grâce aux dernières hausses tarifaires, le résultat financier de GDF sur le seul marché national vient de s’accroître encore de plus de 50 % au premier semestre. Il faut donc craindre que dans une logique de rentabilité maximale les tarifs ne continuent à augmenter.
3 De : Pierre Lefébure
« Après avoir tracté et expliqué pourquoi la guérilla parlementaire se justifiait au vu de l’enjeu, voilà qu’il va falloir se contorsionner pour expliquer aux gens que l’accord intervenu en début de semaine avec l’UMP n’est pas sur le fond du dossier mais sur la procédure de débat !
Comment faire pour continuer à mobiliser sur le fond sans être incompris ou accusé d’opportunisme ? »
Alain Vidalies : Il faut regretter l’interprétation et la manipulation que Jean-Louis Debré a faite d’une simple réunion d’organisation, traditionnelle, des débats à l’Assemblé nationale dans le cadre des rencontres hebdomadaires entre les présidents des groupes ;Jean-Louis Debré l’a d’ailleurs réaffirmé lors de la séance de mardi 19 septembre : « il n’y pas eu d’accord politique ». Nous l’avons indiqué clairement lors des journées parlementaires et par voie de communiqués divers, notamment sur le site du Parti socialiste.
Le combat continue tout particulièrement lors de l’examen de l’article 10 qui ouvre la voie à la privatisation de GDF.
4 De : sirantoine evelyne
« La réunion d’EDF et de GDF est-elle réellement envisageable ? La Commission européenne pourrait-elle l’accepter ?
Par ailleurs le groupe Gazprom ne va-t-il pas tenter une OPA sur GDF/Suez ? Quels serait alors les recours devant la commission européenne ? »
Alain Vidalies : Le projet du parti socialiste prévoit effectivement la constitution d’un pôle public EDF/GDF.
Aucune règle Européenne n’interdit à priori ce rapprochement car la propriété publique ou privée, du capital d’une Entreprise n’entre pas dans les critères de contrôle de la Commission qui n’examine la question que sous l’angle de la libre concurrence.
Deux études, une émanant de la Fondation concorde et l’autre du cabinet Lévy, concluent à la compatibilité du rapprochement EDF/GDF avec les règles de la concurrence. En effet, l’essentiel du chiffre d’affaires des Entreprises, est réalisée en France critère fondamentale pour déterminer la compétence de la Commission.
Contrairement à ce qui est souvent affirmé les parts de marché dans le Gaz et l’Electricité, ne sont pas additionnées par la Commission qui considère qu’il s’agit de deux marchés distincts. Bien évidemment, le gouvernement de Droite s’est abstenu de saisir la Commission de cette solution alternative.
Pour que EDF redevienne publique à 100%, il existe plusieurs solutions comme, notamment, le rachat par la Caisse des dépôts et consignation des 10,8% d’actions placées sur le marché. Le coût est de l’ordre de 8 milliards d’euros.
Concernant Gazprom, il est clair que le groupe GDF/Suez n’est pas à l’abri d’une OPA.Mais, le plus vraisemblable est que Gazprom se porte acquéreur d’une partie des actifs que Suez et GDF abandonneront conformément aux exigences de la Commission.
5 de : Dominique Mitre
Pourquoi ne pas fusionner EDF-GDF, puis fusionner avec Suez?
D’ailleurs, si GDF et Suez fusionnent, le but n’est il pas de faire la même chose avec EDF ? En effet, GDF/Suez deviendrait un concurrent de EDF, car Suez fait beaucoup dans l’électricité (en Belgique), ce qui obligerait EDF à se regrouper avec un gaziez pour concurrencer GDF/Suez.
Alain Vidalies : Nous sommes effectivement favorable à la constitution d’un pôle Public EDF/GDF, mais pas à l’intégration de Suez dans cette démarche.
Votre deuxième remarque met bien en évidence tout les problèmes sur le plan industriel. Non seulement la fusion crée de toute pièce un concurrent pour EDF, mais elle va certainement contraindre EDF à s’allier avec un gazier. C’est une démarche absurde qui relève plus du monopoly que d’une politique industrielle.
6 De : ERICLUCE557
« Pourquoi le PS n’annonce-t-il pas qu’en cas de retour au pouvoir, il reviendra sur cette privatisation d’EDF, pour conserver la maîtrise de l’énergie ? »
Alain Vidalies : C’est exactement ce que prévoit le projet socialiste. Plus précisément, nous nous sommes engagés à réintroduire le contrôle public à 100 % d’EDF et à mettre en place un pôle public de l’énergie entre EDF et Gaz de France, dont nous refusons catégoriquement la privatisation.
Le retour dans le giron public du secteur électro-gazier devra se faire dans des conditions financières viables qui ne pénalisent pas les finances publiques.
Plusieurs solutions sont possibles ou peuvent être combinées :
- l’achat des titres cotés en bourse par la Caisse des Dépôts et Consignations, qui dispose largement des ressources nécessaires, et pourrait ainsi exercer son rôle historique d’investisseur de long terme.
- le rachat par l’entreprise de tout ou partie de ses propres actions par émission de titres obligataires, en veillant à ne pas obérer outre mesure ses capacités d’investissement.
- ou encore la conversion des actions en certificat d’investissement, ce qui permettrait de reprendre le contrôle des droits de vote pour 800 millions d’euros.
7 De : Pierre Coryn
« Comment connaître la position de « Bruxelles » vis à vis d’une éventuelle fusion EDF-GDF ? »
Alain Vidalies : Le parti socialiste défend avec acharnement l’idée d’un pôle public de l’énergie, autour de deux entreprises naturellement complémentaires, EDF et Gaz de France. Le Premier secrétaire du parti socialiste, François HOLLANDE a ainsi demandé, notamment dans un entretien à l’hebdomandaire Le Nouvel Observateur du 14 septembre, que ce projet soit soumis par la France aux autorités de Bruxelles, comme l’a été le projet Suez-Gaz de France, pour que les autorités de la concurrence l’étudient et nous fassent part de leurs observations. Ce serait le seul moyen de pouvoir juger en connaissance de cause et faire valoir l’intérêt de cet ensemble dont la cohérence industrielle et territoriale est évidente. En effet, 60000 agents de EDF-GDF Service sont déjà communs aux deux entreprises, et constituent le socle de ce grand pôle public que nous appelons de nos vœux, sans pour le moment avoir été entendus.
8 De : yoguilallier
« N’y a-t-il pas confusion entre privation de GDF et libération du marché de l’énergie ?
Aujourd’hui le problème posé est celui de la privatisation et non celui de la libéralisation du marché de l’énergie
Au sujet de la libéralisation quelle est la position actuelle du PS? Est-elle différente de celle du gouvernement Jospin au sommet de Lisbonne? Y-a-t-il encore sur ce sujet une position des socialistes au pouvoir et une autre position dans l’opposition? pensez-vous que l’on peut revenir sur les directives européennes de libération du marché de l’énergie?
Enfin, ne doit-on pas s’opposer à la privatisation des réseaux, monopole naturel de la France, tout comme à la privatisation de la commercialisation du gaz? »
Alain Vidalies : Le texte soumis au Parlement, vise bien la privatisation de GDF mais aussi, l’ouverture généralisée à la concurrence sur l’électricité au 1er juillet 2007. À Lisbonne, la poursuite de la libéralisation était conditionnée par un bilan d’étape et l’adoption d’une directive cadre, sur les Services d’intérêt général.
Aucune de ces conditions n’était remplie quand en novembre 2002 le gouvernement Raffarin a accepté, définitivement, l’ouverture du marché. L’expérience sur l’électricité, justifie aujourd’hui, la réouverture d’un débat au niveau Européen sur les conséquences de la libéralisation. Je partage totalement l’appréciation, sur la distinction réseau/ commercialisation et la nécessité de s’opposer à la privatisation.
9 De : Charles Goubier
« L’une des raisons avancée en faveur de la fusion GDF avec SUEZ, donc de la privatisation de GDF est: « il faut un pôle gaz fort en France pour éviter une OPA étrangère malsaine sur GDF ».
Mais, Suez n’est-elle pas autant étrangère que la société Italienne Enel ?
De plus, comme Suez vend aussi de l’électricité, elle deviendra un concurrent d’EDF, donc GDF sera concurrent d’EDF. L’état restant dans le capital de GDF, et majoritaire dans celui d’EDF, ne sera-t-il pas alors juge et partie sur les tarifs de l’électricité et du gaz?
Finalement, ne doit-on pas craindre la privatisation prochaine d’EDF, et la libéralisation complète des sources d’énergie en France ? »
Alain Vidalies : Vous avez exposé très précisément l’absurdité de la fusion Gaz de France – Suez sur le plan industriel : en effet, au prétexte de vouloir éviter une OPA hostile de l’Italien ENEL sur Suez, on privatise une entreprise publique, Gaz de France, et on fragilise une autre entreprise publique, EDF, en lui créant un concurrent direct sur le marché électrique français et européen. L’absurdité est à son comble quand on pense qu’au final, le nouveau groupe Gaz de France – Suez ne serait absolument pas à l’abri d’une OPA hostile, notamment du géant russe Gazprom.
Ce que vous évoquez ensuite concernant l’absence de contrôle possible par l’Etat des hausses de tarifs du gaz, ou la tentation pour EDF de s’allier à un gazier pour concurrencer le nouveau groupe, n’est que la conséquence logique et programmée de ce projet funeste. A terme, c’est en effet une libéralisation généralisée de la politique énergétique que provoquerait dans notre pays la mise en œuvre d’un tel projet.
10 De : Barde Henri
« Quel mot d’ordre le PS va donner à la nation pour protester contre ce projet stupide? »
Alain Vidalies : Nous avons prévenu dès l’annonce de ce projet que nous le combattrions fermement et sans ménagement au Parlement, et que nous soutiendrions la mobilisation en opposition dans le pays.
Nous considérons en effet que ce projet est dévastateur en termes d’indépendance énergétique, de politique industrielle et de service public. Et nous pensons que ce gouvernement est d’autant moins légitime pour le faire voter à quelques mois d’élections générales que cette majorité n’a jamais évoqué une telle orientation politique au moment des campagnes électorales de 2002. C’est la raison pour laquelle nous demandons que cette question de l’avenir de notre politique énergétique et des entreprises qui en ont la charge soit renvoyée au débat électoral de 2007 et tranchée par les Français lors des élections. Il en va pour nous d’une certain conception de la démocratie.
Pour ce qui est de l’avenir d’EDF et de Gaz de France, nous nous sommes opposés fermement tant à l’ouverture du capital de la première qu’à la privatisation de la seconde. Notre proposition, si nous revenons aux responsabilités en 2007, est de réintroduire le capital public à 100 % d’EDF, et de mettre en place un grand pôle public de l’énergie entre EDF et Gaz de France.
Le retour dans le giron public du secteur électro-gazier devra se faire dans des conditions financières viables qui ne pénalisent pas les finances publiques.
Plusieurs solutions sont possibles ou peuvent être combinées :
- l’achat des titres cotés en bourse par la Caisse des Dépôts et Consignations, qui dispose largement des ressources nécessaires et pourrait ainsi exercer son rôle historique d’investisseur de long terme.
- le rachat par l’entreprise de tout ou partie de ses propres actions par émission de titres obligataires, en veillant à ne pas obérer outre mesure ses capacités d’investissement.
- ou encore la conversion des actions en certificat d’investissement, ce qui permettrait de reprendre le contrôle des droits de vote pour 800 millions d’euros.
Cette orientation nous semble véritablement de nature à constituer un grand projet énergétique, industriel et de service public à opposer à la droite en vue des échéances électorales de 2007.
11 De : jean pierre Lopez
« Je suis un ultralibéral convaincu. Ce que propose Sarkozy, même s’il ne va pas assez loin selon moi, me convient. Je suis notamment pour la privatisation de GDF EDF SNCF….et aussi pour la suppression des privilèges des régimes spéciaux de retraite… »
Alain Vidalies : Je livre simplement à la réflexion d’un ultra-libéral la demande des entreprises d’un retour aux tarifs administrés, pour échapper au conséquences de la libéralisation du marché de l’électricité qui a entraîné la mise en péril de certaines entreprises.
12 De : ZKHELFAOUI
Comment un grand pôle public EDF/GDF serait apte à affronter la concurrence européenne dans le cadre de la nouvelle réglementation européenne ?
Le statut public ne risque-t-il pas de créer un blocage pour ce groupe dans un secteur où les fusions peuvent d’être nombreuses ?
Alain Vidalies : Un grand pôle public de l’énergie autour d’EDF, redevenu 100% public, et de Gaz de France est la solution la plus naturelle pour constituer un acteur de taille conséquente sur le marché de l’énergie. Cette solution est d’autant plus pertinente que les deux entreprises ont déjà des services communs regroupant 60000 salariés. Cet ensemble a de plus une cohérence industrielle et territoriale évidente.
La réglementation européenne ne remet absolument pas en cause la possibilité de réunir les deux groupe sous contrôle public, le seul aspect pris en compte par la Commission étant celui de l’existence d’une concurrence effective sur les marchés de l’électricité et du gaz pris séparément. Or, le pôle public ne remettrait pas en cause cette concurrence.
Enfin, la possibilité de nouer d’éventuelles alliances à l’international, dont on a pu mesurer récemment qu’elle ne présente pas systématiquement des avantages, se trouverait préservée par la possibilité de créer des filiales dédiées à ces projets.
13 De : jeanine istria
« Pourquoi la fusion EDF-GDF ne semble pas une solution évidente au problème actuel en discussion à l’Assemblée nationale? »
Alain Vidalies : Le Parti socialiste défend effectivement avec acharnement l’idée d’un pôle public de l’énergie autour d’EDF, redevenu 100% public, et de Gaz de France.
Il constate d’ailleurs que cette option est défendue jusque dans les rangs de la majorité, plusieurs parlementaires UMP proposant de rapprocher EDF et GDF. Cette solution est économiquement viable, industriellement pertinente, et euro compatible comme le montrent deux études prospectives.
Le Parti socialiste considère qu’un pôle public de l’énergie est le seul instrument qui permettra de relever les défis de l’après pétrole, notamment par un programme d’investissement massif dans les énergies renouvelables, et de garantir le service public de l’énergie pour tous.
Les Français ont toujours manifesté leur attachement au service public de l’électricité et du gaz. La droite démantèle ce service public, alors même que les prix de l’énergie flambent et que la dérégulation est partout un échec. Il est inadmissible que le gouvernement persiste à vouloir sacrifier ainsi l’intérêt général aux profits d’intérêts privés.
14 De : alexandre Gomes
Etant donné que ce sujet concerne la vie de tous les français, y a-t-il une raison qui empêche de demander l’avis des français par referendum ?
Alain Vidalies : Il est en effet scandaleux qu’alors que la privatisation de Gaz de France n’a jamais été annoncée comme un projet de l’actuelle majorité, qui n’a donc pas reçu de mandat populaire pour cela, celle-ci se précipite maintenant pour faire passer en force ce projet néfaste et dangereux quelques mois seulement avant des échéances électorales majeures.
C’est la raison pour laquelle les socialistes n’ont eu de cesse de demander l’ajournement de ce projet pour qu’il soit discuté dans le cadre du grand débat démocratique que nous aurons à l’occasion des échéances électorale du premier semestre 2007, étant entendu que le recours au référendum est du seul pouvoir du Président de la République en vertu de l’article 11 de la Constitution. Il est évident que cette solution serait encore plus simple et plus démocratique, mais nous doutons fortement de la volonté du Président de la République de la mettre en œuvre.
15 De : Bernard STEMPIN
« Quelle contrepartie le PS a obtenu pour arrêter le débat sur la fusion et
permettre le vote solennel le 3 octobre? »
Alain Vidalies : Ni le PS, ni le PC n’ont eu à demander des contreparties, puisqu’il s’agissait simplement d’une décision technique prise par la conférence des Présidents, que la droite a tenté d’exploiter sur le terrain politique. Bien entendu, le débat continu et continuera jusqu’au bout, avec l’appui, je l’espère, d’une mobilisation populaire.
« -Si les actionnaires de Suez ont en janvier 2007 une action Gaz de France + 1Euros contre une action Suez ,ils refuseront la fusion et les députés auront voté une loi pour rien; les actionnaires de Suez feront monter les enchères pour avoir au moins 5 euros (l’écart de cours des actions est de 4 Euros) ; qui paiera ces 5 Euros par action si ce n’est Gaz de France ,donc le consommateur de gaz ? »
Alain Vidalies : C’est effectivement une des objections majeures que nous formulons dans le débat parlementaire. Le gouvernement demande au Parlement l’autorisation de réduire la part de l’Ètat à 34% dans le capital de GDF, mais il n’existe aucune certitude sur la mise en œuvre et le prix de la fusion avec Suez qui justifie ce projet de loi.
« -Gaz de France ,qui absorbe officiellement Suez ,gardera t il son nom ou ira t il au cimetière des entreprises comme Péchiney ou Usinor? »
Alain Vidalies : Le projet de loi est muet sur ce point, qui ne relève pas du domaine législatif, mais de la décision des actionnaires.
« Je suis cadre à Gaz de France et j’estime qu’on a complètement oublié dans ce débat les 59250 agents de Gaz de France et leur avis sur ce projet de fusion (négatif à 94%) ».
Alain Vidalies : Non, la position des agents de Gaz de France a été maintes et maintes fois rappelée dans le débat parlementaire, notamment par les députés socialistes.
16 De : siphyse
Je croyais que la privatisation de GDF impliquait aussi celle de EDF. Qu’en est-il réellement ? Si GDF est privatisé, que va-t-il se passer ? Quelles seront les conséquences directes ?
Si vous les pensez négatives, pourquoi la droite ferait-elle cela ?
Alain Vidalies :
La privatisation de Gaz de France par fusion avec Suez est indépendante d’une éventuelle privatisation d’EDF, même si nous avons des raisons d’être inquiets de ce côté-là aussi. La suite logique de l’ouverture de capital engagée par la droite l’année dernière étant d’aller vers la privatisation comme ils sont en train d’essayer de la faire pour Gaz de France.
Ce projet purement dogmatique est néfaste, dangereux et inutile. Néfaste pour le consommateur : les tarifs s’envoleront mécaniquement pour servir les intérêts d’actionnaires d’abord préoccupés par la rentabilité à court terme de l’entreprise, ce que reconnaissent même certains parlementaires UMP. Dangereux pour la sécurité d’approvisionnement et l’indépendance énergétique du pays, qui se verrait déposséder de ses infrastructures de transport et de stockage du gaz. Ce sont les actionnaires qui fixeraient désormais la stratégie du groupe. L’État, devenu minoritaire dans le capital, perdrait ainsi la maîtrise du principal outil de sa politique énergétique. Inutile, car l’objectif mis en avant par le gouvernement consistant à protéger Suez de la convoitise étrangère ne serait pas atteint.
La nouvelle entité ne serait absolument pas à l’abri d’une OPA hostile. Loin de protéger Suez, le projet de fusion mettrait également en danger Gaz de France. Dangereux pour l’avenir d’EDF, autre fleuron de notre politique énergétique : en faisant cadeau de Gaz de France à Suez, et en exacerbant la concurrence dans le secteur électrique, le gouvernement isolerait et fragiliserait EDF au profit du secteur privé. Néfaste pour les personnels de Gaz de France et des services communs avec EDF : la recherche d’une meilleure rentabilité à court terme se traduira inévitablement par des compressions d’effectifs, et une dégradation des conditions de travail.
POurquoi ne pas aller pour F Telecom comme pour l eau, le gaz, l électricité, les trains vers une situation de service public gestionnaire des réseaux et de leurs qualités accesible pour tout ler monde avec des opérateurs qui dans chaque domaine font circuler leurs produits et services sur ces réseaux.
Gaz de France et EDF vont si l on ne chage rien se retrouver comme F Telecom façe a des concurents qui les obligeront a diminuer les couts et donc les emplois pour garder des prix compétitifs . LE RRISQUE EST GRAND de voir alors se dégrader l entretien et la qualité des réseaux.
Quant est-il de la tarification électrique pour les entreprises ayant fait le choix de passer à la concurrence lors de la libéralisation de la distribution énergétique? Une clause dans la loi relative au choix du distributeur stipulait que si ces entreprises revenait dans le giron d’EDF, les prix pratiqués ne seraient plus plafonnés. Est-il vrai que le gouvernement a modifié par décret ou ordonnance cette clause, de façon à favoriser ces entreprises ? En effet, il apparait que les tarifs sont alléchants au départ, mais libéralisme oblige, il faut bien augmenter les profits. La loi relative à la fusion GDF-SUEZ prévoit-elle de maintenir la tarification actuelle?
La stratégie de la droite est la suivante, conscient qu’ils vont (les députés de droite) commettre un abus de confiance au sens pénal du terme, détourner les voix de leur électorat qu’ils ont en dépot, d’aucuns semblent t-ils sont contre le projet de fusion !
Ainsi, cette ambiguité permet à certains judas d’annoncer à leur électorat qu’ils font partis de ceux -là, c’est en quelque sorte une sécurité pour l’avenir au cas où le prix de l’énergie augmenterait. Il est donc opportun qu’un journal ou un magazine fasse apparaitre clairement les députés ump pour ou contre le projet, ainsi leur électorat seront à même de juger si la démocratie représentative est en adéquation avec eux. Par ailleurs, inévitablement derrière cette fusion se cachent de gros intérêts voire de belles commissions occultes, il convient par conséquent de bloquer toute spéculation sur les titres en bourse de SUEZ et de GDF en demandant à la COB de bloquer le titre tant que l’affaire ne sera pas résolus, car on peu raisonnablement penser que les députés sont en quelques sortes des initiés. Voilà une bonne idée mes chers nouveaux amis socialistes ! vous voulez des idées, j’en ai un sac à vous donner pour bloquer ce mouvement internationaliste qui se met en marche au mépris des peuples.
Un adhérent du secteur « Entreprises » sera Candidat à la candidature PS à l’élection Présidentielle. Il défendra la COHABITATION.
Certes, GDF constitue l’actualité politique de trois semaines à cheval sur septembre et novembre mais l’actualité principale du PS c’est la désignation du candidat à l’élection Présidentielle et vous n’en parlez pas alors que nos ténors étaient à Lens avec retransmission télévisée sur la Chaîne Public Sénat et que toutes la presse et les médias attribue à la désignation du candidat PS leur « Une » tous les jours.
- Pourquoi les adhérents qui paient une cotisation n’ont pas droit à l’information dans leur journal ?
- Pourquoi l’Hebdo n’a pas encore consacré une page aux conditions pour candidater à la candidature alors que certains vont pouvoir déposer leur dossier de candidature dès le 3 octobre prochain ? Où est l’égalité d’accès à la candidature et l’égalité des adhérents du PS ?
- Pourquoi l’Hebdo ne précise-t-il pas les modalités de présentation des candidats afin que les grands électeurs soient informés sur tous les candidats et que l’on ne réserve pas cette élection aux éléphants ?
- L’hebdo accordera-t-il une page d’information sur les candidats marginaux qui ont quelques choses à dire et de nouveau comme ma candidature comme Candidat de la Cohabitation (cf. site ci-dessus) ?
- Le PS a-t-il peur de la démocratie de la base notamment des classes moyennes qui sont les grandes oubliées depuis 1981 ?
En dehors d’offrir sur un plateau d’argent l’un des fleurons du service public et des plus que probables hausses de tarif qui suivront, un autre point me gène, mais que je n’ai pas encore vu abordé: à l’heure où on commence à prendre conscience des impacts de l’utilisation des combustibles fossibles en matière de changement climatique par la libération de CO2 dans l’atmosphère, je trouve irresponsable de confier GdF au privé, qui ne verra que son interet immédiat et dont le seul objectif sera de vendre et donc de bruler un maximum de gaz. Il est vital de garder le contrôle sur les ventes de gaz, comme il le sera dans un futur proche de le prendre sur les ventes de petrole et de charbon…
impératif que les députés socialistes défendent le statut public de GDF pour le bien-être des consommateurs et des agents.
[...] À noter aussi sur ce même blog, l’invité de la semaine : chaque semaine adressez vos questions par email à un invité. Les réponses d’Alain Vidalies sur GDF sont en ligne ici. Vendredi prochain, c’est Delphine Batho, secrétaire nationale du PS aux questions de sécurité, qui répondra à vos questions envoyées à l’adresse redaction@parti-socialiste.fr. [...]
Je ne vois pas l’intérêt de cette question technique, qui va conduire au vote par l’assemblée le 3/10 prochain que la loi de privatisation de GDF.
Comme les personnes avec lesquelles je m’en suis ouvert, nous avons l’impression qu’il y a un accord tacite entre le PS et l’UMP sur ce sujet, pour le vote de cette loi avant la fin de la législature actuelle.
Pourtant nous avons reçu l’hebdo en début septembre qui nous affirmait haut et fort que nous allions tout faire poyur éviter cette privatisation!
Quel gachis!…
Pourquoi ne pas distinguer, comme cela a été fait pour la SNCF, deux missions : l’une qui relève du service public (fixer la politique énergétique, maîtriser les réseaux de distribution notamment) et l’autre qui pourrait être privatiser et répondre à l’exigence européenne de libéralisation, qui serait cantonner à la vente ? Quels en seraient les avantages et les inconvénients ?
La majorité des français est contre cette privatisation.
Le problème c’est que comme d’habitude les médias sont aux ordres de leurs propriétaires et roulent pour la droite.
Je pense que l’on aurait tout à gagner à se battre sur ce point là. Ne pas attendre ou mendier une poignée de secondes à la TV ou quelques interviews partielles et filtrées dans les quotidiens.
Pourquoi ne pas faire une campagne éclair de communication avec affiches et tracts ? Avec 200 000 adhérents dont 80 000 tout neufs beaucoup seraient certainement prêts à les distribuer dans les boites aux lettres…
[...] Lire les explications d’Alain Vidalies, député PS des Landes, sur le projet de privatisation de GDF, ses enjeux et ses risques Voir la réaction des députés socialistes (Ségolène Royal, Dominique Strauss-Khan, Jack Lang et Jean-Marie Le Guen) [...]
[...] Alain Vidalies était, vendredi 22 septembre, l’invité de la semaine du blog de la rédaction et a donc répondu aux questions des internautes sur la privatisation de Gdf : retrouver le débat en cliquant ici. [...]
Si ce projet est stupide economiquement parlant il faut tout de meme rappeler que GDF n’appartient pas a ses agents mais a tous les Français D’autre part gdf n’est pas un service public seule une minorite de Français a acces au reseau.Le statut des agents pose probléme la justice voudrait que s’ils sont fonctionnaires (de fait pas de statut) ils aient les memes avantages (payes par les clients)Bien sur s’il faur retirer ceci pour le donner aux actionnaires!!
Ne revons p
[...] Chaque fin de semaine, nous vous proposerons une petite analyse des commentaires publiés sur notre blog. Ces derniers jours, parmi les articles les plus commentés, ce sont les dossiers brûlants de l’actualité tels que le dossier GDF ou la politique de Nicolas Sarkozy contre la délinquance qui tiennent la corde.Sur le dossier GDF la politique d’opposition du Parti socialiste a suscité une certaine incompréhension des militants socialistes. D’abord de nombreux amendements (perçus parfois plus comme une volonté d’entrave que de débat) avant finalement de décider de les retirer. Certains internautes ont le sentiment d’un accord tacite entre le PS et la majorité…D’autres se demandent si une fois la gauche au pouvoir, elle aurait la volonté et les outils nécessaires pour annuler cette privatisation. Sur le dossier en lui-même, les lecteurs ont beaucoup apprécié qu’ Alain Vidalies réponde aux questions des internautes. [...]
[...] Lire les réponses d’Alain Vidalies, secrétaire national du PS, aux internautes, sur le sujet [...]
[...] Lire les réponses d’Alain Vidalies, secrétaire national du PS, aux internautes, sur le sujet (22 septembre) [...]
Bonsoir,
Quid d’un pôle économique à l’échelle de l’Europe ?
Possible, souhaitable, envisagé avec le P.S.E. ?